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D'après Mauthner, le grossissement de l'image droite et virtuelle, donnée par un œil emmétrope, résulte du grossissement, fourni par la lentille oculaire, de l'image rétinienne formée sur la rétine de l'observateur.

Fig. 267.

Un objet A B (fig. 267), vu par un œil emmétrope à la distance d'observation ordinaire (215 millimètres) forme sur la rétine de l'observateur une image réelle et renversée A' B', dont la grandeur par rapport à l'objet A B est fournie par la formule -^\ = ^g = ~*5. L'image de l'objet sur la rétine de l'œil emmétrope dans les conditions précédentes est donc quatorze fois plus petite que l'objet lui-même. Réciproquement, l'image A' B' peinte sur la rétine est perçue quatorze fois plus grande qu'elle ne l'est en réalité. Or, dans l'examen d'un œil emmétrope par un œil emmétrope, la rétine de l'examiné se peint sur la rétine de l'observateur avec ses dimensions naturelles; par suite, projetée à 215 millimètres, distance de la vision ordinaire pour Mauthner, elle sera vue quatorze fois plus grande qu'elle ne l'est en réalité. Dans cette explication, en remplaçant le nombre 215 par 300, comme distance de la vision ordinaire, on arriverait au grossissement de 20 diamètres précédemment indiqué.

t Sans prendre parti pour l'une ou l'autre de ces explications, nous dirons que l'image virtuelle est perçue comme si elle occupait le plan du fond de l'œil éclairé. Le grossissement est considérable et l'image d'autant plus nette que l'observateur se rapproche davantage de l'œil en examen. » (Chauvel.)

Les rayons divergents sortis d'un œil hypermétrope possèdent une direction telle qu'ils semblent émaner non de la rétine, mais d'une image virtuelle et droite de cette membrane, image située en arrière d'elle et d'autant plus petite que l'hypermétropie est plus prononcée (Bg. 263). Ces rayons tombant en divergence dans Pœil de l'observateur emmétrope, celui-ci ne peut les réunir sur sa rétine que s'il accommode. '

Comme cette accommodation est instinctive sous l'influence de la

sollicitation lumineuse de la rétine, l'observateur perçoit une image droite et nette du fond de l'œil éclairé, pourvu toutefois que son pouvoir accommodateur soit suffisant. Il faut en effet que l'excès de réfringence, que procure à son œil l'accommodation, suffise à corriger la divergence que donne aux rayons lumineux le déficit de réfraction de l'œil examiné. Sur la figure 268 qui le démontre, on peut se rendre

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compte que la lentille d'accommodation de l'observateur doit précisément avoir son foyer au remotum de l'œil hypermétrope. Par suite, moins puissant sera son pouvoir accommodateur, plus l'observateur devra se tenir éloigné du sujet.

L'observateur perçoit donc l'image virtuelle et droite de la rétine qu'il éclaire, image qui lui paraît occuper le plan de la rétine du sujet, image qui est d'autant plus petite que l'hypermétropie est plus forte.

Image rétinienne droite. — L'observateur emmétrope perçoit, a-t-il été dit précédemment, une image virtuelle et droite du fond de l'œil emmétrope ou hypermétrope, qu'il examine, et cette image lui semble située au niveau du plan de la rétine observée. Très grande dans l'emmétropie, elle diminue au fur et à mesure que l'hypermétropie augmente. Or cette image possède un caractère qui permet de suite de la reconnaître et de la distinguer de l'image rétinienne renversée fournie par l'œil myope. Elle parait se déplacer dans le même sens que la tête.

Si, fixant dans l'image, qu'il aperçoit, un vaisseau rétinien, par exemple, l'observateur incline légèrement la tête à droite, puis à gauche, il voit le vaisseau se déplacer dans le même sens que sa propre tête. On se représente très bien ce phénomène en circonscrivant avec le pouce et l'index de la main gauche un orifice arrondi qui simule l'orifice pupillaire de l'examiné. Derrière cet orifice, l'on place l'index droit tenu verticalement et représentant l'image d'un vaisseau rétinien. Alors, placé devant ses doigts comme devant l'œil examiné, l'observateur incline la tèted'abordà droite et il voit son index droit venirse cacher derrière le bord latéral droit (par rapport à lui) de la soi-disant pupille ; puis le

mouvement à gauche de la tête amène ce même index derrière le bord pupillaire gauche.

Soit (fig. 269) l'image virtuelle du fond de l'œil, l'iris avec l'orifice pupillaire, o et o' les deux positions successives de l'œil armé du miroir. Placé en o, l'observateur éclaire le cercle a b, puis, peu à peu, le mouvement d'inclinaison de sa tête porte le miroir en o' et par suite le disque éclairé s'est porté progressivement en a' b'. Si au centre a' V a b

de a b existe un point de repère (1), < < i

un tronçon de vaisseau rétinien, qui reste fixe, le point b, limite

de l'ombre et du disque éclairé, ^^my/MWM mmmmtm

s'en est rapproché progressivement puis l'a dépassé. Or, pour l'observateur qui vise le point de repère, son rapprochement du point b se traduit non par un dé- p placement de b mais par un déplacement en sens inverse du repère.

