VI. - CENTRE PSYCHO-OPTIQUE
Il n'est pas encore actuellement possible de délimiter exactement le siège du centre opto-p$y chique dans l'écorce du lobe occipital;
ici le cunéus et la partie postérieure de la circonvolution sus-jacente paraissent être les principaux aboutissants des irradiations optiques. Toutefois, l'étendue de ce centre parait à quelques physiologistes devoir être plus considérable.
D'après Vialet le centre cortical de la vision occupe toute rétendue de la face interne du lobe occipital; il est limité en avant par la scissure perpendiculaire interne, en haut par le bord supérieur de l'hémisphère, en bas par le bord inférieur de la troisième occipitale, en arrière par le pôle occipital (fig. 165). La limite antérieure serait la mieux établie. Du côté de la convexité au contraire, soit au niveau de la pointe, soit au niveau du bord inféro-externe du lobe, on ne saurait tracer une ligne de démarcation définitive. Dans la région corticale ainsi circonscrite, la scissure calcarine a une importance toute spéciale; par son étendue et sa profondeur, elle ofîre un développement cortical considérable. De plus, mieux que dans tout le reste de l'écorce occipitale, la nutrition y est assurée par une branche artérielle (branche calcarinienne de l'artère occipitale), qui fournit d'innombrables rameaux. Enfin, l'apparition précoce de cette scissure pendant la vie intra-utérine en démontre l'importance.
Certains auteurs décomposent pour ainsi dire le centre opto-psychique
Fig. 165.
Face interne du lobe occipital, montrant la disposition du cunéus et des lobules lingual et fusiforme. Le cunéus et le lobule fusiforme sont marqués par des hachures (hémisphère droit). Dessin d'après nature.
(Vialet.)
Ce, corps calleux ; — Ctm, cunéus ; — Fu, lobule fusiforme ; — Ly lobe limbique (circonv. de l'hippocampe) ; L[i) istnrae du lobe limbicme (pied de l'hippocampe); LL, lobe lingual; Parc, lobule paracentral ; — PC, prœcuncus ou avant-coin ; — Spl, splenium ou bourrelet du corps calleux ; — cale, scissure calcarine; — cale dc*c, branche descendante de la calcarine; — po, sillon pariéto- occipital ou perpendiculaire interne; fo, sillon collatéral.
ANAT0M1E
à côté du centre visuel des mots, ils placent en arrière du lobule pariétal inférieur gauche le centre cortical du sens chromatique; plus en arrière, se trouverait le centre pour la perception des formes et à la pointe du lobe occipital le centre destiné à la perception de la lumière (Eperon). D'autres admettent que le centre du sens chromatique se trouverait dans la partie la plus inférieure du lobe occipital, probablement dans la partie postérieure des plis lingual et fusiforme. Plus haut et vers la partie supérieure du lobe occipital se trouverait le centre (le la perception lumineuse, et, probablement entre les deux, le centre de la perception des formes.
Fig. 166.
Centres psycho-moteurs de Pécorce du cerveau (Fermer).
r 1 à 6, centres des mouvements des membres {hémiplégie): — 7 et 8, centre des mouvements des commissures des lèvres (paralysie faciale); — 9 et 10 centre des mouvements des lè\res et de la langue, •Ifslinta à l'articulation des mots (mémoire des mouvements du langage parlé ou mémoire motrice \erbale {aphasie motrice ou aphémie)\ — 11, centre de rétraction de la bouche; — 12, centre pour les mouvements latéraux de la tête et des yeux et centre de la mémoire des mouvements de l'écriture ou mémoire motrice graphique (agraphie); — 13, centre de la mémoire des mots écrits ou imprimés, ou mémoire visuelle verbale (cécité verbale), et 13' centre de la vision binoculaire (hémianopsie) ; — 14, rentre de l'audition, mémoire des sons verbaux ou mémoire auditive (surdité verbale).
Au lieu d'accepter que les divers centres soient juxtaposés, certains physiologistes leur attribuent une disposition stratifiée ; les trois centres de la perception lumineuse, de l'acuité visuelle et des couleurs, se trouveraient superposés dans l'épaisseur de Técorce cérébrale.
En résumé, si Ton schématise la description de l'appareil nerveux optique, Ton peut dire que chaque œil est relié par un faisceau de libres à chacun des centres psycho-optiques occipitaux. Chaque lobe occipital est ainsi uni aux deux rétines, savoir à la portion temporale de la rétine du même côté, à la portion nasale de la rétine du cTôté opposé et aux deux régions maculaires. Il n'est toutefois pas établi si les fibres d'union se terminent au niveau de l'écorce cérébrale dans des zones distinctes pour chaque œil suivant leurs régions rétiniennes d'origine, ou si elles s'y disséminent de telle sorte que chaque point du lobe occipital soit pour ainsi dire en relation avec les deux segments rétiniens. La nature des troubles observés après la lésion d'un seul lobe cérébral plaide pour cette dernière manière de voir. Chez des névropathes encore, Schiele a pu fatiguer une moitié, un quart, un secteur d'une seule rétine par des mensurations périmétriques répétées, et il a constaté que, dans le champ visuel de l'œil non impressionné, apparaissait un trouble en rapport avec l'épuisement du secteur rétinien similaire de celui de la rétine directement fatiguée. L'excitation unilatérale retentit donc dans l'écorce sur les organes terminaux, qui commandent aux points symétriques des deux rétines.
Au total, la question du centre opto-psychique est loin d'être tranchée et à propos de l'amblyopie hystérique, il sera signalé que Parinaud admet des centres cérébraux distincts pour la vision périphérique et la vision centrale. De plus, au point de vue de la vision centrale, dans la vision monoculaire, chaque œil est en rapport avec l'hémisphère opposé, tandis que dans la vision binoculaire, les deux yeux sont en rapport avec un seul hémisphère qui peut être indifféremment le droit ou le gauche.
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