‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 273 sur 443 · K TI · texte numérisé non relu

K TI

Ac. "E

Fig. 273.

Un observateur myope par contre peut mesurer l'hypermétropie d'un sujet dont le déficit de réfraction est supérieur à son propre excès de réfraction.

Placé près de l'œil qu'il examine robservateurmyope,dontleremotum se trouve au delà du remotum de cet œil hypermétrope, fait un effort d'accommodation et perçoit nettement l'image rétinienne droite (fig. 274). Peu à peu il s'éloigne de l'observé et par là même diminue son effort d'accommodation, lequel devient nul quand il y a fusion du remotum de

Fig. 274.

l'observé et de l'observateur (Qg. 275). A ce moment ce dernier perçoit toujours une image rétinienne nette; mais s'il s'éloigne encore, son remotum passe en deçà du remotum de l'hypermétrope. Les rayons, qui émanent de ce point, ne peuvent plus former leur foyer sur sa rétine, la netteté de l'image disparait. Avec un peu d'habitude l'observateur myope arrive à préciser le moment où l'image cesse d'être nette quand il s'éloigne de l'œil examiné, c'est-à-dire le moment où son remotum est superposé à celui de l'observé. Il mesure alors la distance qui sépare son apophyse orbitaire externe (considérée comme située à hauteur du centre optique de son œil) de l'apophyse orbitaire externe du sujet en

examen, et en retranchant cette longueur (1) de la longueur (2) de son remotum il obtient la mesure du remotum cherché (3) (fîg. 275).

Théoriquement un observateur emmétrope ou hypermétrope pourrait se rendre myope en encastrant une lentille convexe^ derrière le

Fig. 275.

trou central de son réflecteur et se trouver ainsi en état de mesurer l'hypermétropie au moyen de son remotum artiGciel. Dans la pratique, ce mode d'examen ne donne pas de bons résultats parce que l'accommodation de l'observateur, sollicitée par la vision de près à entrer en jeu, modiûe l'excès de réfraction qu'il s'est donné et par là même déplace d'une quantité inconnue le punclum remotum artificiel.

Tout observateur emmétrope, hypermétrope ou myope, qui connaît la longueur de son proximum, peut mesurer la myopie d'un œil dont il perçoit l'image rétinienne réelle et renversée. Ce procédé est donc applicable à tous les degrés de myopie, sauf les plus faibles 1,25 dioptries et au-dessous; dans ces cas, en effet, l'image rétinienne se forme trop loin de l'œil myope pour que l'observateur puisse suffisamment en constater les changements de netteté.

Ac. E

Fig. 276.

Avec un peu d'habitude l'observateur arrive facilement à préciser le moment où l'image cesse d'être nette quand il continue à s'en rapprocher, où elle le redevient quand il s'en éloigne. Alors, il y a fusion de son proximum et du remotum de l'observé (lig. 276). De la distance qui sépare son apophyse orbitaire externe de celle de l'observé (1), il

retranche la longeur de son proximum (2) et obtient ainsi la longueur du remotum cherché (3). Soit 10 centimètres la longueur du proximum de l'observateur, 43 centimètres la distance trouvée entre les deux apophyses orbitaires externes, 33 centimètres sera la longueur du remotum cherché et par suite ^ ou 3 dioptries la mesure de la myopie.

En plus de la possibilité de mesurer la myopie par son proximum, un observateur myope possède encore la faculté d'arriver au môme résultat en utilisant son remotum. A cet effet, quand il perçoit nettement l'imaige rétinienne réelle de l'œil examiné il s'en éloigne jusqu'à ce que son remotum coïncide avec la position qu'elle occupe, c'est-à-dire avec le remotum de l'observé. Il est prévenu de la fusion des deux remotum parce que la netteté de l'image diminue s'il continue à s'en éloigner. Alors l'écart des deux apophyses orbitaires externes (1) diminué de la longueur du remotum de l'observateur (2) donne le remotum cherché (3) (fig. 277).

Fi£. 277.

Ce procédé est surtout utilisable pour les myopes de 4 dioptries ou plus, qui ont leur remotum à 25 centimètres ou encore plus près de leur œil. Un myope plus faible, de 2 dioptries par exemple, devrait se tenir à 50 centimètres de l'image rétinienne pour lui superposer son remotum. Alors pour peu que cette image soit un peu éloignée de l'œil de l'observé, c'est-à-dire pour peu que la myopie cherchée soit faible, la distance entre le miroir et l'œil éclairé serait trop grande pour que l'éclairage en fût suffisant, et la distance entre l'observateur et l'image regardée trop considérable pour que son degré de netteté fût facile à apprécier.

En raison même de la fixité du remotum de l'observateur myope, ce procédé donne des résultats plus exacts que la mensuration par lé proximum, dont la position est sujette à varier avec les conditions diverses qui influencent l'accommodation de l'observateur. Un emmétrope ou un hypermétrope, surtout s'il ne possède pas un pouvoir accommodateur suffisant, aura avantage à se donner un remotum factice avec des verres convexes de plus en plus forts jusqu'à 10 dioptries.

Un observateur hypermétrope arrivera également à mesurer la myo-

pie d'un sujet dont l'amélropie est inférieure à son hypermétropie. Il lui suffît de s'approcher assez de l'œil observé pour que les rayons convergents, qui en émanent, prennent la direction de son remotum; autrement dire, il lui faut fusionner son remotum avec celui de l'observé. Placé d'abord au delà du remotum du myope qu'il examine, l'hypermétrope en mesure l'amélropie, comme il a été dit, premièrement avec

je n

Fig. 278.

son proximum, puis il vient se placer tout contre l'œil observé. Alors grâce à son accommodation il donne au rayon convergent sorti de l'œil myope une direction telle que, prolongé, il aboutirait à son propre remotum, par suite il voit nettement une image droite du fond de cet œil myope. S'il s'éloigne progressivement, il relâche «n même temps son accommodation et, finalement, il se trouve dans la position indiquée par la figure 278, c'est-à-dire que son remotum coïncide avec celui du myope, il a encore une vision nette du fond oculaire ; mais, s'il continue à s'éloigner, celte image devient floue, parce que le rayon émané

Fig. 279.

de l'œil myope, tombant convergent, ne peut être ramené au parallélisme par la lentille hypermétrope et, par suite, il coupe l'axe antéropostérieur de l'œil en avant de la rétine, d'où une image floue (fig. 279). (En continuant à s'éloigner, l'hypermétrope percevrait à nouveau l'image réelle renversée du fond de l'œil myope.)

Ayant donc précisé le point le plus éloigné où l'image droite du fond de l'œil myope lui semble nette, l'observateur mesure la distance qui sépare son œil de celui de l'observé (1) et, à cette longueur, ajoute celle de son remotum (2), il a alors la longueur du remotum de l'œil myope examiné (3) (fig. 278).

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