Cette illusion n'est-elle pas com- v **

parable à celle éprouvé par le ^ 269#

voyageur qui, de son vagon en

marche, voit défiler sous ses yeux les arbres, les maisons qui bordent la voie ? Mieux encore cette illusion est parfois mise à profit sur la scène. Ici les décors, qui en forment le fond, se déplacent, en sens inverse du mouvement que les spectateurs attribuent, par exemple, à un bateau qui, quoique immobile, leur semble voguer sur un fleuve.

Les rayons qui émanent d'un œil myope doivent être étudiés suivant qu'ils proviennent d'un œil plus ou moins myope.

L'observateur emmétrope se tient à 50 centimètres d'un œil dont la myopie est inférieure à 2 dioptries, il se trouve donc en deçà du remotum de cet œil et par suite dans son œil arrivent les rayons convergents émanés de la rétine de l'œil myope. Gomme l'observateur ne possède pas d'accommodation négative, il ne peut réunir ces rayons sur sa rétine et par suite, sur cette membrane, se peint une série de cercles de diffusion qui y tracent une image diffuse de la rétine de l'œil myope, image peinte renversée et par suite vue droite. Un effort accommodatif de l'observateur ne peut qu'exagérer la confusion de l'image, en élargissant les cercles de diffusion. Cette conception confuse d'une image droite de la rétine existe même lorsqu'un observateur, en présence d'un œil fortement myope, s'en approche assez près pour réunir directement les rayons convergents qui émanent de cet œil.

Toujours placé à 80 centimètres devant un sujet myope de 2,5 diop-

-TrXZp,

tries, par exemple, l'observateur emmétrope se trouve maintenant avoir à 10 centimètres devant lui le remotum distant de 40 centimètres de l'œil qu'il examine, et en ce point existe une image réelle et renversée de la rétine éclairée (fig. 270). Or, cette image peut de son côté se trouver, suivant les observateurs, différemment placée par rapport à leur

Ac E

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Pi p^L

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Fig. 270.

proximum, située au delà ou coïncidant avec celui-ci (fig. 270), autrement placée en deçà (fig. 271) de lui.

Si l'image est située en P', entre le proximum et l'œil de l'observateur, les rayons qui en émanent sont trop divergents pour venir former leur foyer sur la rétine d'où comme image du point A', par exemple, un cercle de diffusion. Donc, l'observateur ne pourra percevoir autre chose qu'une image confuse agrandie et renversée du fond de l'œil qu'il examine (fig. 271).

Ac E

Autrement, l'image réelle et renversée de l'œil myope examiné se trouve au proximum de l'observateur ou au delà de lui ; alors les rayons divergents qu'elle émet viendront, grâce à l'accommodation, se concentrer sur la rétine de l'observateur et y dessiner une image nette de l'image rétinienne réelle de l'observé, laquelle est en réalité l'objet regardé par l'observateur (fig. 270).

Image rétinienne renversée. — L'image réelle et renversée de la rétine du myope sera caractérisée par ce fait qu'elle semble à Vobservateur se déplacer en sens inverse des mouvements de latéralité qu'il

imprime à sa tête. Il incline la tête à droite, l'image se porte à gauche et vice versa. On peut répéter encore avec profit la petite expérience, dont il a été parlé à propos du déplacement de l'image rétinienne des yeux emmétrope et hypermétrope. Avec l'index et le pouce gauches simuler l'orifice pupillaire, placer cette fois entre celui-ci et l'œil de l'observateur l'index droit (représentant l'image extériorisée de la rétine du myope) tenu verticalement et incliner alternativement la tête à droite et à gauche; l'on voit alors l'index se projeter tour à tour sur le bord gauche (par rapport à l'observateur), puis sur

le bord droit du soi-disant orifice pupillaire , d'où un déplacement apparent inverse de celui imprimé à la tête. JtYMY/mwm mmmmm\

Dans la figure 272 o et o' représentent les deux positions succes-

sivesde l'œil de l'observateur, ab -jmi^—ym&

et a'b\ les deux cercles d'éclai- a £ * *

rage rétiniens aux deux moments extrêmes de l'oscillation de la lête. En répétant ce qui a déjà été dit à propos de la figure 269 * "*

relative au déplacement apparent Fig- 272.

de l'image rétinienne des yeux

emmétrope et hypermétrope, on comprend que dans la myopie faible, inférieure à 2 dioptries, l'observateur voit l'image virtuelle des vaisseaux rétiniens se déplacer dans le même sens que sa tête. Mais quand l'amétropie atteint ou dépasse 2 dioptries, l'observateur perçoit une image réelle et renversée du fond de l'œil, soit, aux deux positions extrêmes, successivement a (i et a £', par suite le mouvement, qui tout à l'heure était de sens direct, lui semblera se produire en sens inverse. Vimage rétinienne du fond de l'œil myope lui paraîtra se déplacer en sens inverse du mouvement qu'il imprime à sa tête.

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