EXPLORATION DE L'IRIS
l'impression lumineuse portée sur la rétine, on ouvrira alors le second œil, et Ton constatera si cette nouvelle impression lumineuse se traduit par un mouvement de l'iris jusque-là immobile. Pour étudier les changements du diamètre pupillaire suivant le degré de convergence du regard, il suffit de faire fixer par le patient, d'abord un point très éloigné, puis un objet placé à quelques centimètres de son nez.
L'on a parfois intérêt à conserver trace des dimensions de la pupille à un moment donné, comme terme de comparaison pour des examens ultérieurs. A cet effet il suffit de dessiner sur une feuille de papier une série de petits cercles noirs de diamètres connus, et de déterminer au juger celui qui offre les mêmes dimensions que la pupille examinée. C'est là le mode de faire le plus pratique. Dans le même but on a proposé des instruments appelés pupillomètres-
M. Perrin avait fait construire un petit bâti, qui, destiné à s'appliquer sur le rebord orbitaire, supportait deux pièces mobiles dans le sens transversal au moyen de deux vis. Chacune des pièces portait un fil fin tendu verticalement. L'observateur, placé en face du malade, devait déplacer successivement les deux fils jusqu'à ce qu'ils lui parussent tangents aux deux extrémités du diamètre transversal de la pupille ; leur écart mesurait la longueur de ce dernier. Inutile de faire ressortir les difficultés de cette mensuration.
Le disque de l'ophtalmomètre de Javal (voir plus loin sa description) porte inscrit sur la moitié de son diamètre horizontal des chiffres qui peuvent servir à mesurer la pupille à condition d'éclairer l'œil observé : le numéro du cercle qui coïncide avec la pupille en indique en millimètres la longueur du diamètre.
Le pupillomètre de Robert Houdin se compose d'un petit cylindre en forme d'oeilleton qui s'applique sur l'orbite devant l'œil, et porte à son extrémité opposée une plaque de cuivre percée en son centre de deux très petits orifices capillaires, l'un fixe, l'autre dont la distance au premier peut varier et être mesurée à chaque observation. Placé devant l'œil exposé à une large surface éclairée et à la distance de 12 millimètres (position du foyer principal antérieur de l'appareil dioptrique oculaire), cet instrument envoie vers la cornée deux faisceaux coniques de rayons lumineux, que la réfraction transforme en faisceaux de rayons parallèles, lesquels dessinent sur la rétine deux cercles de diffusion de même diamètre que la pupille. Par suite, lorsqu'on a amené ces deux cercles à être tangents, la distance de leurs centres mesure le diamètre pupillaire, et cette distance des centres est précisément donnée par l'écartement des orifices de la plaque de cuivre. M. Badal a modifié légèrement le pupillomètre de Robert Houdin; il y a fait adapter une graduation dans laquelle l'index donne en millimètres ou fractions de millimètre le diamètre de la pupille.