CHAPITRE LV DÉCOLLEMENT DE LA CHOROÏDE
Comme conséquence de vieilles irido-choroïdites chroniques, il peut arriver que la choroïde se détache de la sclérotique sous l'influence de la rétraction cicatricielle des exsudats qui s'y sont formés. D'autres fois, le décollement choroïdien résulte d'un traumatisme. Après ce dernier, les extravasations sanguines intra-oculaires, dans le cas d'iridochoroïdite antérieure les troubles concomittants de la transparence des milieux de l'œil masquent parfois la lésion qui, quand elle est visible, en impose pour un décollement de la rétine ou une tumeur de la choroïde.
La lésion choroïdienne se présente à l'examen ophtalmoscopique comme une tumeur arrondie, lisse, rouge sombre et absolument immobile. Sur sa surface on distingue, plus ou moins net, le réseau des vaisseaux choroïdiens sous-jacents aux branches vasculaires de la rétine. Pareil aspect diffère notablement, mais pour les cas types seuls, de celui que présente le décollement de la rétine. Du reste, cette dernière membrane, elle aussi, peut être décollée de la choroïde, cela d'abord dans les parties déclives, puis plus tard sur toute la saillie choroïdienne; en même temps elle perd sa transparence et cache ainsi la lésion primitive. Le diagnostic devient alors impossible. Ses difficultés sont aussi très grandes lorsqu'il s'agit de différencier le décollement des néoplasmes de la choroïde. Alors il faut se souvenir que le décollement choroïdien s'accompagne d'une diminution progressive de la tension oculaire et conduit à la phtisie du globe de l'œil, tandis que si parfois avec les néoplasmes l'on constate un abaissement de la tension de l'œil, de règle ils ne produisent pas la phtisie oculaire sans provoquer des phénomènes glaucomateux.
La thérapeutique est à peu près impuissante contre le décollement de la choroïde ; si l'on est en droit de tenter les traitements en usage contre le décollement rétinien, on ne doit pas se faire grande illusion sur leur valeur et négliger d'avertir le malade de l'issue de son affection.