‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 278 sur 443 · EXAMEN DU FOND DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

EXAMEN DU FOND DE L'ŒIL

tille objective plus faible, soit -h 10 D (longueur focale 10 centimètres), l'observateur se tiendra à 60 centimètres environ de l'observé; car l'image plus grande est plus éloignée de la lentille.

. 2° Examen à Vimage droite. — Après avoir par le procédé d'examen à l'image renversée obtenu une vue d'ensemble d'un disque de 6 à 7 millimètres de diamètre du fond de l'œil, il est parfois utile d'y saisir un détail particulier et pour ce faire il est besoin d'en percevoir une image plus grosse. Alors il y a lieu de recourir à l'examen de l'image droite.

L'ophtalmoscope de Parent avec son miroir concave à court foyer incliné à 45° sur son axe, convient alors très bien. L'on utilise la roue des verres concaves et surtout les verres de 3, 4 et 6 dioptries.

Au lieu de produire, comme dans le procédé précédent une image renversée et réelle du fond de l'œil, le procédé actuel se propose, par l'emploi d'un verre concave, de donner aux rayons lumineux extériorés. une divergence telle qu'ils se réunissent virtuellement en arrière de l'œil observé pour former une image virtuelle droite et agrandie de la

Fig. 302.

partis de l'œil éclairé (fig. 302). Plus simplement, l'examen à l'image droite, e'est l'examen à la loupe. Soit R la rétine d'un œil emmétrope éclairé. Les rayons émaùés du point A sortent de l'œil parallèles à l'axe principal; les rayons émanés du point B parallèles à l'axe secondaire (BB'). Si l'on place devant cet œil une lentille concave L, dans son plan focal les prolongements des rayons extériorés formeront une image (A' B') virtuelle, droite et agrandie, et c'est cette image que percevra l'observateur, si elle se trouve dans les limites de la vision distincte.

A cet effet en adoptant une distance moyenne de 25 à 33 centimètres comme la position préférable de l'image droite, il faut employer (Ghauvel) :

Chez l'emmétrope une lentille concave — 3 ou — 4 dioptries.

Chez Thypermétrope on utilisera, une lentille concave de 4 D, diminuée de la valeur de l'hypermétropie du sujet, quand elle est inférieure à 4 dioptries. Si l'amétropie dépasse 4 dioptries, alors on aura recours au verre convexe qui ramène cette hypermétropie à 4 dioptries — ainsi le verre convexe de 3 dioptries chez l'hypermétrope de 7 dioptries.

Chez le myope, on emploiera la lentille concave équivalente à celle qui corrige l'amétropie augmentée du verre concave de 4 dioptries, autrement dire on surcorrigera l'excès de réfraction de cet œil de façon à le rendre hypermétrope de 4 dioptries.

Le grossissement de l'image droite varie avec la puissance de réfringence de la lentille employée et avec la réfraction statique de l'œil observé. Plus est puissante la lentille objective et moindre est le grandissement. D'après Landolt l'œil de l'observateur étant emmétrope et sans accommodation, le grossissement serait de 20 diamètres en cas d'emmétropie de l'observé; de 19,4 à 17,4 diamètres pour l'hypermétropie de 7 dioptries axile ou de courbure ; de 23,8 à 27 diamètres pour la myopie de 7 dioptries, axile ou de courbure.

Le professeur Chauvel recommande beaucoup d'utiliser ce procédé d'examen à l'image droite toutes les fois que l'on étudie les fins détails de la vascularisation de la papille et des vaisseaux, que l'on recherche le pouls veineux et artériel, l'embolie des vaisseaux rétiniens, les lésions délicates de la région maculaire.

Si Ton se sert pour cet examen d'un ophtalraoscope à réfraction, il est alors possible de le compléter en précisant la situation relative en saillie ou en dépression des diverses parties. A cet effet, par l'emploi de lentilles convenables, il suffît de rechercher l'état de la réfraction dans les diverses parties de l'image rétinienne.

Donders a établi que chaque dioptrie de réfraction en déficit (hypermétropie) ou en excès (myopie) correspond à un déplacement de la partie observée en avant ou en arrière de 2 dixièmes de millimètre. Par suite, si avec un verre convexe de 5 dioptries on voit nettement et sans accommodation un point A situé à côté d'un autre point B dont l'image est brouillée par le verre convexe de 1 dioptrie, l'on conclut que le point A est en saillie de 1 millimètre par rapport au point B. Si au contraire la lentille concave de 10 dioptries est nécessaire pour que le point A devienne visible, c'est qu'il est à 2 millimètres plus en arrière que le point B et que les autrespoints situés sur la rétine de cet œil, emmétrope dans son ensemble.

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