CONVERGENCE ET ACCOMMODATION
point le plus éloigné vers lequel les yeux convergent se trouve à une distance finie, de règle le punctum remotum de la convergence se trouve à l'infini ou même il est situé plus loin encore, c'est-à-dire que le sujet peut faire diverger ses lignes du regard. Ces dernières viennent alors converger en arrière de la tête, le punctum remotum de convergence est négatif.
Pour déterminer la valeur de Y angle de convergence minimum, c'està-dire de l'angle de convergence, qui correspond à la fixation du punctum remotum delà convergence, on fait regarder au sujet une bougie située à grande distance. On couvre ensuite un œil d'un verre coloré et devant l'autre on place successivement, l'arête tournée du côté de la tempe, des prismes de plus en plus forts, jusqu'à ce que l'objet commence à se dédoubler (diplopie homonyme). Le prisme le plus fort qui puisse être toléré sans diplopie donne la A somme de la divergence (ou convergence néga- \ tive) des deux yeux. L'angle de convergence minimum sera donc le quart de l'angle marqué sur le prisme, puisque la déviation se répartira sur chaque œil.
La détermination de X angle de convergence maximum est possible directement en rapprochant de l'œil l'objet tenu sur la ligne médiane; on précise ainsi la position du punctum proximum de convergence.
Autrement (fig. 311), on opère comme précédemment avec un prisme, mais en tenant son arête vers le nez, l'objet restant à longue distance. Ici encore, le quart de l'angle du plus fort prisme toléré donnera la mesure de l'angle de convergence maximum. Fig. 311.
Rapports entre l'amplitude de convergence et l'amplitude d'accommodation. — Dans l'œil type, l'œil emmétrope, l'accommodation et la convergence sont nulles pour la vision à l'infini ; dans la vision binoculaire à 1 mètre, toutes deux sont égales à 1, savoir 1 dioptrie et 1 angle métrique; à 5 mètres, toutes deux valent-^- de leur unité de mesure, y de dioptrie et j am; à 50 centimètres, 2 dioptries et 2 am. Quelle que soit la distance de l'objet, les deux efforts d'accommodation et de convergence conservent le même rapport. Leur parité chez l'emmétrope est telle que, si l'on couvre un œil et qu'on fasse diriger l'autre vers un point quelconque, l'œil couvert subit les mêmes mouvements de convergence et d'accommodation. En outre, si devant l'œil, qui fixe, on place
un verre concave, celui-ci renforce son effort d'accommodation, l'œil couvert en fait autant, mais de plus, il se porte en dedans en raison de l'effort simultané de convergence qu'il produit.
D'ordinaire, les deux punctum remotum d'accommodation et de convergence ne sont pas fusionnés ; en général le second se trouve au delà de l'infini, et de même le punctum proximum de convergence, chez l'emmétrope tout au moins, est plus rapproché que celui d'accommodation. On peut se rendre compte de cette dernière particularité en remarquant qu'un objet continue à être vu simple binoculairement longtemps après avoir cessé d'être vu net.
Pour la pratique, il est surtout intéressant de connaître où se trouvent les points extrêmes qui peuvent être vus nettement et binoculairement, autrement dit les punctum remotum et proximum de la vision binoculaire; leur connaissance permet d'établir Y amplitude d accommodation binoculaire. liais, si le punctum remotum binoculaire de l'emmétrope se trouve à l'infini, son proximum binoculaire est loin d'être constant, il s'éloigne avec l'âge ; l'amplitude d'accommodation, en effet, diminue sans que cependant le pouvoir de convergence s'affaiblisse parallèlement. En outre, dans l'amétropie, les punctum remotum et proximum binoculaires doivent être beaucoup plus variables encore, par suite de la position spéciale qu'occupe le punctum remotum de la réfraction, sans que la convergence soit notablement altérée. Dans la myopie, l'accommodation est surabondante pour les fortes convergences ; le myope converge et n'accommode pas quand il vise un objet situé à son remotum, son amplitude d'accommodation binoculaire est transportée en bloc en deçà de l'infini. Chez l'hypermétrope, au contraire, le déplacement est inverse; pour les courtes distances, il peut encore converger, mais non accommoder.
Tandis que, pour une même distance éloignée, les trois yeux : emmétrope, myope et hypermétrope, convergent également, le myope fait un effort d'accommodation inférieur et l'hypermétrope un supérieur à celui de l'emmétrope.
Il ne faudrait pas, du reste, croire que pour le même œil et pour chacun des points du parcours de l'accommodation binoculaire il existe une parité mathématique entre la convergence et l'accommodation. Un même sujet peut lire avec des verres concaves ou convexes faibles, comme sans verre, des caractères placés à une certaine distance invariable. Cela prouve que, la convergence-de ses yeux restant la même, l'accommodation peut être modifiée. Réciproquement, Donders a prouvé que, l'accommodation ne variant pas, la convergence peut se modifier; à cet effet, il suffit de faire regarder binoculairement un objet à travers un prisme, dont on tourne alternativement l'arête vers le nez et vers la tempe du sujet. En somme, depuis la limite la plus rapprochée de la vision