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III. -SARCOME DE L'IRIS

Le mèlano-sarcôme primitif de l'iris est exceptionnel, le néoplasme s'y propage d'ordinaire après s'être développé dans la choroïde ou le corps ciliaire. Si l'existence antérieure d'un nœvus sur le siège de la tumeur, si la teinte noire de cette dernière peuvent faire songer au diagnostic, le plus souvent il ne sera établi qu'après examen histologique et dans ce cas Ténucléation immédiate de l'œil s'impose comme seul moyen de prévenir la généralisation.

IY. -GRANULOMES ET TUBERCULES DE L'IRIS

1° Le granulome simple de l'iris se développe surtout chez les enfants cachectiques après une destruction suppurative de la cornée, ou à la suite d'ablations de staphylùme. Sans grande réaction on voit se produire une masse charnue, fongueuse, saignant facilement, qui disparait d'ordinaire au bout de quelques mois.

Au total, ce ne sont que des bourgeons charnus développés sur l'iris.

A côté de cette variété de tumeur doit trouver place la granulie de l'iris, affection qui ne préjuge ni l'existence d'une tuberculose, ni une altération gommeuse de la membrane. Chez un jeune enfant, apparaissent sur l'iris de petites tumeurs semblables aux gommes, mais plus pâles, et, ea même temps, évolue une iritis d'abord séreuse, puis plastique. Des synéchies postérieures se forment, les tumeurs iriennes plus nombreuses, plus confluentes, remplissent la chambre antérieure ; des amas cellulaires forment des plaques sur la membrane de Descemet et l'épithélium cornéen perd son poli. L'œil devient dur, très sensible; puis ces phénomènes glaucomateux s'amendent, la transparence de la cornée se rétablit assez pour laisser voir un iris atrophié, une pupille rétrécie et oblitérée. Au bout de quelques années enfin, la tension de l'œil est diminuée, sa sensibilité disparue, toute hyperhémie éteinte et l'iris est fondu avec la cornée en une membrane opaque. Il y a phtisie de l'œil. Peut-être s'agit-il là d'un accident de la syphilis héréditaire? en tout cas comme traitement, au début, on prescrira des frictions mercurielles, de l'iodure de potassium, de l'huile de foie de morue, du fer, de l'arsenic. Pendant les poussées glaucomateuses, l'iridectomie soulagera les douleurs. Enfin l'œil atrophié se prête au port d'un œil artificiel ou au tatouage.

2° Tubercule de Viris. — D'après quelques auteurs, la nature du tubercule de l'iris ne pourrait être diagnostiquée que par un examen

bactériologique ou par la concomitance d'une infection tuberculeuse générale.

Les observations s'en peuvent ainsi se résumer : apparition d'un bouton sur l'iris, suppuration, ulcération cornéenne et infiltration de tout l'iris et d'une partie du corps ciliaire {irido-cyclite tuberculeuse) en rapport avec le siège habituel de la lésion qui est l'angle irido-cornéen.

D'ailleurs, d'après les observations cliniques, il semble que le tubercule de l'iris n'est que la propagation de l'affection qui a débuté dans la région ciliaire.

D'après Parinaud, le tubercule de l'iris se développe de préférence près du bord adhérent, il est jaunâtre, quelquefois teinté de rose par le développement d'un fin réseau à sa surface ; quand il proémine dans la chambre antérieure, ses contours sont très nets. Le condylôme, avec lequel on pourrait le confondre, siège de préférence près du bord libre de l'iris, il a un aspect velouté et une coloration brunâtre. Il existe parfois dans le voisinage du tubercule des granulations dont on peut suivre l'évolution caractéristique. D'abord grises et demi-transparentes, elles deviennent jaunes en se développant, puis se flétrissent et diminuent de volume (période de ramollissement). A ce moment surtout, les tubercules sont multiples; il peut se former, dans la chambre antérieure, un dépôt jaunâtre qui diffère de l'hypopyon par l'absence de douleurs et qui ne se déplace pas comme le fait le pus liquide. La cornée peut s'infiltrer et présenter des taches blanches comme dans la kératite interstitielle. L'absence de douleurs constitue un caractère important de l'affection.

En raison des difficultés du diagnostic au début, on hésitera à faire l'iridectomie tant que des accidents glaucomateux ne viendront pas y contraindre ; tardivement on pratiquera l'énucléation sans pouvoir assurer ainsi le patient contre l'infection générale. Mieux vaut donc, sauf phénomènes légers, se contenter d'un traitement général dont les toniques formeront surtout la base sans intervention opératoire, car on a vu parfois le prétendu tubercule se flétrir sur place.

Tubercule lépreux de l'iris. — La lèpre morphée détermine chez certains malades l'apparition sur l'iris de petits tubercules dont la nature se reconnaît à la coexistence des autres symptômes de l'affection. Ces tubercules débuteraient d'ordinaire dans les couches les plus profondes de la cornée, puis gagneraient l'iris, où ils provoquent de l'iritis. D'abord lisses et grisâtres, simulant un hypopyon quand elles siègent, ce qui est habituel, sur le segment inférieur de l'iris, ces productions finissent par remplir la chambre antérieure, opacifier la cornée, amincir la sclérotique, envahir la choroïde, transformer enfin l'œil en une tumeur lépreuse. Pareille lésion n'est justiciable d'aucune intervention utile autre que le traitement général.

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