IV. — ANOMALIES DE LA PUPILLE
Aux modifications que présente la pupille, on a donné les noms de : acorie, micorie, polycorie, corectopie, dy scorie, persistance de la membrane pupillaire.
(1) Despagnel. Recueil d'ophtalmogie, 1889.
La micorie est caractérisée par l'étroitesse extrême de la pupille, tandis que dans Yacorie Taire de l'orifice pupillaire normal est occupé par un tissu qui présente tous les caractères du tissu irien. Cette dernière anomalie ne doit pas être confondue avec la persistance de la membrane pupillaire. L'iridectomie ou l'iridotomie permettent de lui porter remède.
La polycorie consiste dans la présence de pupilles multiples. Tantôt il - ^sSiisïs-^ existe une pupille centrale plus ou
(kÈÊÊ '^^SSifite^ moins régulière, et, à côté, des ouver-
■^ tures plus ou moins arrondies com-
parables aux fentes de l'iris. Tantôt l'iris présente deux ou trois ouvertures dont aucune ne correspond ^!^>>^^^w^^ * son centre. Chez certains sujets
j^^ il s'agit d'un colobôme irien séparé
de la pupille normale par une Fig. 88. étroite bandelette. En général, cette
Polycorie. anomalie ne trouble pas la vision.
La corectopie n'est que l'exagération d'une disposition normale : la pupille est placée un peu en dedans et au-dessus du centre de l'iris; or, par suite d'un développement irrégulier de la membrane, l'excentricité de l'orifice se trouve exagérée et la pupille déjetée le plus souvent en haut.
La dyscorie, c'est-à-dire l'irrégularité de forme de la pupille constituerait une anomalie fréquente, si l'on tenait compte des cas où elle est peu prononcée. On a observé des pupilles ovales à grand diamètre vertical ou horizontal, des pupilles cordiformes, anguleuses, à bords dentelés. Ici encore il s'agirait d'un développement irrégulier de l'iris.
Dans les cas de persistance de la membrane pupillaire, il y a eu absence ou arrêt de résorption de la membrane, qui chez le fœtus clôt la pupille. Tantôt il existe une membrane véritable qui masque en totalité ou en partie l'ouertu re pupillaire et le petit cercle de l'iris. Tantôt on voit une petite membrane suspendue en avant de la pupille par des filaments attachés au petit cercle. Tantôt enfin il ne persiste qu'un réseau de simples filaments. Il est à noter encore que la membrane pupillaire, suivant les cas, adhère ou non à la cristalloïde antérieure.
Les troubles fonctionnels, qu'elle occasionne, sont très variables; rarement le sujet accuse une amblyopie assez forte pour nécessiter l'iridectomie, cela d'autant que cette anomalie parfois se corrige avec l'âge.