‹ Traité élémentaire d'hygiène privée ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 30 sur 57 · MODIFIE. «ES SECRET. MUQ. ET GLAND · texte numérisé non relu

MODIFIE. «ES SECRET. MUQ. ET GLAND

ces sécrétions étant continuellement mêlé avec celui des follicules que ces membranes contiennent et des glandes qui les avoisinent, nous les réunissons ici pour passer successivement en revue l’action des modificateurs sur chacune d’elles.

Les yeux sont irrités par toutes les vapeurs âcres, la poussière, etc.; il en résulte l’afflux des larmes et quelquefois une ophthalmie; il est inutile d’indiquer les précautions à prendre pour s’en garantir, elles sont connues de tout le monde.

La membrane pituitaire exhale la mucosité nazale, et cette exhalation est augmentée par tous les excitans. Celui dont on se sert le plus souvent est le tahac en poudre; il excite d’abord l’éternuement et même le larmoiement, bientôt on s’y habitue et il devient indispensable. L’habitude de prendre du tabac est des plus impérieuses, et du nombre de celles auxquelles toutes les personnes qui l’ont contractée, voudraient échapper; ainsi comme, excepté dans des cas fort rares, le tabac prisé est tout-à-fait inutile, que de plus cètte habitude est fort sale et dégoûtante, nous ne voyons pas

I 58 FONCTIONS DE NUTRITION, pourquoi on la prendrait ; la sensualité seule y trouve son compte. D’un autre côté, les falsifications dont le tabac est souvent l’objet rendent son usage dangereux dans certaines circonstances.

Le Nimois Jean Nicot, en introduisant le tabac en France, a rendu un grand service à tous nos oisifs ; ils en ont varié les moyens de consommation. Fumé, le tabac augmente la sécrétion des mucosités buccales et des glandes salivaires, son effet narcotique se fait sentir sur le cerveau, l’occupe, pour ainsi dire, un instant, et dispose au sommeil. La monotonie qui résulte de la répétition des mêmes actes doit entrer pour quelque chose dans cet effet et dans le plaisir du fumeur. C’est une erreur grossière de croire que de fumer facilite la digestion ; la salive, qui est si nécessaire pour dissoudre le bol alimentaire, est rejetée et ne peut que difficilement être compensée par la petite quantité qui, imprégnée de la vapeur du tabac, est avalée et irrite l’estomac. L’habitude de fumer noircit les dents , les dispose à la carie, et donne «à l’haleine une odeur repoussante.

SïODIFia. DES SÉCKÉT. MUQ. ET GLAND. l5g

Les marins, les gens du peuple mâchent le tabac; pris de cette manière, il a les mêmes effets que fumé, et par conséquent les mêmes inconvéniens.

Les mucosités stomacales et intestinales sont unies au fluide pancréatique et à la bile. Ces divers liquides, en délayant le bol alimentaire, le dissolvent et aident efficacement la digestion, qui ne pourrait s’opérer sans eux. Les alimens agréables au goût sont en général faciles à digérer, parce qu’ils facilitent la sécrétion des humeurs de l’appareil digestif. C’est de la même manière qu’agissent les liqueurs spiritueuses, prises en petite quantité, et les drastiques que les gourmands prenaient autrefois sous lé nom de pilules ante-cibum.

Par 1’ irritation qui se communique au foie, la sécrétion de la bile augmente, elle peut même être surabondante et irriter le canal intestinal. Comme cette surabondance de la sécrétion biliaire est toujours le résultat d’un excès d’activité de l’appareil destiné à la produire, c’est sur le foie qu’il Convient de diriger les moyens propres à en diminuer l’abondance, et c’est à la méde-.

ïtio '■ FONCTIONS DE NUTIIITION.

ciue qu’il appartient d’indiquer ces moyens. 11 ne faut pas s’habituer aux purgatifs ; ceux dits de précaution sont toujours nuisibles; cependant, si l’on en a contracté l’habitude, on ne peut s’y soustraire sans inconvénient.

La chaleur paraît avoir une action immédiate sur la sécrétion du foie; elle rend la bile plus âcre, plus visqueuse: on y remédie par l’usage des boissons acidulés,, telles que la limonade, Y orangeade, etc. , qui i conviennent contre toutes les irritations gastriques.

