III. - CORPS ÉTRANGERS DU CRISTALLIN
La pénétration dans l'œil d'un instrument ou d'un corps étranger quelconque peut être suivie d'ouverture du sac cristallinien, de plaie ou même de perforation de part en part de la lentille. Il y a alors plaie simple et de règle cataracte traumalique* Dans les cas dont il est ici question, le corps étranger séjourne dans le cristallin. En général il s'agit de parcelles d'acier, de cuivre ou de pierre, d'un grain de plomb,
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corps étrangers qui ont traversé la cornée, puis la pupille ou l'iris, ou bien qui ont perforé la sclérotique et la zone ciliaire.
Les accidents qui résultent de la présence du corps étranger dans la lentille sont parfois, tout d'abord au moins, insignifiants; le corps est petit, il obture complètement la plaie de la capsule. Mais, de règle, le cristallin s'opacifie, les masses corticales font saillie et se résorbent chez l'enfant si bien qu'il ne conserve qu'une cataracte capsulaire renfermant encore le corps étranger, tandis que chez l'adulte il persiste un noyau avec le corps étranger, le tout entouré de la capsule. Dans quelques cas enfin le corps étranger s'échappe de la lentille avec les masses, qui font saillie dans la chambre antérieure, où il devient libre après leur résorption.
Si après l'accident l'examen de l'œil permet de constater la présence de la parcelle qui a pénétré dans le cristallin, plus tard, celui-ci opacifié, elle se trouve masquée. Alors s'il s'agit d'un éclat de fer, il colore en brun ou jaunâtre le tissu qui l'entoure. Du reste les commémoratifs, la constatation d'une plaie de la cornée, de la sclérotique, une cicatrice ou une synéchie postérieure de l'iris facilitent le diagnostic.
Quant au pronostic, il doit être réservé, car si l'on a cité quelques cas heureux de résorption du cristallin, d'ordinaire l'œil est exposé, par suite du gonflement rapide de la lentille, à des accidents glaucomateux, puis tardivement à des phénomènes inflammatoires intermittents que l'on attribue soit au déplacement du corps étranger, soit à des troubles dans la circulation des liquides intraoculaires.
L'extraction d'un corps étranger du cristallin nécessite en général l'extraction du cristallin lui-même. Par suite si le corps est enkysté et ne détermine pas de réaction, il faut attendre; au besoin pratiquer une iridectomie optique, si l'opacité du cristallin plus ou moins gênante laisse transparente une partie de la lentille. Peut-être chez l'enfant serait-on autorisé à tenter une discision en surveillant toutefois le corps étranger, afin de le faire sortir par une incision de la cornée, dès qu'il ferait hernie en dehors de la capsule. On doit en effet craindre qu'il ne tombe dans le sinus irido-cornéen, où il serait difficile à saisir. Enfin, lorsqu'on se trouve en présence d'accidents inflammatoires primitifs ou tardifs, il n'y a pas lieu de différer l'extraction du corps étranger et du cristallin; il est alors prudent d'exciser une portion de l'iris pour faciliter la sortie et prévenir la chute du corps étranger derrière cette membrane.