I. - PROCÉDÉS SUBJECTIFS
1° Détermination au moyen de la lecture de près. — On choisit, dans une échelle d'opto types, les caractères qui , en rapport avec l'acuité visuelle du sujet, doivent être lus à très courte distance et on les approche de l'œil examiné jusqu'à ce qu'ils cessent d'être nets. En mesurant alors la distance, qui sépare le livre de l'œil, on a approximativement la longueur du proximum.
Cette mesure, toutefois, est entachée d'erreur parce que l'appréciation exacte du point, où l'image cesse d'être tout à fait nette, présente quelque difficulté, et de plus parce que théoriquement il faudrait mesurer la distance qui existe entre ce point et le centre optique de l'œil. Dans la pratique on se contente de mesurer la distance de l'objet visé à l'apophyse orbitaire externe du sujet.
Si l'examiné est emmétrope, de la longueur du proximum on déduit immédiatement la valeur de l'effort accommodateur, c'est la valeur réfringente de la lentille qui a celte longueur pour distance focale (flg. 227).
Si l'examiné est myope, l'effort accommodateur est mesuré par la valeur réfringente de la lentille, qui a pour longueur focale le proximum, diminuée de la valeur de la myopie du sujet (fig. 229).
Si l'examiné est hypermétrope, son effort accommodateur équivaut à la valeur réfringente de la lentille, qui a pour longueur focale le proximum, augmentée de la valeur de son hypermétropie (flg. 231).
Détermination au moyen de la lecture à grande distance. — Le sujet étant placé à 6 mètres devant l'échelle typographique, on commence par déterminer son acuité visuelle suivant les règles ordinaires, c'est-à-dire l'œil étant au repos; puis on lui fait passer successivement devant l'œil la série des verres concaves. Ceux-ci ont pour effet de solliciter la mise en jeu de l'accommodation du sujet qui, grâce à l'excès de réfraction ainsi produite, neutralise le déficit provoqué par la présence de la lentille divergente. Il arrive toutefois un moment où le verre concave pré-
"Jfi Ac. L
Fig. 303.
sente devant l'œil est supérieur à l'effort maximum d'accommodation produit, par suite l'acuité visuelle aussitôt diminue. Le verre précédent qui était exactement neutralisé traduirait donc l'effort accommodatif maximum pourvu que le sujet fût emmétrope (fig. 303). Il y aurait lieu ici encore de tenir compte de l'erreur qui résulte de l'intervalle existant entre le verre et l'œil, c'est-à-dire de la différence de longueur focale des lentilles Ac et L.
Fig. 304.
Si l'observé est myope, le verre concave le plus fort qui permet la lecture nette a pour effet de donner aux rayons parallèles une divergence telle qu'il est nécessaire de l'action combinée des deux lentilles -+- Ac et h- M pour les ramener au parallélisme, c'est-à-dire L = (M h- Ac). Or on connaît la valeur de la lentille L et la valeur de la myopie du sujet ; par suite la valeur de la lentille d'accommodation est mesurée par la différence des deux lentilles L et M. Quant à la longueur même du proximum, elle égale la longueur focale de la lentille L. Le rayon qui aboutit sur la rétine en A émane bien du point P (fig. 304).
Si l'observé est hypermétrope, le verre concave le plus fort, qui permet la lecture nette, et la lentille concave, qui traduit le déficit de réfrac-
tion de l'œil, ont agi pour donner au rayon parallèle une certaine divergence, que la lentille positive d'accommodation a neutralisée. L'action de cette dernière égale donc celle des deux lentilles concaves. C'est-à-dire que à la valeur réfringente du verre trouvé il faut ajouter celle de l'hypermétropie du sujet pour déterminer la puissance réfringente de la lentille d'accommodation Ac=L + H. Quant au proximum, il est bien au foyer du verre trouvé (fig.305) puisque les rayons qui en émanent aboutissent sur la rétine.
E H Ac. X
Fig. 305.
Cette méthode de détermination du proximum est passible de plusieurs reproches.
Il est difficile de préciser le moment où l'image perçue cesse d'être nette, reproche du reste commun à tous les procédés, mais les verres concaves forts, en rapetissant les images rétiniennes et en diminuant ainsi l'acuité visuelle, rendent plus délicat encore ce jugement. Enfin il est difficile à un œil de produire son effort maximum d'accommodation, quand il regarde au loin; il existe en effet une certaine relation entre les mouvements de convergence et d'accommodation. Or, pas plus dans la lecture monoculaire au loin que dans la lecture monoculaire au fond d'un optomètre, les deux forces ne se prêtent un mutuel appui.
2° Détermination au moyen des optomètres. — Pour déterminer la situation du proximum au moyen de Y optomètre de Bull, il suffit de noter le domino le plus rapproché que voit nettement l'observé, son numéro indique la valeur réfringente de la lentille, dont le proximum occupe le foyer. La seule difficulté, qui puisse se présenter, survient quand l'épreuve est subie par un hypermétrope dont le proximum se trouve au delà de 50 centimètres. Il suffit alors de placer devant l'oculaire de l'instrument la lentille convexe et de retrancher sa valeur du nombre de dioptries indiqué par le domino vu le plus rapproché.
Les optomètres de Dadal et de Perrin se manœuvrent tous les deux de la même manière, lorsqu'il s'agit de préciser la position du proximum d'un individu. L'index, d'abord placé au remotum connu du sujet, sera progressivement rapproché de l'oculaire de façon à fournir à l'œil des rayons de plus en plus divergents ; lorsque l'image perçue cessera d'être nette, il y aura lieu de ramener un peu l'index sur ses pas
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afin de trouver la position ultime de la vision nette de l'objet. A ce moment, en regard de l'index, la règle de l'instrument indiquera en dioptries la valeur réfringente de la lentille dont émanent les rayons lumineux, lentille dont par suite le foyer, c'est-à-dire le proximum cherché, est facile à calculer.