IMAGE RÉTINIENNE
L'observateur est emmétrope, ou par l'apposition d'un verre convenable derrière le trou central de son réflecteur il a corrigé son amétropie; de plus, il possède une amplitude d'accommodation normale pour son âge, et il connaît son proxiraum après correction de son vice de réfraction statique. Dans ces conditions, l'œil observateur ne peut réunir sur sa rétine que des rayons parallèles quand il est au repos, des rayons divergents quand il accommode. De l'infini à son proximum, tous les objets de grandeur suffisante sont susceptibles d'être perçus nettement. En deçà de son proximum, les objets suffisamment éclairés apparaissent flous, et de même ceux qui lui envoient des rayons convergents ; ceux qui peuvent être considérés comme se trouvant au delà de son remotum, deviennent d'abord confus, puis leurs contours finissent par s'effacer.
L'œil observé doit être à l'état de repos. L'atropinisation, parfois, est indiquée pour obtenir cet état, en particulier lorsqu'il y a spasme de l'accommodation; mais d'ordinaire, il suffit que le sujet laisse le regard vague et dirigé au loin, c'est-à-dire, dans la pratique, vers un ^>oint distant de S mètres environ. Autrement l'observateur s'approche assez près de l'observé pour que son miroir se trouve en deçà du proximum de ce dernier, ce qui, de règle, amène également la détente de l'accommodation dans les deux yeux en présence.
Peu importe, pour le moment, la marche des rayons lumineux qui, du , miroir ophtalmoscopique, vont éclairer la rétine; ce qui est intéressant, c'est d'étudier comment les rayons réfléchis par la portion éclairée de la rétine traversent l'appareil dioptrique de l'œil en examen, comment ils,
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arrivent jusqu'à la rétine de l'observateur, enfin comment ils permettent à ce dernier d'apprécier l'état de réfraction de l'œil examiné.
La marche des rayons extériorés de l'œil en examen varie suivant que cet œil est emmétrope, hypermétrope ou myope.
De Vœil emmétrope émanent des rayons parallèles. Sur chaque point de la rétine éclairée se réfléchit un faisceau de rayons lumineux qui, au sortir de l'œil, sont parallèles à l'axe sur lequel le point est placé (fig. 261).
Fig. 261.
De Vœil hypermétrope sortent des rayons divergents; de chaque point de sa rétine part, en effet, un faisceau lumineux qui, au delà de l'appareil dioptrique, diverge par rapport à l'axe du point d'où il émane. La divergence de ces rayons est telle qu'ils iraient se réunir derrière l'œil sur le plan focal principal de la lentille, qui traduit le déficit de réfraction, aux divers foyers conjugués qui correspondent à leurs points
de réflexion rétinienne (fig. 262). Ils sortent donc de l'œil comme s'ils partaient non de la flèche A B placée sur la rétine, mais de la flèche virtuelle A' B'. Cette dernière se trouve d'autant plus éloignée derrière l'œil hypermétrope que son hypermétropie est plus faible et par là même d'autant plus grande. Dans la figure 263, on suppose que la lentille biconcave possède successivement une hypermétropie de degré différent. Tout d'abord, elle fait diverger le rayon émané de B et lui donne une direction telle que, prolongé, il couperait l'axe en B' — l'image virtuelle est A' B'. Puis la lentille devient moins divergente, son foyer
principal postérieur est reporté en A", elle ne donne plus au même rayon qu'une divergence telle que son prolongement aboutit en B% l'image virtuelle devient A" B" plus grande que A' B'. L'image grandit à mesure que l'amétropie diminue.
Fig. 263.
Si Vœil est myope, les rayons qui s'en échappent sont convergents et ils vont former en avant de l'œil, dans le plan focal principal de la lentille qui traduit l'excès de réfraction de l'œil, une image réelle et renversée de la rétine éclairée, image qui sera d'autant plus petite que la myopie sera plus forte. La figure 264 en rend compte.
Fig. 264.
En résumé, de l'œil emmétrope sortent des rayons parallèles que l'on peut considérer comme venant d'une image de la rétine placée à l'infini, et par suite infiniment grande. De l'œil hypermétrope émergent des rayons divergents qui semblent partir non de la rétine, mais d'une image virtuelle et droite, placée derrière l'œil et d'autant plus petite que l'hypermétropie est plus forte. Enfin, l'œil myope fournit des rayons sortant en convergence, qui forment quelque part en avant de cet œil une image réelle et renversée de sa rétine, image d'autant plus petite aussi, que l'amétropie est plus prononcée. Ce sont ces rayons qui vont pénétrer dans l'œil de l'observateur.
Les rayons parallèles sortis d'un œil emmétrope pénètrent dans l'œil emmétrope et au repos de l'observateur, se réunissent sur sa rétine et y forment une image renversée, de même grandeur que la surface éclairée qui les a réfléchies (Gg. 265). L'observateur reportant l'image sur la direction de lu normale au point de la rétine impressionnée, verra
le point À' quelque part dans la direction À' À, le point B' de même quelque part dans la direction B' B". Or, il est difficile de préciser le point où, au juger, l'observateur placera l'image A" B". Il est à remarquer que peu importe la dislance qui sépare les deux yeux; quelle qu'elle soit, l'image A' B* peinte sur la rétine de l'observateur sera toujours égale à A B. Les deux triangles A 0 B et A' 0' B' restent en effet toujours égaux, les côtés A o et B o restent respectivement égaux
Fig.265.
à A' o' et B' o' et de plus les deux droites B o et B* o\ conservant leur parallélisme, les angles A o B et B' o B* restent égaux comme alternes externes par rapport aux deux parallèles o B eto 'B' et à la sécante A A'. La rétine de l'œil emmétrope observé se peignant sur la rétine de l'emmétrope observateur avec ses dimensions normales, il semblerait rationnel qu'on la vît avec les dimensions qu'elle présente lorsque la membrane est vue directement, après amputation du segment antérieur de l'œil et évacuation de l'humeur vitrée. Or il n'en est rien, limage réti-
Fig. 266.
nienne est grossie; d'après Landolt elle serait amplifiée de 20 diamètres, si l'on admet que la longueur focale postérieure de l'appareil dioptrique de l'œil emmétrope est de 15 millimètres et que l'image virtuelle A" B" (fig. 266) est projetée à la distance ordinaire de la vision distincte, soit 30 centimètres ou 300 millimètres.
Soit a' b' l'image de a b et a" b" l'image projetée à 300 millimètres. Dans les deux triangles semblables a' o' b' et a" o' b", les deux côtés a' b'
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et a" b" sont entre eux comme les côtés o' V et o' b" ou *"-£,* = °^ Jj, =x