‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 102 sur 443 · DÉGÉNÉRESCENCE CALCAIRE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE CALCAIRE

C'est une maladie très rare et fort peu connue, caractérisée par une opacification, débutant par le diamètre transversal de la cornée et à sa partie médiane sous forme d'un nuage à contours mal définis, qui peu à peu s'étend de façon à former une bandelette de 8 à 8 millimètres de large et partageant horizontalement la cornée en deux. Puis la tache se répand au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale en constituant ainsi, au bout d'un temps plus ou moins long, une languette de teinte uniformément grise, recouvrant tout le champ pupillaireet interceptant les rayons lumineux. La surface de la cornée reste lisse et unie. Il n'y a pas d'inflammation.

Bowmann d'abord, puis, au Congrès de 1878, M. Galezowski, ont donné la description de cet état pathologique. Nous-même, en 1881, avons publié une observation de ce genre avec examen histologique à l'appui.

Aucune thérapeutique n'amène le moindre résultat dans ces cas et c'est toujours à l'abrasion qu'il faut recourir. On constate alors que la portion opaque .est toute superficielle, et qu'à peine on a enlevé une lamelle très fine on trouve au-dessous la cornée transparente.

Si l'on examine cette lamelle, on constate que sa partie antérieure est recouverte d'une masse de petites granulations très compactes etprésentant un aspect uniforme. La surface profonde n'offre pas d'altération. Ces granulations ne sont point graisseuses, l'acide osmique ne changeant point leur coloration. L'acide acétique n'a aucune prise sur elles, ce qui prouve leur dureté. L'acide chlorhydrique seul les dissout, ce qui démontre qu'elles sont constituées par du phosphate et du carbonate de chaux. Débarrassée de ces granulations, la lamelle se trouve formée par l'épi thélium cornéen qui n'a subi aucune altération anatomique mais qui a eu ses cellules élargies, distendues, et quelquefois même rompues par l'entassement de ces granulations, qui se trouvent réunies en si grand nombre que toute trace d'épithélium est invisible avant leur dissolution.

C'est donc là une dégénérescence ou plutôt une infiltration calcaire des cellules épithéliales de la cornée.

(1) Despagnet. Recueil d'Ophtalmologie, 1881.

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