‹ Traité élémentaire d'hygiène privée ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 53 sur 57 · DE L’ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

DE L’ALLAITEMENT

foule de circonstances: en général il devient plus épais au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’époque de l’accouchement; mais on ne peut pas établir ceci en règle générale , en sorte que c’est plutôt par l’inspection du lait que l’on jugera de ses qualités, que par son âge.

Plusieurs mères, épouvantées à juste titre des mauvais soins que bon nombre de nourrices donnent aux enfans qui leur sont confiés, ont essayé de les élever au biberon, ce qu’on appelle allaitement artificiel. Généralement, ce moyen est mauvais; cependant il n’est pas de médecin qui n’ait rencontré des enfans élevés ainsi, et qui ne le cèdent en rien aux autres quant à la vigueur de la santé. Néanmoins on doit dire qu’on ne peut avoir recours à ce moyen sans compromettre la vie de l’enfant, lorsqu’il est venu faible et cacochyme. Lorsqu’enfin on se décidera à avoir recours à cette espèce d’alimentation, il sera nécessaire de ne pas perdre de vue que le lait dont on nourrira l’enfant devra toujours être pi'is sur la même vache, qu’il est nécessaire de le couper avec une boisson

adoucissante, dont les proportions doivent varier selon l’âge de l’enfant, et que les vases dont on se sert doivent être tenus avec une extrême propreté.

§ \ . — Du sevrage.

L’époque du sevrage est indiquée par l’apparition des dents. C’est ordinairement à la fin de la première année qu’on peut cesser l’allaitement ; cependant il ne peut y avoir aucune règle fixe à établir sur ce point.

Lorsque la mère veut sevrer, dans son intérêt et dans celui de l’enfant, on ne doit pas interrompre l’allaitement d’une manière brusque. Chaque jour elle doit ajouter une nouvelle quantité d’aliment au lait qu’elle donne. Alors, les organes digestifs de l’enfant s’accoutument à une nourriture nouvelle et plus substantielle, et la sécrétion laiteuse étant moins sollicitée chez la inère, diminue progressivement. La mauvaise habitude dans laquelle on est de sevrer trop brusquement, occasione à l’enfant des in* digestions, des vomissemens, du dévoiement;

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en un mot tous les accidens d’une véritable gastro-entérite. Et il n’a rien moins fallu que l’inobservance des préceptes que nous indiquons , pour conduire au tombeau une foule d’enfans, qui sans cela n’auraient point péri.

Lorsque la mère cherche à sevrer, comme es pertes journalières qu’elle éprouve sont beaucoup moindres que pendant l’allaitement, elle a moins d’appétit, et éprouve souvent les accideqs d’une véritable pléthore. Alors on devra lui faire prendre plus d’exercice que pendant le temps de l’allaitement, diminuer la quantité des alimens,et les choisir parmi ceux qui sont peu substantiels. Ces moyens suffisent ordinairement. Si cependant la pléthore était considérable, il faudrait recourir à une évacuation sanguine; et si l’on craignait, que la mère ne fût point assez sage pour se soumettre à un régime un peu sévère, mais toujours utile, on pourrait, tout autant que les organes digestifs le permettraient, avoir recours à l’administration des purgatifs légers. Combien de fois ne sommesnous pas dans la nécessité de prescrire ce

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dernier moyen, bien qu’il soit presque toujours inutile, et de sacrifier ainsi à un préjugé de l’ancienne médecine, profondément enraciné dans l’esprit des gens du monde,, qui autrement ne se regarderaient pascomme à l’abri de tout danger.

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