GROUPE INFÉRIEUR
/ Droit interne. Releveur de la paupière \
Côté médian \ Droit supérieur . . . . { Côté latéral.
( Droit inférieur. Oblique inférieur. . . . )
D'après Mendel, la branche oculaire du facial, qui innerve en particulier l'orbiculaire des paupières, est fournie par le noyau de l'oculomoteur commun, ainsi que le démontrent l'intégrité du noyau du facial et les lésions de dégénérescence constatées dans la partie postérieure de ce noyau, lorsqu'on enlève l'orbiculaire chez de jeunes lapins. Cette particularité explique pourquoi, dans la paralysie bulbaire, alors qu'il y a paralysie avec atrophie des muscles innervés par la branche buccale du facial, ceux de la branche oculaire restent indemnes, tandis que l'autopsie révèle une complète atrophie du noyau ventriculaire du facial.
Le noyau du pathétique, immédiatement contigu et sous-jacent au centre secondaire de l'oblique inférieur, se trouve situé dans la même colonne grise que le noyau du moteur oculaire commun, sur les parties antéro-latérales de l'aqueduc de Sylvius près de son entrée.
Enfin le moteur oculaire externe tire son origine d'un noyau placé,
comme les précédents, dans le prolongement de la colonne motrice bulbaire, qui continue la corne antérieure de la moelle. Anastomosé avec les deux autres centres oculo-moteurs, celui de l'oculo-moteur externe se rencontre dans le plancher du 4e ventricule immédiatement au-dessus et en dehors de l'éminence ronde, sur les côtés du sillon médian ; il est placé en dessous du noyau du trijumeau. Par sa partie antérieure, il occupe le coude du facial et est repoussé latéralement par
Coupe transversale de l'isthme de l'encéphale à sa partie supérieure (d'après Mathias Duval). Origine •des nerfs oculo-moteurs communs et pathétiques.
i, tubercules quadrijumeaux ; — 2, aqueduc de Sylvius; — 3, 3, nerfs moteurs oculaires communs; — 3'. noyaux des troisième et quatrième paires des nerfs crâniens (restes de la base de la corne antérieure de la moelle); — 4, 4, nerfs pathétiques; — 4\ novaux rouges de Stilling (pédoncules cérébelleux supérieurs) ; — 5, pyramides postérieures (sensilives) ; — 6, locus niger; — 7, pyramides antérieures (motrices).
Fig. 380.
Coupe transversale du bulbe rachidien à sa partie moyenne (Mathias Duval).
a, substance grise du quatrième ventricule; — 6, r a plié médian du bulbe; — c, noyau du trijumeau (tète de la corne postérieure de la moelle); — g, genou du facial; — n, noyau commun au facial et à l'oculo-moteur externe' (base de la corne antérieure de la moelle); — r, corps resliforme; — 1 , pyramide antérieure ; — 2, cordon latéral; — 3, cordon postérieur; — 6, nerf moteur oculaire externe; — 7, nerf facial; — 8, nerf acoustique: — 8', 8", racines interne et externe de l'acoustique.
les cellules ganglionnaires du noyau de ce dernier, cellules qui se confondent en partie avec celles du noyau delà sixième paire.
En plus des anastomoses qui relient les noyaux d'origine des deux troisièmes paires, Meynert a signalé une anastomose entre le noyau d'origine de la troisième paire et la racine sensitive de la cinquième ; cette connexion expliquerait pourquoi le nerf moteur oculaire commun est sensible. De son côté, Mathias Duval, en indiquant une anastomose entre les noyaux d'origine de la troisième paire d'un côté, et de la sixième paire du côté opposé, a rendu compte de la synergie que présentent les muscles droit externe et droit interne des yeux opposés.
La connaissance des noyaux de la région oculo-motrice du mésocéphale et de leurs rapports de voisinage avec les noyaux des autres paires crâniennes, offre une importance particulière. Elle permet
d'élucider le diagnostic des combinaisons cliniques si variées que Ton observe suivant que tel ou tel centre se trouve intéressé, suivant que Taxe gris, myélo-bulbo-protubérantiel est lésé dans une étendue plus ou moins considérable.
Coupe transversale de la protubérance annulaire (d'après Mathias Duval). Origine au pathétique et du trijumeau.
a, a, fibres transversales de la protubérance: — 6, plancher du quatrième ventricule (base des cornes postérieures de la moelle; — c, noyau masticateur (base des cornes antérieures origine de la racine motrice du trijumeau); — », pédoncules cérébelleux supérieurs; — /, tète de la corne postérieure de la moelle; — v, valvule de Vieussens; — 1, pyramide antérieure; — 4, 4, nerfs pathétiques; — 5, racine sensitive du nerf trijumeau, et 5\ sa racine motrice.
Connexions des noyaux oculo-moteurs avec les nerfs optiques et les centres corticaux. — Les divers centres d'origine des nerfs moteurs des yeux sont évidemment reliés avec les nerfs optiques et les centres corticaux, puisque les mouvements oculaires se produisent par influence tantôt réflexe, tantôt volontaire. Ce sont les tubercules quadrijumeaux antérieurs, qui paraissent être le point de réflexion des impressions lumineuses sur le système moteur, d'après les expériences de Flourens, Gudden, Ferrier. L'influence des couches corticales d'un autre côté est établie par les expériences de Carville et Duret, Hitzig, Ferrier, Munck, ainsi que par les observations cliniques de Landouzy et Grasset. Mais on ne sait rien de bien positif à ce sujet. Le centre cortical de l'élévateur de la paupière supérieure se trouverait en haut de la scissure parallèle dans le pli courbe.
