‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 243 sur 443 · VII. — RÉTINITE PARENCHYMATEUSE · texte numérisé non relu

VII. — RÉTINITE PARENCHYMATEUSE

L'hyperplasie du tissu conjonctif de la rétine aboutit à la destruction par compression des éléments nerveux et à la dégénérescence graisseuse ou à l'atrophie des éléments de nouvelle formation; finalement la rétine •est atrophiée, amincie, parcourue par quelques rares vaisseaux. Telle est en résumé la rétinite parenchymateuse, qui, suivant l'étendue des parties malades, est dite diffuse, péri-vasculaire ou circonscrite.

Diffuse, tantôt l'affection intéresserait les couches internes de la rétine, c'est-à-dire les couches des fibres nerveuses et des cellules multipolaires, puis gagnerait ultérieurement les parties plus superficielles; tantôt, au •contraire, lescouches voisines de la choroïde et cette membrane seraient •plus particulièrement atteintes. Dans le premier cas, l'infiltration lymphoïde, accompagnée ou suivie de l'hypertrophie du tissu cellulaire interstitiel, entraîne la formation de nombreuses fibrilles de tissu cellulaire, qui courent parallèlement aux fibres nerveuses ou épaississent la membrane adventice des vaisseaux. De là, par sclérose, l'atrophie des éléments nerveux et la réduction de calibre des vaisseaux. Si la lésion intéresse la couche granuleuse externe, on y constate une hypergenèse du tissu cellulaire, puis les grains disparaissent par dégénérescence graisseuse ou colloïde. Alors aussi la choroïde est altérée ainsi que la couche pigmentaire de la rétine.

Cette rétinite diffuse s'observe souvent avec l'irido-choroïdite et la chorio-cyclite, ce qui explique qu'elle débute d'ordinaire vers la périphérie de la rétine et qu'elle est fréquemment masquée par un défaut de transparence du corps vitré.

AFFECTIONS INFLAMMATOIRES im

Quand les milieux sont transparents, et que l'affection s'est propagée vers le pôle postérieur, Pexamen ophtalmoscopique laisse apercevoir des plaques jaunâtres, irrégulières, légèrement saillantes, disposées en stries ou rayons quand les lésions occupent la couche des fibres optiques, n'offrant nullement cet aspect si les altérations siègent près de la choroïde. Suivant encore la profondeur des couches rétiniennes malades, les vaisseaux centraux passent au-dessus ou au-dessous de ces taches, et sur leur trajet se voient assez souvent des ecchymoses striées. La papille est œdémateuse et ses contours peu nets.

Péri-vasculaire, la rétinite parenchymateuse consiste surtout en une prolifération nucléaire exagérée de la tunique adventice des vaisseaux rétiniens. Les noyaux ovalaires ou arrondis sont entourés d'un lacis flbrillaire très fin, disposé en couches concentriques (4 à 12). Plus accusée sur les artères que sur les veines, à peine marquée sur les capillaires, la lésion des vaisseaux échappe à l'examen ophtalmoscopique ou bien les vaisseaux rétiniens ressemblent à des cordons blanchâtres, dont quelques-uns encore perméables présentent une strie centrale rouge.

Enfin, rarement circonscrite, la lésion peut se localiser à la macula ou au pourtour de la papille. Dans ce dernier cas, il y aurait hyperplasie conjonctive et œdème des couches rétiniennes externes; la papille est alors tuméfiée, ses vaisseaux sont turgescents et l'aspect ophtalmoscopique rappelle celui de la névrite par stase. Au niveau de la macula la rétinite se traduit par l'hypertrophie du tissu cellulaire des couches granuleuses de cette région, puis par l'atrophie des éléments nerveux. À l'ophtalmoscope, on constaterait sur la macula une plaque jaune, bleu verdâtre, arrondie, mesurant un diamètre papillaire, saillante et entourée d'un trouble nuageux. Ultérieurement à la période d'atrophie, la plaque maculaire serait grise ou jaunâtre et parsemée d'un pointillé blanchâtre avec quelques taches pigmentaires.

Sauf peut-être dans cette dernière variété, les symptômes propres de la rétine parenchymateuse sont difficiles à préciser. Lorsqu'il y a rétinite maculaire, l'attention du malade est attirée par l'apparition brusque d'un scotome central, qui disparaît en quelques jours, pour se reformer après plusieurs semaines ; puis peu à peu la vision centrale baisse, altérée encore par de la micropsie ou delamétamorphopsie. Dans les autres variétés les troubles fonctionnels sont fort inconstants et paraissent dépendre des affections des autres membranes de l'œil.

La rétinite parenchymateuse souvent, en effet, est consécutive à des altérations primitives de l'iris, du cercle ciliaire ou de la choroïde ; dans certains cas, elle serait une manifestation d'une maladie générale comme la syphilis ou d'une affection cardio-vasculaire. f

La thérapeutique se ressent du peu de précision des données étiologiques. Onprescritbien le port de lunettes fumées et le repos de l'œil ; dans

quelques cas on tire profit des émissions sanguines locales, des dérivatifs cutanés et intestinaux, enfin on institue le traitement spécifique quand on soupçonne la syphilis; mais les résultats thérapeutiques sont loin d'être toujours satisfaisants.

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