‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 287 sur 443 · III. — 0PHTALM0PLÉGIE INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

III. — 0PHTALM0PLÉGIE INTÉRIEURE

Pour être à même de bien saisir ce qu'il faut entendre par ophtalmoplégie intérieure, l'on doit posséder certaines notions sur l'appareil nerveux de la musculature de l'œil, notions qui seront données plus loin à propos de l'étude de l'appareil moteur de l'œil. Alors aussi il sera question de Yophtalmoplégie extérieure.

Chez un individu atteint Yophtalmoplégie intérieure on constate : 1° que la pupille est moyennement dilatée, qu'elle ne réagit ni à la lumière, ni à l'accommodation, ni à la convergence; 2° que le niusôle ciliaire est paralysé, le malade est incapable d'accommoder; le punctum proximum est fusionné avec le remotum.

L'ophtalmoplégie intérieure peut être primitive et exister seule, accompagnée ou non, dans la suite, d'ophtalmoplégie extérieure; elle peut être

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secondaire à cette dernière et venir la compliquer. Enfin, elle peut apparaître d'emblée en même temps que l'ophtalmoplégie extérieure, il y a alors ophtalmoplégie mixte.

L'affection résulte d'une lésion de la région nucléaire de l'oculomoteur commun. Si seul le noyau du sphincter irien est atteint, il y a paralysie de l'iris; la pupille moyennement dilatée reste immobile, insensible à ses excitants ordinaires. La faculté d'accommoder est alors conservée. Elle disparait par contre si le noyau du muscle accommodateur est envahi à son tour ; il y a paralysie simultanée du sphincter irien et du muscle accommodateur, c'est-à-dire paralysie de la musculature intérieure de l'œil ou ophtalmoplégie intérieure.

Ce syndrome : paralysie simultanée du sphincter irien et du muscle ciliaire peut résulter de la lésion dans l'intérieur de l'orbite des filets nerveux du moteur oculaire commun et du sympathique qui innervent ces muscles; on l'explique encore dans certains cas par une paralysie réflexe de ces mêmes filets, en particulier à la suite d'une névralgie dentaire.

Intéressant les deux yeux, Pophtalmoplégie est dite bilatérale et alors on songera à une lésion nucléaire ; unilatérale, elle se limite à un seul œil et peut résulter d'une lésion orbitaire.

Au chapitre de Y Ophtalmoplégie extérieure on trouvera le complément des notions précédentes sur l'ophtalmoplégie intérieure.

Il convient encore de rappeler ici l'attention sur un trouble de la motilité de l'iris qui ne réagit plus à la lumière, mais obéit encore, à l'accommodation, c'est le signe d'Àrgyll-Robertson (voir p. 232). Il n'y a pas alors paralysie irienne, mais simplement suppression de l'influence réflexe de la lumière sur le centre moteur irien. Se basant sur ce que, d'une part, les faisceaux du nerf optique passent dans les parois latérales du troisième ventricule et que, d'autre part, les origines nucléaires des faisceaux nerveux du sphincter sont situées tout auprès, sous le plancher du troisième ventricule, Mauthner admet que c'est en ce point qu'est fermée la chaîne réflexe entre le nerf optique et le moteur oculaire commun. Or, une lésion du plancher du troisième ventricule peut détruire la communication, qui doit exister entre les deux troncs nerveux, sans léser le noyau qui commande au sphincter. L'excitation de la lumière sur la rétine ne se répercutera plus sur l'oculo-moteur, par conséquent la pupille ne réagira plus à la lumière ; mais comme l'innervation de la pupille reste intacte elle peut réagir dans l'effort accommodateur. Sauvineau à propos de cette explication de Mauthner fait remarquer que les faisceaux du nerf optique ne passent pas dans les parois du troisième ventricule; la bandelette optique envoie seulement (par sa racine blanche externe) un certain nombre de faisceaux à la couche optique et notamment au pulvinar.

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