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VI. — RETINITE SEREUSE

La rétinite séreuse, comme les autres variétés de rétinite, dont il va être question, constitue moins une entité clinique qu'un complexus de lésions anatomiques, qui se rencontre dans diverses affections rétiniennes primitives ou consécutives à des maladies de la choroïde.

Encore appelée œdème rétinien, la rétinite séreuse se différencie cependant du simple œdème rétinien, parce que, en plus des infiltralions œdémateuses, on constate une tendance de la membrane à subir la dégénérescence cystoïde.

Particulière aux personnes âgées, chez lesquelles elle traduirait simplement une transformation régressive normale du fait de la sénilité, cette affection, rare chez l'enfant et l'adulte, serait alors morbide. Elle est dans ce cas le plus souvent le fait d'une anémie profonde. On l'a observé chez les marins à la suite de privations prolongées.

Tout d'abord il se forme dans la couche granuleuse externe de petites cavités à contenu colloïde par simple écarlement des fibres de support et des grains. Ces derniers étant refoulés peu à peu vers les surfaces de la rétine, les parois kystiques finissent par ne plus présenter que des fibres groupées en faisceaux, qui s'atrophient à mesure que le kyste se développe. Or, comme la couche granuleuse interne subit la même dégénérescence cystoïde, il arrive que la fusion se produit entre les cavités d'une même couche et celles de l'autre couche granuleuse malade. Par suite, sur une coupe microscopique dans l'épaisseur de la membrane, on voit deux séries de cavités juxtaposées et superposées de manière à représenter les deux étages d'un viaduc. Quant aux autres

éléments rétiniens après être restés longtemps intacts ils finissent par s'altérer. En particulier dans les cas de kystes volumineux, la paroi en rapport avec la choroïde est mince, formée de fibres radiées et de quelques grains; la paroi sous-jacente au vitré est vasculaire et constituée par les couches rétiniennes internes, atrophiées et sclérosées. L'intérieur -du kyste est tapissé par des cellules aplaties et son contenu séreux, colloïde, peut renfermer des cristaux de cholestérine et des globes cal- •caires.

Comme cette affection se développe de préférence dans la région équatoriale, son influence sur la vision est peu marquée; lorsqu'elle envahit le pôle postérieur, de l'amblyopie, un nuage grisâtre, des scotomes peuvent être accusés par les malades. Alors aussi on constatera parfois •que les contours de la papille sont peu nets, que la rétine est épaissie ^t ses vaisseaux flous par places ; dans quelques cas même des kystes volumineux ont été pris pour de véritables tumeurs rétiniennes ou choroïdiennes.

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