OEDÈME DES PAUPIÈRES
Le tissu cellulaire des paupières est d'une texture tellement lâche qu'il se prête à merveille aux infiltrations de toutes sortes, et, plus que toutes autres, les collections séreuses s'y produisent facilement.
L'œdème des paupières peut avoir une origine inflammatoire ou infectieuse. C'est celui que l'on rencontre dans la plupart des phlegmasies palpébrales, oculaires ou orbitaires, on celui qui se produit à la suite d'un traumatisme ou d'une piqûre d'insecte. On peut enfin l'observer à la suite d'une injection dans les voies lacrymales par infiltration du liquide dans le tissu cellulaire. L'exploration attentive de la région, la recherche des antécédents sur le début de l'affection éclaireront le diagnostic.
L'oedème consécutif à une phlébite mérite une mention particulière à cause de sa gravité. Les accidents inflammatoires qui l'accompagnent sont des plus violents; il provoque des phénomènes généraux rapidement inquiétants et qui rendent le pronostic très sombre.
Dans tous les cas que nous venons de signaler, l'œdème n'est qu'un des symptômes d'une lésion locale ou de voisinage.
11 est encore un autre œdème qualifié d'idiopathiquc par les auteurs, alors qu'il est parfaitement secondaire, mais la lésion primitive qui le produit est plus ou moins éloignée et d'ordre général. C'est l'œdème palpébral que l'on rencontre chez les albuminuriques, les cardiaques, les strumeux, à la suite de l'anasarque, de la fièvre scarlatine. Il est l'indice de troubles circulatoires ou hématiques généraux au même titre que l'œdème des extrémités.
Ici aucun caractère phlegmasique, mais un gonflement uniforme de la peau avec sa teinte pâle et un certain degré de transparence. C'est une sorte de bouffissure à degré variable suivant les individus et la cause qui la produit. À peine prononcé, l'œdème fait disparaître les plis palpébraux. L'impression digitale persiste. Parfois très exagéré, il forme de • véritables bourrelets et même des poches semi-fluctuantes.
La difficulté des mouvements palpébraux est en raison directe du développement de l'œdème, mais quel que soit son volume, il n'est jamais douloureux s'il n'est d'origine inflammatoire ou traumatique.
Le traitement doit être institué suivant l'étiologie. La cause est-elle J«>cale, c'est à elle qu'il faut s'attaquer et, en la modifiant avantageusement, on voit graduellement les paupières reprendre leur état normal.
La cause, au contraire, est-elle d'ordre général, malgré tous les soins institués, l'œdème reste très rebelle et est d'un mauvais pronostic. Néan-
moins c'est à la thérapeutique générale qu'il faut avoir recours et suivant les cas, les reconstituants, le régime lacté, les diurétiques en formeront la base.
Localement on pourra faire des lotions astringentes, ou mieux une compression douce, méthodique, continue, que Ton pratiquera toutes les nuits. Elle fera s'épandre aux environs la sérosité épanchée et soutiendra les paupières dont elle rétablira la flaccidité.