DE I. OUÏE
ter l’exercice de l’ouïe. Ces moyens sont les cornets acoustiques, instrumens qui ne sont qu’une application du porte-voix. Pour la confection de ces instrumens il faut employer, de préférence au bois, les métaux, tels que l’argent, le cuivre et le fer-blanc. Quant à la forme qu’il est préférable de leur donner, de nombreux essais ont été tentés, et aucun d’eux n’atteint complètement le but. Cependant, M. Itard a imaginé un instrument préférable à tous les autres, qui imite, pour la propagation et le renforcement des ondes sonores , les parties de l’oreille destinées à atteindre ce but. Il est encore d’autres instrumens inventés par M. Itard, tous ingénieux, mais dont il serait trop long de donner ici la description.
Chez les enfans on rencontre aussi la surdité complète ou incomplète ; et l’une et l’autre entraînent toujours un mutisme plus ou moins complet. Deux moyens remédient à cette infirmité : le premier consiste dans le langage des gestes, moyen dont l’application aux sourds-muets a été réduite en théorie à la fois ingénieuse et savante, d’abord par 1 abbé de l’Epée, et perfectionnée par ses suc-
cesseurs ; et le second moyen est l’éducation I
directe de l’ouïe, dont MM. Deleau et Itard. ont fait l’objet de leurs méditations, où ilsparaissent avoir obtenu quelques succès,, mais dont les résultats ne sont pas encore assez précis pour que nous en parlions ici.
§ Y. — Delà vision.
Elle a l’œil pour organe, dont l’excitant ' propre est la lumière. L’exercice modifie et: perfectionne singulièrement la 'puissance de ce sens. Mais pour que cet exercice ne préjudicie point à la conservation de l’œil, il faut que cet organe ne soit soumis ni à une lumière trop faible, ni à une lumière trop forte; qu’il ne soit point continuellement en action, et que la vue ne s’exerce pas sur des objets trop petits ou trop éloignés.
Si la lumière est trop vive, qu’elle soit directe ou réfléchie, elle excite l’œil à un trop haut degré, affaiblit la vue et produit la cécité. Les murs très-blancs, le sol couvert de neige, de poussière blanche, de sable fin réfléchissent la lumière en très-grande quantité, et affectent l’œil avec autant d’énergie que si la lumière venait directement du so-