‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 179 sur 443 · III.-APOPLEXIE DU CORPS VITRE · texte numérisé non relu

III.-APOPLEXIE DU CORPS VITRE

Les épanchements de sang dans le corps vitré surviennent à la suite de contusions ou de plaies du globe oculaire avec lésion des vaisseaux de la choroïde et particulièrement de la zone ciliaîre, ou encore après une rupture des vaisseaux rétiniens; autrement on les voit survenir en dehors de tout traumatisme. Dans ces cas l'étiologie reste souvent fort obscure : s'il s'agit de sujets âgés, Ton doit examiner le système cardiovasculaire; quand le patient est jeune, ou bien Ton trouve de l'hémophilie, ou l'on invoque une altération plus ou moins réelle du sang par suite de troubles digestifs ou intestinaux (stercorémie) ou encore par suite de goutte, d'albuminurie, de diabète, de scorbut. L'on recherche s'il existe quelque trouble de la circulation générale (maladie du cœur, suppression du flux hémorroïdal, des règles, d'épistaxis habituelles) ou de la circulation locale (irido-choroïdite, glaucome).

Si la cause première de l'hémorragie reste souvent ignorée, il en est de même du vaisseau qui a fourni l'hémorragie; tantôt, sans doute, les parois ciliaires ont déversé le sang dans la partie antérieure du vitré, tantôt ce sont les vaisseaux de la choroïde ou de la rétine, tantôt même le sang provient du nerf optique dont il a suivi les gaines jusqu'à la papille, puis fait irruption dans les couches postérieures.

Parfois l'hémorragie est peu importante, parfois le sang s'échappe en assez grande quantité pour imprégner tout le corps vitré ou s'insinuer

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TROUBLES DE NUTKITION. É PA NC1IEM ENTS

entre le cristallin et lui ou se répandre en nappes entre la rétine et l'hyaloïde.

Le sang extravasé se présente à l'examen au miroir sous forme de gouttelettes libres et mobiles ou bien comme un petit caillot, pédicule àppendu près d'un vaisseau rétinien déchiré. Chez certains malades, il enlève toute transparence à la rétine, et la pupille, qu'entoure un iris

Fig. i20.

Néomembrane implantée dans la rétine et proéminent dans le corps vitré (Parent).

parfois ecchymose par imbibition, renvoie à l'observateur un reflet complètement noir, ou teinté en rouge suivant le siège profond ou superficiel du sang extravasé. Dans certain cas l'examen permet de suivre la marche de l'hémorragie : tout d'abord on constate la présence d'un caillot appendu à la paroi interne de la coque oculaire et à un second examen l'opacité est totale. Parfois on saisit le long des parois des vaisseaux rétiniens de fines stries sanguines qui, s'étalant en nappes, gagnent vers la papille et la région ciliaire, puis le sang s'infiltre dans le vitré. Chez quelques sujets même on voit le sang s'échapper des gaines du nerf optique et s'épandre par le canal central dans toute la vitrine.

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CORPS VTTRÉ

Les phénomènes subjectifs varient suivant l'abondance de l'hémorragie; la cécité survient plus ou moins complète, brusquement ou précédée de la vision d'un brouillard rougeàtre, verdàtre, de plus en plus noir.

Les changements qui surviennent ultérieurement dans le corps vitré imbibé de sang se traduisent à l'examen par le retour d'un certain

Fig. 121.

Néomembranes du corps vitré et de la rétine (Kd. de Joeger).

degré de translucidité et l'apparition des opacités membraneuses dont il a été déjà question, c'est l'état jumenteux du corps vitré. Si le malade est jeune, si le sang se trouve répandu au voisinage de la zone ciliaire, là où les échanges nutritifs sont très actifs, alors la résorption se complète, et après quelques semaines tout a disparu. Mais, plus souvent peut-être, la résorption se fait très lentement, et parfois l'amélioration, qui en résulte, disparaît brusquement du fait d'une nouvelle hémorragie. Après des mois et des années, Ton trouve encore des traces de l'apoplexie du corps vitré. Ce sont ou bien des opacités du corps vitré — flocons ou membranes — ou bien ces plaques nacrées, d'un blanc

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