IV. — FIBROMES. - FIBRO-NÉVRÔMES
Sous le nom de fibrome on désigne de petites tumeurs nettement circonscrites, de configuration variable, très résistantes, développées sans inflammation préalable, dans le tissu cellulaire de la couche dermique. Loin d'êtres saillantes, elles siègent dans la couche profonde de la peau et affectent plus spécialement de se développer aux dépens de la gaine des nerfs, d'où le nom de fibro-névrômes. Elles sont très douloureuses au toucher.
Elles ont une tendance à prendre un développement exagéré ; ce n'est que dans ces cas que nous devons intervenir par leur ablation qui présente quelques difficultés à cause de leur adhérence parfois étendue à la peau.
Y. - XANTHÉLASMA
Cette affection est caractérisée par l'apparition de taches jaunes argileuses, de forme ovalaire, avec bords irréguliers, au niveau du ligament palpébral interne. Leur surface est d'ordinaire plissée, ridée. D'autres fois l'on constate plusieurs petits points jaunâtres, qui en se développant, se réunissent les uns aux autres pour former une plaque qui peu à peu s'élargit.
Le plus communément, c'est sur les deux paupières supérieures que ces taches se montrent à la fois, mais il n'est pas rare de les observer sur les paupières inférieures et dans des points symétriques. Leur marche plus ou moins rapide d'un côté ou de l'autre leur donne simplement une différence d'étendue.
Les opinions ont varié sur leur anatomie pathologique. Il est incontestable qu'il s'agit là d'une dégénérescence du tissu cellulaire hypertrophié et non d'une altération des glandes sébacées. Les recherches de Poncet ont démontré que les phénomènes principaux se passent dans la gaine des vaisseaux. En effet, notre confrère a trouvé les vaisseaux
entourés de bandelettes de tissu conjonclif, séparés irrégulièrement les uns des autres par de gros éléments nouveaux, larges cellules pathognomoniques de la maladie, contenant souvent plusieurs noyaux isolés, à nucléoles multiples, au milieu de molécules d'une matière graisseuse spéciale au xanthélasma. A côté de ces cellules géantes il est possible de rencontrer tous les intermédiaires qui conduisent de la prolifération simple de l'endothélium du tissu cellulaire à l'altération la plus avancée. Jtfais la surcharge graisseuse ne s'accompagne pas de l'état régressif de l'élément entier, puisque les noyaux sont en voie de multiplication.
Par compression les glandes sébacées peuvent s'oblitérer et prendre à leur tour part au processus.
On a longuement discuté sur l'étiologie du xanthélasma. D'aucuns ont voulu y trouver la conséquence d'une affection organique et lui ont attribué des relations avec les altérations hépatiques. Si le hasard a voulu parfois faire rencontrer ces deux affections sur le même individu, il ne s'ensuit pas qu'il y ait là des rapports de cause à effet. Le plus communément on ne trouve aucun trouble hépatique chez les personnes qui portent des plaques de xanthélasma.
La disposition symétrique que les plaques offrent sur les paupières semble plutôt prouver son origine nerveuse d'ordre trophique.
On voit plus souvent le xanthélasma chez la femme que chez l'homme, et presque jamais, quand on l'observe aux paupières, on n'en rencontre sur les autres parties du corps.
Gomme le xanthélasma a une marche relativement très lente et qu'il n'a que l'inconvénient de déparer les individus, il est tout naturel de le respecter. Si cependant les malades réclament une intervention, on peut pratiquer l'excision des plaques et placer ensuite plusieurs points de suture pour rapprocher les bords de la plaie, ou l'on fait une blépharoplastie si on la juge nécessaire. Mais il n'est pas démontré que cette opération mette à l'abri de la récidive du xanthélasma.