DES AGES
favoriser l’établissement delà menstruation , en arrêtent le cours.
Chez les hommes, la puberté se passe .avec plus de calme. Les appareils respira-* toire et circulatoire prédominent sur les autres systèmes. De là la fréquence des hémorragies, les irritations pulmonaires qui deviennent si souvent la cause du développement de la phthisie. Mais la puberté est aussi l’époque où l’on voit disparaître les scrofules, le rachitisme et toutes les maladies qui sont propres à l’enfance.
De Cage adulte. Il commence au moment où le corps cesse de croître en hauteur, c’està-dire , de vingt-cinq à vingt-six ans. A cette époque, le corps subit encore d’importantes modifications ; les muscles se dessinent plus fortement à travers les tégumens ; les os acquièrent de l’épaisseur jusqu’à l’âge de quarante ans environ; les appareils respiratoire et circulatoire continuent à être prédominans pendant quelques années ; mais peu à peu l’exubérance vitale semble se diriger vers les viscères abdominaux. L’âge adulte, sans avoir de maladies qui lui soient exclusivement propres, est cependant le moment
l6 NOTIONS GÉNÉRALES.
où certaines affections se développent d’une manière plus spéciale. Ainsi, jusqu’à l’àge de trente-six ans, les maladies du poumon sont encore à craindre. Plus tard, les affections du foie et des autres viscères abdominaux demeurent prédominantes. Les névralgies, le rhumatisme, la goutte, les dartres, se montrent également. Après quarante ans, les apoplexies commencent à devenir fréquentes, et les affections cancéreuses se déclarent. Enfin, chez la femme, l’àge de quarante à quarante-cinq ans étant le moment de la cessation de l’écoulement menstruel, ce changement important devient pour elle le signal d’une foule de maladies très-souvent fâcheuses.
De la -vieillesse . Dès soixante ans l’homme commence à décroître. Les muscles sont moins énergiques, et les membres ont peine à soutenir le poids du tronc ; les articulations se prêtent peu aux mouvemens du corps ; les organes des sens perdent de leur sensibilité , et par conséquent n’accomplissent plus leurs fonctions qu’imparfaitement ; le cœur, dont les battemeus sont moins fréquens, envoie aux organes un sang moins
DES AGÉS. 27
riche et moins excitant ; les fonctions digestives sont lentes et pénibles. Aussi , peu d’alimens doivent -ils suffire au vieillard, qui, ainsi que l’a remarqué Hippocrate, supporte le jeûne plus facilement qu’à aucune autre époque de la vie. •
L’intelligence perd également de sa force et de son activité. Néanmoins ce fait, quoique vrai en général , est susceptible des plus honorables exceptions. De tout ce qui précède, il résulte que le vieillard qui aspire à terminer sa carrière sans orage doit prendre les plus grandes précautions ; qu’il doit surtout être très-réservé dans le choix et la quantité des alimens qu’il prend; qu’il doit éviter un repos trop absolu , et résister, autant que ses forces le lui permettent, au désir qu’il éprouve de ne se donner que peu de mouvement.
§ II. — Des sexes.
De même qu’il existe une différence naturelle dans l’organisation des deux sexes , différence qu’il appartient à la physiologie de déterminer ; de même , les préceptes hy-
giéniques, quoique souvent les mêmes pour l’un et l’autre sexe, varient cependant quelquefois, soit qu’il s’agisse de l’homme ou de la femme. Kn effet, l’époque de la puberté et l’époque critique exigent des précautions et l’observance de certaines règles qui ne sont point applicables à l’homme, et que nous détaillerons à l’article menstruation. Et même dans le cours ordinaire de la vie, avant d’astreindre la femme à une règle de conduite, quelle qu’elle soit, faut-il apprécier avec rigueur quelle influence elle pourra avoir sur les organes reproducteurs. Or, toutes les différences que présentent les sexes se réduisent en dernière analyse au point important que nous venons de signaler, et consistent à éviter que l’utérus se trouve trop vivement excité , ou tombe dans un état de langueur; conditions opposées qui amènent le même résultat, la diminution ou la cessation de l’écoulement menstruel.
§ III. — Des ternpérarnens.
Ce mot désigne la prédominance de certains systèmes généraux, prédominance qui ,
DES TEMPERAMEKS.
■bien que compatible avec l’état de santé, n’en modifie pas moins d’une manière notable toutes nos fonctions.
Jusqu’à ces derniers temps on 11e reconnaissait que quatre sortes de tempéramens, que l’on désignait sous les titres de tempérament sanguin, tempérament bilieux, tempérament nerveux et tempérament lymphatique. Mais, de nos jours, M. Bégin (1) a proposé de reconnaître autant de tempéramens qu’il y a d’organes ou de systèmes d’organes qui peuvent prédominer sur l’ensemble et modifier l’organisme entier. Ainsi il admettait des prédominances utérine, gastrique, hé-
|patique,elc. Si l’on réfléchit combien il est raie que l’observation vienne justifier la division des anciens, on reconnaîtra la nécessité de refondre en entier la théorie des tempéramens ; mais l’état actuel de la science ne permet pas encore de tenter cette entreprise dont l’utilité est incontestable ; nous nous en tiendrons donc à l’ancienne division.
Tempérament sanguin. Il est dû à la prédo- «finance de l’appareil de la sanguification,
( 1 ) V. Principes généraux de Physiologie pathologique.