Les sécrétions dont nous venons de parler ne tendent pas d’une manière bien directe à la décomposition de l’individu, en ce qu’elles servent à faciliter des fonctions qui entretiennent la vie en lui ; il n’en est pas de même de celles dont nous avons à nous entretenir : ce n’est jamais sans un danger plus ou moins grand que leurs produits sont retenus.

Sécrétions urinaires. Les reins et la ves- ■ sie sont les couloirs principaux par lesquels l’économie se débarrasse des parties qui ont vieilli sous l’influence de la vie ; le sang

MODIF. DES SECRET. MVQ. EX GLAIÏD. l6l

après avoir traversé les reins, est débarrassé d’une partie des principes étrangers qu’il contenait et de l’excès des portions aqueuses ; de là vient que le besoin d’uriner se fait plus fréquemment sentir après le repas, suri tout lorsqu’on a pris beaucoup de boissons aqueuses; par un temps froid et humide; pendant l’biver, lorsque la perspiration cutanée est réduite à peu de chose, et après le bain, surtout le bain froid.

On ne doit pas résister trop long-temps au besoin d’uriner ; car on peut ainsi donner lieu à beaucoup d’accidens fâcheux, et dont un des moindres est la formation de calculs dans la vessie.C’est pour cette raison que les hommes de lettres, qui, tout entiers à leurs occupations , gardent sans s’en apercevoir leurs urines pendant long-temps, sont plus exposés à cette affection. La vessie semble ne pas être étrangère à la sécrétion de l’urine; on croit qu’elle sépare du sang un fluide aqueux qui est mélé à celui qui vient des reins.

Quelques substances ont une action spéciale sur les organes urinaires; il appartient à la Pathologie d’examiner celle du nitrate

HYCIÈJVE. t.

162 fonctions de nutrition.

de potasse et des cantharides : l’essence de térébenthine donne à l’urine une odeur de violette ; les asperges lui communiquent une odeur fétide; les betteraves rouges, une couleur de sang, etc.

I^cuxicwc

HYGIÈNE

Lorsque l’homme a satisfait aux besoins des organes de nutrition, et qu’il a obéi à a loi de la reproduction des êtres, il lui reste encore à entrer en relation avec le monde extérieur; et les sens sont les moyens à l’aide desquels ce rapport s’établit. Mais ces derniers ne fournissent par eux-mêmes aucune connaissance; ils ne font que transmettre à la conscience l’impression qu’ils ont reçue de l’action faite sur eux par les corps extérieurs t et c’est elle qui seule connaît. Du moment où , à l’occasion des sensations, l’activité humaine est entrée en exercice , alors l’homme sent se développer en lui une nouvelle série de phénomènes qui ont été appelés intellectuels et moraux ; phénomènes qui, établissant entre lui et les autres i êtres créés, des différences caractéristiques ,

sont sa plus noble prérogative et font tout! sa dignité , puisque ce n’est que par euxv qu’il agit librement et en vertu de déterminations plus ou moins sagement combinées, tandis que tout ce qui l’environne est soumis à une invariable fatalité. Mais les connaissances que l’homme acquiert le portent à.i agir, c’est-à-dire qu’après avoir combiné des idées et s’être élevé aux conceptions le? plus élevées dont il soit susceptible, il esttourmenté du désir deréaliser,dans le temps.-, ce qu’il croit être bon et utile. Ces manifestations extérieures constituent un autre ordre de phénomènes appelés les mouvemens.% et ont pour agent l’appareil locomoteur. Lorsque pendant un certain temps, variable selon les individus et l’état de santé oui de maladie, l’organisation humaine a été en action, alors survient la fatigue, et nous éprouvons le besoin du repos, c’est-à-dire que nous sentons la nécessité de réparer les pertes qu’un mouvement trop prolongé nous a fait subir. De tout ceci, résulte que nous avons à retracer ici dans autant de chapitres distincts : i° l’hygiène des expansions sensitives; 2° celle des organes chargés-

FONCTIONS 13E RELATION. ï65

des manifestations intellectuelles et morales; 3° «à retracer les préceptes hygiéniques applicables aux organes de la locomotion; 4° à parler du repos des organes de relation, en d’autres termes, du sommeil et de tout ce qui s’y rapporte.

Page 1