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III. — Examen avec Tophtalmoscope

L'examen ophtalmoscopique du fond de Tœil permet de saisir Taspect des membranes profondes saines ou altérées, il fournit aussi quelques renseignements sur l'état dioptrique de l'appareil de réfraction oculaire.

Un miroir réflecteur concave à long foyer (22 à 33 centimètres) plus rarement un miroir plan qui donne un éclairage moins intense, deux larges lentilles convexes, Tune de 10, l'autre de 20 dioptries, deux autres convexes de 3 et 4 dioptries, montées sur une roue mobile de façon à être présentées suivant les cas derrière le trou du miroir, tel est l'appareil nécessaire pour cet examen.

Assis à 50 centimètres environ de l'examiné qui dirige son regard au loin un peu en haut et en dedans, l'observateur regarde Tœil à travers le trou du miroir.

De la main restée libre il place la lentille de 10 ou de 20 dioptries en avant de la pupille éclairée, faisant coïncider son axe principal avec Taxe du cône éclairant et la tenant à une distance de Tœil à peu près

égale à sa longueur focale. Il convient, en effet, que la cornée et l'iris se trouvent à peu de chose près au foyer postérieur de la lentille, afin que leur image ne soit pas gênante pour l'observateur. Dans cette situation la lentille concentre les rayons déjà convergents émanés du miroir en un point d'où ils divergent pour aller, après réfraction par les milieux oculaires, former sur la rétine un large cercle d'éclairement (fig. 297).

Fig. 297.

Cette portion éclairée du fond de l'œil va à son tour réfléchir la lumière et fournir des rayons qui, après leur sortie de l'œil, iront impressionner la rétine de l'observateur. Il importe toutefois que ce dernier sache faire abstraction des images accessoires que peuvent lui fournir l'iris ou la «ornée de l'œil examiné ; en particulier aussi on doit négliger les deux images blanches, éclatantes, rapelissées, que donnent du miroir réflecteur les surfaces de la lentille.

Fig. 298.

L'examiné est emmétrope, alors les rayons réfléchis par sa rétine éclairée sortent de son œil en parallélisme, tombent parallèles sur la lentille et vont former au foyer de cette dernière une image réelle et renversée (fig. 298). C'est cette image située entre la lentille et son miroir que l'observateur doit chercher à voir.

L'examiné est myope; les rayons émanés de son œil tombent en convergence sur la lentille, qui les concentre par suite en deçà de son foyer principal (F) et, comme il ressort de la figure 299, l'image A' F, réelle et renversée, obtenue est plus petite que celle qui eût été fournie par un œil emmétrope et cette image A' B' sera d'autant plus petite qu'elle

sera fournie par un œil plus myope, étant donné que plus l'œil est myope plus les rayons qui en sortent sont convergents par rapport à la lentille et plus près de celle-ci se forme l'image.

Fig. 299.

Enfin Ton a affaire à un examiné hypermétrope, dont l'œil envoie sur la lentille des rayons divergents. Comme cette lentille mesure 20 dioptries elle suffit pour rendre convergents ces rayons et les concentre en une image A' B' réelle et renversée (fig. 300) située au delà de son foyer principal et par suite plus grande que l'image (F) qui aurait été formée par un œil emmétrope.

Il ressort aussi de cette figure que si l'hypermétropie augmente, la

Fig. 300.

divergence des rayons est plus forte avant leur pénétration dans la lentille, qui les concentre alors en une image plus éloignée et par suite plus grande.

Pour un observateur exercé, ce procédé d'examen peut donc fournir quelque renseignement sur l'état dioptrique de l'œil examiné.

Une image petite indique de la myopie, une image grande de l'hypermétropie ; plus l'image, comparée mentalement à l'image fournie par un œil emmétrope est petite ou grande, plus l'amélropie est prononcée.

Déviations parallactiques. — L'examen du fond de l'œil à l'image renversée donne encore une notion intéressante, celle de la position réciproque des parties saillantes ou déprimées du fond de l'œil, quand on imprime à la lentille de légers mouvements de déplacement.

Soit sur la rétine deux points a et b situés sur un niveau différent, le point a étant le plus éloigné de la lentille L qui sert à l'examen (fig. 301). Il a son image renversée en a' plus près d'elle que l'image b' du point b (fig. 302). Pour un observateur ils sont placés l'un devant l'autre, ils se superposent, les rapports de ces deux points sont les mêmes dans l'image et dans la réalité. Mais si l'observateur, fixant toujours le disque pupillaire de l'observé, abaisse la lcntilb en L', son centre de figure vient

en o'. Les images des points a et b suivent ce mouvement et se transportent en a" et b"] un simple coup d'œil sur la figure montre que b' a dû se déplacer plus rapidement que a' pour atteindre la position ô*, la distance b' b" étant plus longue que a' a". En résumé, les parties saillantes du fond de l'œil semblent dans l'examen subir des déplacements bien plus étendus et plus rapides que les parties déprimées.

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