‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 207 sur 443 · III. - INCITATION CORTICALE · texte numérisé non relu

III. - INCITATION CORTICALE

1° Perception lumineuse. — A l'état normal une impression reçue par une rétine est transmise aux deux centres opto-psychiques quand la région maculaire en est le siège, au centre occipital du même côté si la portion temporale de la membrane est impressionnée, ou, s'il s'agit de sa portion nasale, au centre du côté opposé. Autrement dit la transmission est directe ou croisée suivant que l'impression rétinienne est temporale ou nasale ; elle est double s'il y a impression au niveau de la macula. Ces données trouveront leur application, quand il faudra expliquer les troubles visuels causés par les lésions localisées en divers points de l'une ou de l'autre moitié de l'appareil visuel.

2° Mouvements volontaires. — L'impression lumineuse a été suivie de perception visuelle; tout peut en rester là, ou bien, comme tous les

centres de l'écorce cérébrale sont reliés entre eux, l'incitation du centre opto-psychique gagne un ou plusieurs des centres de la zone motrice, dont il provoque la mise en jeu. L'activité de ces derniers par suite de leurs connexions avec les centres bulbaires et médullaires, origines des nerfs moteurs, se traduit par des mouvements. Tels sont ceux nécessités par la préhension d'un objet que l'œil voit; ces mouvements sont dits volontaires par opposition avec les mouvements réilexes, dont il va être question.

3° Mouvements réflexes. — Au niveau des ganglions basilaires, a-t-il été dit, la voie offerte à la transmission lumineuse se bifurque. Le courant nerveux, qui vadirectement influencer les centresbulbaires et médullaires, provoque lui aussi leur activité, d'où la production de mouvements, dits mouvements réilexes. Tels sont les mouvements vulgairement qualifiés d'instinctifs, qui ont pour effet de faire éviter un obstacle apparent dans le champ visuel. Dans la production de ces mouvements la perception visuelle n'intervient pas, la preuve en est que même après la rupture de la communication supérieure, c'est-à-dire après suppression des centres opto- psychiques, l'impression lumineuse rétinienne cause encore ces mouvements, et cependant elle ne peut plus être perçue. Il y a alors cécité corticale^ état que l'expérimentation réalise chez /l'animal en excisant l'écorce cérébrale des lobes occipitaux. Un chien ainsi mutilé, après guérison de sa blessure se meut librement, évite les obstacles, mais ne reconnaît ni son maître ni ses aliments habituels (pourvu que l'odorat n'intervienne pas). Chez cet animal l'impression lumineuse réveille les mouvements réflexes qui antérieurement, en dehors de toute intervention volontaire, lui permettaient d'aller et venir suivant les objets qui impressionnaient sa rétine.

D'autres mouvements réflexes, que commandent les impressions lumineuses, seraient sous la dépendance des couches optiques que des faisceaux de fibres précédemment décrits mettent en communication avec les noyaux du facial (clignement des paupières et mouvement de la face), du spinal (rotation la tète), des nerfs rachidiens (mouvements du tronc et des membres).

A propos de l'étude des mouvements propres des globes oculaires, il sera question de leurs connexions avec l'appareil visuel central. Mais parmi les mouvements oculaires qui se produisent en dehors de toute intervention de la volonté, ceux que provoque le plus manifestement l'influence d'une impression lumineuse se traduisent par des changements du diamètre pupillaire.

Les physiologistes ont établi que l'excision des hémisphères cérébraux et des couches optiques n'altère pas les mouvements qu'exécute l'iris sous l'action de la lumière; la clinique, elle aussi, corrobore ce résultat

expérimental. Par contre la destruction des tubercules quadrijumeaux antérieurs est suivie d'une dilatation permanente au maximum de la pupille. Cette paralysie de l'iris dépend-elle de la destruction d'un centre réflexe qui, excité par l'impression lumineuse, influence les noyaux d'origine des filets nerveux chargés de l'innervation du sphincter irien? On est en droit de le croire, puisqu'une lésion située plus loin sur les fibres conductrices de l'impression lumineuse reste sans influence sur les mouvements de l'iris. Dans ce cas l'arc réflexe devrait ainsi être compris : rétine, nerf optique , bandelettes optiques, tubercules quadrijumeaux antérieurs, puis fibres d'union avec le noyau du moteur oculaire commun et enfin filets iriens de ce nerf.

D'après certains anatomistes (Bechtereff) les fibres optiques, qui commandent aux mouvements réflexes de la pupille, prendraient leur origine dans la rétine, suivraient le nerf optique et derrière le chiasma pénétreraient dans la substance grise, qui entoure la cavité du troisième ventricule pour se diriger vers les noyaux du moteur oculaire commun, où serait le centre réflexe. Les deux arcs réflexes sont indépendants pour chaque œil, mais il existe entre eux un traitd'union compris suivant toute probabilité dans les fibres commissurales des noyaux d'origine des deux nerfs moteurs oculaires communs.

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