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IV. — RETINJTE SYPHILITIQUE

L& rétinite syphilitique, en tant qu'affection isolée, n'est pas très commune; d'ordinaire il y a chorio-rétinite et dans ce cas c'est presque toujours par la choroïde que débute l'affection.

Symptôme de la syphilis hériditaire ou accident des périodes secondaire ou de transition, la rétinite syphilitique serait favorisée par la faiblesse du sujet, l'alcoolisme, l'âge avancé, les refroidissements, les traumatismes oculaires, l'impression prolongée d'une vive lumière. L'affection d'habitude reste longtemps ou toujours monoculaire.

Gomme symptômes ophtalmoscopiques, on relève d'abord une opacité nuageuse bleuâtre, plombée, irrégulière, mal circonscrite, qui masque la papille et la zone voisine, cache incomplètement l'émergence des vaisseaux rétiniens et se prolonge sur les gros troncs. Les veines, d'abord dilatées, s'atrophient comme les artères, et, parfois seulement, il existe encore des taches apoplectiques presque [toujours veineuses. Au niveau de la macula enfin, existe un pointillé de petites taches grisâtres ou blanchâtres, très irrégulièrement disséminées ; chez quelques malades même, cette lésion existerait seule et se caractériserait par sa durée éphémère et ses récidives fréquentes. Ce serait une rétinite centrale à récidive. On peut aussi observer une rétinite syphilitique sous forme de péri-vasculite, un œdème avec infiltration du tissu accompagnant le vaisseau dans son trajet.

La rétinite syphilitique, en plus de la choroïdite qui souvent l'accompagne, se complique de dégénérescence atrophique de la papille, d'infiltration pigmentaire et d'atrophie de la rétine, d'atrophie de la choroïde, enfin de troubles du corps vitré.

Les symptômes fonctionnels n'offrent rien de caractéristique. On note une diminution de la vision centrale souvent plus prononcée que les lésions ophtalmoscopiques ne sembleraient le comporter; par contre, la vision phériphérique est conservée ou présente seulement quelques lacunes. Le malade se plaint d'avoir devant les yeux un brouillard plus ou moins intense; parfois il accuse de la métamorphopsie et delà micropsie en rapport avec les lésions maculaires, parfois des photopsies causées par la compression des fibres nerveuses ou encore de la photophobie, de la dyschromatopsie. Il confond les couleurs composées et ne reconnaît pas le jaune, le vert et le violet.

Tandis que le diagnostic de la chorio-rétinite syphilitique est relativement facile, celui de la rétinite spécifique est plus délicat par suite de la rareté de cette affection et l'absence de signe pathognomonique.

Par contre la connaissance des antécédents spéciaux du sujet, la coexistence d'autres manifestations syphilitiques, en particulier oculaires (choroïdite, iritis, périnévrite, paralysie musculaire), décèleront la nature du mal.

Les règles du traitement ne sont autres que celles posées à propos de la chorio-rétinite syphilitique.

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