3o NOTIONS GÉNÉRALES,
et par conséquent prédispose singulièrement aux maladies inflammatoires. Les individus de ce tempérament devront donc éviter toutes les causes d’excitation qui, en donnant trop d’activité à la circulation , et par conséquent à l’hématose, les exposent aux congestions sanguines , dont le siège varie selon l’âge. A cet effet, ils doivent éviter les fatigues, les excès de tout genre, et fuir la vie oisive et sédentaire.
Tempérament bilieux. Ce tempérament est caractérisé par l’énergie et la susceptibilité de l’appareil gastro-hépatique, et par conséquent favorise le développement des maladies du foie et du tube digestif. Une alimentation douce et rafraîchissante, l’abstinence de toutes liqueurs spiritueuses et stimulantes, seront donc les moyens les plus propres à contre-balancer la fâcheuse influence de cette condition physiologique.
Tempérament nerveux. On le reconnaît à une trop grande excitabilité de tout l’arbre nerveux, et en particulier de l’encéphale. Il facilite singulièrement le développement des maladies nerveuses, maladies contre lesquelles la médecine ne possède que fort
DES TEMPÉRAMENT. 3t
peu de moyens rationnels. Les précautions que doivent observer les personnes qui vivent sous l’empire de ce tempérament j* se réduisent à éviter l’action de tous les modificateurs qui tendent à accroître la vitalité d’un appareil qui jouit déjà d’une trop grande énergie. Ainsi ils devront fuir les trop fortes émotions, les travaux intellectuels trop longtemps soutenus, et devront s’abstenir de tous les excitans qui portent plus spécialement leur action sur le système nerveux , tels que les liqueurs spiritueuses , le thé et le café, etc. Ces préceptes seront indiqués avec plus de détail dans le cours de cet ouvrage (i).
Tempérament lymphatique. On le reconnaît au développement énorme des ganglions et des vaisseaux blancs, à l’abondance de la lymphe, à la faiblesse de presque tous les systèmes et appareils. Les maladies scrofuleuses , dont le nombre est si considérable dans nos grandes cités, et le rachitisme, sont surtout les maladies qui résultent de cette fâcheuse prédominance qu’il est si
t\) V. Première partie art- Alimentât I presque toute ta s*- «mute partie-
-32 «OTIONS GÉNiiKAJLES.
difficile cfe combattre. Si cependant on veut prévenir le dével'oppement des affections* que nous venons d’indiquer, les moyens les plus propres à atteindre ce but, sont; l’habitation dans un lieu chaud et sec ; entretenir l’activité delà peau en la couvrant de vêtemegs de laine ; une alimentation substantielle, sans être trop abondante; un exercice soutenu dans un endroit cbaud et exposé à l’action des rayons solaires; des frictions sèches générales fréquemment répétées.
Il est très-rare, ainsi que nous l’avons dit, de rencontrer chacun de ces tempéramens isolément sur un individu; le plus souvent ils se mélangent; mais alors, comme il n’y a pas de jirédominance bien tranchée, il n'y a point de précepte hygiénique spécial à indiquer.
A côté des tempéramens , viennent se ranger les innombrables prédominances organiques , que l’on a appelées Idiosyncrasies, et qui résultent de ce qu’un organe, un système ou un appareil, jouissent d’une très-grande énergie par rapport aux autres. Ici, il n’y a point de règle générale à établir
DES TEMPÉR àl\IENS. 33
puisque toutes ces anomalies sont individuelles; il n’y a donc que l’œil exercé du médecin praticien qui puisse en apprécier la valeur, eu déterminer l’influence , en combattre les effets.
§ IV. — Des habitudes.
On a beaucoup exagéré l’empire de l’habitude, et cependant nier complètement son influence serait tomber dans un excès opposé. Il est de fait que la fréquente répétition des mêmes actes ou des mêmes impressions , qui constitue X habitude, ainsi que Locke l’avait déjà observé, finit par rendre nos organes susceptibles de ressentir le besoin d’opérer les mêmes actes à des intervalles marqués. C’est ce que prouve le changement de climat , de profession , de vêtement, d’alimentation. Dans toute apïplication hygiénique, X habitude est donc un élément qu’il faut prendre en considération , non pas que nous entendions par là qu’il faille toujours la respecter lorsqu’on a rei connu qu’elle peut entraîner à de graves co11- | iéquences , mais au contraire qu’on doit la
HYGIENE
changer en y procédant graduellement , et en sachant que le temps est un des moyens les plus puissans pour en triompher. Si une habitude quelconque peut être changée ou détruite, son empire n’est point absolu; il n’est donc point de précepte hygiénique qui lui soit absolument applicable.
§ V. — Des professions.
Pour l’hygiéniste, toutes les différences que présentent les professions se rapportent aux différens organes ou systèmes d’organes qu’elles tiennent exclusivement ou presque exclusivement en action. Ce sera donc en traitant de l’hygiène de chacun de ces organes ou appareils que nous aurons h nous occuper de leur influence sur la santé. Néanmoins , du moment où nous avons admis en thèse générale qu’une profession ne devenait nuisible que parce qu’elle exige, de la i part de celui qui l’exerce, un usage trop absolu des mêmes organes, nous devons également établir comme loi générale, la nécessité où se trouvent tous ceux qui se livrent à un travail quelconque, de varier, autant qu’il est en eux, leurs occupations, deréser-