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CHAPITRE CXVII TROUBLES DE LA MOTILITÉ OCULAIRE

Les lésions anatomiques susceptibles de se traduire par des désordres de la motilité oculaire peuvent intéresser soit les muscles eux-mêmes, soit l'appareil nerveux qui les anime. Toutefois la symptomatologie caractéristique des lésions musculaires consécutives aux traumatismes, aux inflammations orbitaires, ne saurait être rapprochée des tableaux cliniques dus aux paralysies nerveuses, que celles-ci résultent d'un désordre des filets terminaux, des troncs nerveux (de leur entrée dans l'orbite à leur origine apparente), de leurs faisceaux radiculaires, des noyaux protubérantiels, des faisceaux qui unissent ces derniers à l'écorce cérébrale, ou des centres corticaux.

Dans l'orbite des névrites a frigore ou rhumatismales, ou par propagation d'une inflammation voisine (phlegmon, périostite), des compressions par une tumeur (gomme), une esquille ou un cal de fracture, provoquent une paralysie partielle ou générale que caractérisent parfois d'autres manifestations (exophtalmie, chémosis inflammatoire, douleurs ou anesthésie périorbitaires) de la lésion causale.

De leur origine apparente à leur entrée dans l'orbite, les nerfs moteurs de l'œil peuvent être lésés par un traumatisme de la base du crâne (fracture de la base) ou comprimés par une exostose, une tumeur du cerveau et de ses enveloppes, un anévrysme, un caillot sanguin, enfin ils peuvent être altérés par une inflammation de voisinage (méningite, thrombose des sinus caverneux). Panas en particulier a signalé que les fractures du rocher provoquaient bien plus souvent la paralysie du moteur externe que celle des troisième et quatrième paires. L'anatomie en rend compte. A l'endroit où ces deux derniers nerfs contournent le rocher ih en sont séparés par la dure-mère et toute l'épaisseur du sinus pétreux supérieur, tandis que le moteur externe forme une anse verticale à concavité antéro-externe, qui embrasse étroitement l'os près de son sommet. Rien ne sépare le tronc nerveux du rocher, sauf le périoste et tout à fait en bas le sinus pétreux inférieur; appliqué contre l'os par la dure-mère, il s'insinue au-dessous du sinus pétreux supérieur. De là sa lésion habituelle.

La paralysie de la troisième paire, lésée au niveau du rocher, intéresse les muscles extérieurs de l'œil sans atteinte de la musculature intérieure, elle n'est pas basale.

On diagnostiquera une paralysie des faisceaux radiculaires lorsqu'une ophtalmoplégie s'accompagnera d'hémiplégie croisée avec ou sans participation du facial et de l'hypoglosse. La lésion siège dans l'étage supérieur du pédoncule, lorsque la paralysie du moteur oculaire commun est partielle et laisse intact un des groupes principaux de ses fibres nerveuses. 11 existe des ophtalmoplégies extérieures ou intérieures d'origine fasciculaire (Dufour).

C'est encore à une lésion fasciculée des troncs de la quatrième paire au niveau de leur entre-croisement dans la valvule de Yieussens que Ton peut attribuer les cas de paralysie bilatérale du pathétique.

Les altérations nucléaires qui se traduisent par des paralysies offrent de nombreuses variétés, d'où des paralysies : 1° par lésion primitive des cellules motrices ; 2° comme complication d'une affection cérébro-spinale (ataxie locomotrice, sclérose en plaques, paralysie générale, goitre exophtalmique) ; 3° comme complication d'une affection générale (syphilis, diabète, glycosurie, polyurie, purpura hémorragique, endocardite végétante, apoplexie cérébrale, antério -sclérose); 4° par troubles circulatoires (désordres oculaires périodiques survenant pendant une migraine, après une congestion cérébrale, une grippe, une fièvre rhumatismale, des troubles de la menstruation, sous l'action du froid); 5° par intoxication (alcoolisme, nicotinisme, saturnisme, acide sulfurique, viande gâtée, oxyde de carbone, diphtérie, rougeole, scarlatine); 6° par lésion directe de la région nucléaire (traumatisme avec hémorragie dans les noyaux, tumeurs) (Dufour).

On ne connaît rien sur les paralysies qui peuvent être produites par une rupture des communications, qui doivent exister entre les noyaux du mésocéphale et l'écorce cérébrale (paralysies sus-nucléaires de Sauvineau)..

Enfin il existe des paralysies corticales. Quoique l'existence des centres corticaux commandant spécialement à chacun des muscles de l'œil ne soit pas encore hors de doute, cependant on connaît des cas de ptosis isolé consécutif à une lésion de l'hémisphère opposé, lésion localisée dans le voisinage du pli courbe ou dans la zone motrice vers le tiers inférieur des frontale et pariétale ascendantes. De plus Gharcot affirme la localisation dans l'écorce cérébrale des paralysies oculaires provoquées par suggestion.

L'on peut par suite classer de la manière suivante les désordres que présente l'appareil moteur oculaire :

1° Désordres dans la sphère de chacun des nerfs de l'œil (paralysie de la troisième, de la quatrième, de la sixième paire, spasmes secondaires ;

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