DE E’ODORAT
lemands Stercus diaboli, est d’un usage familier chez les peuples de l’Asie et de l’Inde, qui l’appellent le manger des dieux. Certaines maladies rendent supportables et môme agréables des odeurs fétides; c’est ainsi que les femmes hystériques aiment en général l’odeur des cornes brûlées. Enfin il est des personnes qui ont l’odorat obtus, d’autres qui l’ont très-sensible ; mais faut-il croire ce qu’on nous raconte de quelques hommes qui ont reconnu par l’odorat que des femmes avaient cessé d’être chastes; et des sauvages qui auraient pu suivre des hommes à la piste, et distinguer à des distances considérables les blancs d’avec les noirs?
Lapropriété des odeurs est différente selon leur nature : celle du pavot, de la jusquiame, du noyer, etc., endort. En général, les odeurs suaves excitent l’appareil nerveux, abattent le courage, réveillent les organes de la génération, causent quelquefois un collapsus voluptueux indicible, et rappellent de tendres souvenirs. Aussi les poètes érotiques se sontils plus «à chanter le parfum des fleurs, l’haleine embaumée d’une maîtresse. O11 a vu des attaques d’hystérie, d’épilepsie, d’apoplexie,
dire le résultat d’odeurs trop fortes. Il est toujours imprudent de dormir dans un endroit où il y a des fleurs; outre l’arome, elles dégagent aussi dans l’obscurité de l’acide carbonique, qui est un véritable poison.
L’habitude émousse l’odorat. Les personnes qui prennent du tabac ne font pas, en général, aussi exquis que celles qui n’en prennent pas; un médecin, qui a besoin d’employer à l’investigation des maladies tous les moyens que la nature a mis à sa disposition, doit donc s’en abstenir, car il se priverait ainsi d’une ressource importante.
§ IV. — De r ouïe.
Ce sens a pour organe l’oreille, dont les ondes sonores sont l’excitant fonctionnel exclusif. ( Fojez, pour tout ce qui est relatif à l’audition, le Résumé de Physiologie, et celui de Physique pour la théorie du son et ses moyens de transmission.) C’est à l’aide de l’ouïe que nous communiquons avec nos semblables, que nous goûtons les charmes de l’éloquence, de la musique et de la poésie; d’où résulte que ce sens a la plus grande