III. — LYMPHANGIÔME DES PAUPIÈRES
Le lymphangiôme des paupières est une affection très rare ; Launelongue et Ménard en rapportent neuf observations. Dans quelques-unes l'origine congénitale a pu être établie et dans trois cas on a invoqué un traumatisme accidentel ou chirurgical.
Au microscope on trouve dans le tissu morbide des espaces de forme irrégulière assez analogues à ceux de l'angiome caverneux ; ils sont vides ou remplis par des coagula fibrineux contenant des globules blancs ou un mélange de globules rouges et de leucocytes. Ces espaces sont creusés dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les intervalles interfasciculaires des muscles palpébraux. Le tissu conjonctif est en même temps sclérosé, épaissi, il peut présenter en certains points des amas de cellules grises.
Si l'affection est peu étendue, limitée, on trouve sur le bord libre des paupières, près de l'angle interne, de petites grosseurs du volume d'un pois, à surface lisse, de couleur blanc rougeàtre, dont le contenu est un liquide transparent analogue à la lymphe.
Si la totalité des paupières est envahie, on a des paupières volumineuses, flasques, pendantes, analogues aux paupières œdémateuses,
mais avec un empâtement manifeste. La peau n'est pas modifiée dans sa coloration, elle est lisse, épaissie, ses plis orbitaires sont effacés.
Le volume de l'éléphantiasis peut être si considérable que l'ouverture palpébrale en est obstruée.
Pendant toute la durée de son évolution, la région, soit spontanément soit à la pression, n'est le siège d'aucune douleur.
On a essayé (Broca) dans ces cas, mais sans succès, les injections de teinture d'iode. Le mieux est, quand le volume des paupières devient gênant pour la vue, d'enlever tout ou partie de ces tumeurs.