PARÉSIE ET PARALYSIE DE L'ACCOMMODATION
modation dans l'anémie essentielle ou symptomatique, en particulier lorsqu'elle résulte de maladies aiguës ou chroniques, d'excès vénériens, de la masturbation, de la lactation. Enfin, des désordres purement nerveux retentissent sur l'appareil ciliaire, qu'ils intéressent les noyaux d'origine ou les branches de l'oculo-moteur commun; ainsi agit la syphilis, le diabète, les tumeurs cérébrales, la sclérose en plaques, l'ataxie locomotrice.
Artificiellement, on paralyse l'accommodation en instillant dans le sac conjonctival quelques gouttes de collyres dits mydriatiques parce que leurs principes actifs agissent sur l'iris dont ils dilatent la pupille. Les principaux mydriatiques sont des alcaloïdes extraits de quatre solanées, ce sont : l'atropine1, la duboisine, l'hyoscyamine et la daturine, que l'on emploie surtout sous forme de sulfates. Leurs effets, quoique inverses, ne sont pas absolument superposables à ceux obtenus avec les myotiques. Ils agissent plus rapidement et plus longtemps, ils dilatent la pupille au maximum et l'immobilisent, ils paralysent entièrement l'accommodation, repoussent progressivement le proximum jusqu'à le faire coïncider avec le remotum. Administrés simultanément, les myotiques accusent les premiers leur puissance, mais bientôt s'effacent devant les mydriatiques. Instillé dans un œil soumis à l'action de l'atropine un collyre à l'ésérine rétrécit la pupille, relève l'amplitude d'accommodation, mais cela temporairement.
De tous les symptômes, qui accusent la faiblesse du muscle ciliaire, le plus important est la diminution ou l'abolition du pouvoir accommodateur, l'éloignement du proximum ou sa fusion avec le remotum qui, lui, reste fixe. Les conséquences en sont variables suivant l'état de la réfraction statique de l'œil atteint ; en cas de simple parésie, les désordres visuels rappellent ceux de la presbytie au début; puis, quand il y a paralysie, la vision pour le myope est nette à son remotum, pour l'emmétrope à l'infini, tandis que l'hypermétrope ne voit bien ni de loin ni de près. La recherche du proximum par les procédés connus décèlera ce trouble morbide.
Les sujets, atteints de parésie de l'accommodation, accusent souvent de la micropie; les objets leur semblent rapetisses. La raison de cette illusion résulte de ce que la notion de grandeur repose sur deux éléments : la grandeur des images rétiniennes, et la conscience de l'éloignement des objets regardés. Plus l'effort accommodatif nécessaire pour voir un objet est considérable, plus celui-ci paraît rapproché, c'est là un résultat de l'habitude, de l'éducation du sens de la vue. Par suite, le malade
(l)Le sulfate neutre d'atropine, que Ton emploie en collyres dosés à -i- ou -^ en général, présente le double inconvénient de provoquer une véritable conjonctivite, de l'eczéma palpébral et d'exposer certaines personnes à une intoxication générale quand son emploi est prolongé.
atteint de parésie de l'accommodation, étant obligé de produire des efforts plus énergiques que de coutume, juge les objets plus rapprochés qu'ils ne le sont en réalité, et, comme la grandeur de leurs images rétiniennes est restée la même, il les suppose diminués de volume.
L'affaiblissement du muscle ciliaire a encore pour effets accessoires de laisser persister l'aberration de sphéricité de la lentille cristallinienne, d'où la production d'images irisées, et de ne pas corriger le défaut d'adaptation de ses divers segments, d'où la formation d'images rétiniennes multiples et \&polyopie monoculaire.
Enfin, la synergie habituelle du muscle ciliaire et du sphincter de la pupille se traduit souvent par la mydriase qui accompagne la parésie de l'accommodation, et, parmi les symptômes oculaires concomitants possibles, il y a lieu de signaler ceux qui résultent de la paralysie des autres filets du moteur oculaire commun.
Du reste, le diagnostic, comme le pronostic, de l'affection réclame, en plus de l'examen de la fonction accommodatrice, la recherche des causes premières dont la parésie du muscle ciliaire n'est qu'un phénomène.
Le traitement lui aussi ne saurait se passer des données écologiques, le traitement symptomatique n'ayant pour ainsi dire qu'une valeur secondaire. Pour conserver la contractilité musculaire il est indiqué d'instiller chaque jour une goutte de collyre faible (-j^r) à Pésérine ou encore de pratiquer l'électrisation oculaire, un courant continu de 5 ou 6 éléments passant pendant cinq à dix minutes du pôle positif placé derrière la pointe de l'apophyse mastoïde (premier ganglion cervical du sympathique) au pôle négatif appliqué sur les paupières fermées. Enfin, si le repos absolu de l'œil ne peut être gardé par le malade, on lui prescrira le verre convexe susceptible de lui donner le proximum désiré.