CHEVEUX
aussi préconisé d’autres cosmétiques , dans le but de changer la couleur des poils et des cheveux. Tous doivent être proscrits, i° parce qu’ils n’atteignent pas le but désiré ; 2° parce que tous sont empruntés à la classe des moyens irritans , et souvent à celle des caustiques.
B. Barbe. On peut appliquer à la barbe tout ce qui a été dit des cheveux. Son accroissement est activé par la coupe, qui communique aux bulbes une augmentation d’activité. L’homme qui porterait alternativement sa barbe très-longue et très-courte et priverait ainsi la gorge et les dents de l’abri que forme un corps mauvais conducteur du calorique, serait exposé à perdre ses dents de bonne heure et à avoir de fréquentes angines. Quant à celui qui a l’habitude de se raser souvent , il n’en résulte aucun inconvénient pour sa santé.
L’eau qui sert à faire la barbe doit être constamment tiède; car l’eau froide, loin de la ramollir, ne fait qu’en rendre la section plus difficile. Quant aux savons, les plus simples sont les meilleurs. Celui de Windsor n’a rien qui doive le faire préférer
l5î FONCTIONS DE NUTRITION, aux autres. Les essences de savon sont en général mauvaises et doivent être proscrites , en ce qu’elles contiennent de la soude et de la potasse en excès.
C. Ongles. Les ongles ne réclament d’autres soins que de ne pas être coupés trop courts, car ils ne rempliraient plus leur office, qui est de protéger la pulpe des doigts. Ceux des pieds, au lieu d’être arrondis comme ceux des doigts, doivent être coupés carrément, afin d’éviter la maladie connue sous le nom d’ongle rentré dans les chairs.
D. Cosmétiques. Il est certaines substances qui , outre celles dont nous avons parlé, ne sont employées que dans l’intention de donner à la peau plus de fraîcheur et plus d’éclat. Inventés pour satisfaire aux caprices d’une coquetterie mal entendue, coquetterie qui est toujours le résultat de la mauvaise éducation que reçoivent les femmes de nos grandes villes, ils sont constamment inutiles , puisqu’ils ont pour objet de tromper l’œil, et ne le trompent pas, et ne servent qu’à faire rire aux dépens de celles qui en font usage. Comme cependant les femmes ne sont point encore convaincues de l’inutilité
COSMÉTIQUES. l53
d’un pareil charlatanisme, et qu’il en est qui tiennent beaucoup plus à captiver les hommes par leurs charmes vrais ou faux, que par les agrémens de leur esprit, nous dirons quels sont de tous les cosmétiques ceux qui offrent le moins d’inconvénient , tout en formant le vœu de voir arriver l’épo que où les livres d’hygiène n’auront plus à traiter pareille matière. Tous ceux dans lesquels entrent les composés de plomb , de bismuth, d’arsenic et de mercure, sont dangereux. Parmi eux se trouvent le blanc de fard, le rouge dont se servent les acteurs. A ce dernier cosmétique, on doit préférer le muge 'végétal. Les eaux distillées, de rose et de plantain , les pommades de concombre, de cacao , d’amandes douces, le baume de la Mecque, etc., ont moins d’inconvéniens ; cependant leur usage long-temps continué, surtout pendant les chaleurs, peut donner lieu à des irritations de la peau. Les eaux spiritueuses de Cologne , de Ninon , d’Ispahan , employées pour la toilette, ne conviennent pas toutes les fois que la peau est irritée.
En somme, les vrais cosmétiques sont
I 54 FONCTIONS DE NUTRITION, un sommeil pris pendant la nuit, un exercice journalier pris pendant que le soleil est sur l’horizon , une vie active , de la tempérance dans les repas , et surtout le calme des passions.