Signalons encore les expériences de Duval et Laborde qui mettent en évidence le rôle du cervelet, et en particulier du vermis inférieur sur les mouvements associés des yeux. D'après ces auteurs dans les lésions du cervelet, il y a déviation asynergique des yeux, c'est-à-dire dissociation constante dans les mouvements des yeux, ceux-ci étant en sens contraire ou en strabisme divergent double : 1° révulsion double des globes oculaires, en haut d'un côté, en bas de l'autre ; 2° entraînement simultané d'un œil en haut et en dedans, de l'autre en bas et en dehors;
3° entraînement des deux yeux en dehors, tantôt en dehors et en haut, tantôt en dehors et en bas.
Nerfs moteurs de l'œil. — Après avoir traversé les faisceaux du pédoncule cérébral, les fibres émanées des noyaux d'origine de la troisième paire, se fusionnent en un tronc, qui, dans l'espace interpédonculaire en avant de la protubérance annulaire, émerge de la face interne du pédoncule cérébral correspondant. Ce cordon nerveux, embrassé d'abord par les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure, plonge dans l'espace sous-arachnoïdien et se porte en avant et en dehors pour gagner les côtés des apophyses clinoïdes postérieures. Là il traverse la dure-mère dans un canal qui lui est propre, rampe dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux où il répond en dedans à la carotide interne et au moteur oculaire externe qui lui est un peu inférieur et en dehors à l'ophtalmique de Willis et au pathétique qui le croisent à angle aigu. A ce niveau, il s'anastomose avec l'ophtalmique de Willis, avec des filets du plexus carotidien du sympathique et, suivant Cruveilhier, avec l'oculo-moteur externe. Plus loin, le nerf pénètre dans l'orbite par la partie la plus large de la fente sphénoïdale, à travers l'anneau de Zinn en compagnie de l'ophtalmique et de l'oculo- moteur externe.
Les deux branches terminales du moteur oculaire commun sont: Tune supérieure innervant le droit supérieur et le releveur de la paupière supérieure, l'autre inférieure dont les filets vont, l'externe au ganglion ophtalmique (racine motrice) et au petit oblique, le moyen au droit inférieur, l'interne au droit interne.
Émanés d'un noyau sous-jacent à celui du moteur oculaire commun, les filets d'origine du pathétique contournent l'aqueduc de Sylvius, tra-
4 oa- Ci
Fig. 382.
Origine apparente des nerfs crâniens (Allen Thompson).
1\ nerf olfactif ; — II, nerf optique; — 11*, bandelette optique, avec t et c, les corps genouillés interne et ei terne; — A, glande pituilaire; — te, tuber cinereum et infundibulum du troisième ventricule; — a, tubercule mamillaire; — P, pédoncule cérébral;
— th% coupe optique; — 111, nerf oculomoteur commun; — IV, nerf pathétique ; — V, nerf trijumeau avec -+- sa petite racine;
— VI, neri oculo-moleur externe; — VII, nerf facial (a) et auditif (b) ; — VIII, nerf vague et nerf glosso-pharyngien (Villa); — VII 16, nerf opinai; — IX, nerf hypoglosse ;
— PV, protubérance annulaire ; — fl, lobule du pneumogastrique ; — pa, pyramide antérieure; — o, olive; — d, sillon antérieur de la moelle; — ca, cordon antérieur, et c/, cordon latéral de la moelle. — L'hémis-
Fhère est enlevé à gauche, le lobule de insula est laissé à droite.
versent le pédoncule cérébelleux supérieur, s'entre-croisent avec ceux du côté opposé dans l'épaisseur de la valvule de Vieussens, puis le cordon nerveux apparaît à la face supérieure de l'isthme de l'encéphale à 1 millimètre en arrière des tubercules quadrijumeaux. De son point d'émergence le pathétique, placé sous l'arachnoïde, se dirige en dehors, puis en dehors et en avant, pour contourner le pédoncule cérébral correspondant. Antéro-postérieur, il longe ensuite le bord interne de la fente de Bichat jusqu'au sommet du rocher, traverse le pont de duremère jçté entre ce point et l'apophyse clinoïde postérieure, pénètre dans la paroi externe du sinus caverneux. Là, d'abord situé au-dessus de l'ophtalmique de Willis, il croise le moteur oculaire commun, pénètre dans l'orbite avec le frontal par l'extrémité interne de la fente sphénoïdale et se jette dans le muscle grand oblique. Parfois le pathétique fournit une racine accessoire au ganglion ophtalmique et des filets à l'orbiculaire des paupières.
il f /
Fig. 383.
Coupe frontale schématique du sinus caverneux.
1, sinus caverneux; — 2, artère carotide interne, et à son côté externe le nerf oculo-moteur externe; —
3, 3, endothélium qui tapisse la moitié du sinus; —
4, sinus coronaire; — 5, sinus de la salle turcique; — 6 et 7, flèches qui passent du sinus coronaire dans le sinus caverneux; — 8, nerf oculo-moteur commun; — 9, nerf pathétique; — 10, nerf ophtalmique; —H, carotide interne à sa sortie du sinus caverneux; — 12, sinus sphénoïdal.
Fig. 384.
Rapports des nerfs de la troisième, quatrième, cinquième et sixième paire dans la paroi du sinus caverneux.
C, artère carotide; — G, ganglion de Gasser; — 0, nerf ophtalmique de Willis;
— 2, nerf optique; — 3, troisième paire;
— 4, quatrième paire; — 5, petito racine du trijumeau (nerf masticateur) ; — 6, sixième paire.
Le nerf moteur oculaire exte7*ney dont les fibres d'origine ont traversé toute l'épaisseur de la partie supérieure du bulbe, émerge du sillon qui sépare le bulbe de la protubérance près de la ligne médiane, au-dessus de la pyramide antérieure correspondante. Couché entre la protubérance et la gouttière basilaire, le tronc nerveux, dirigé en avant et en dehors, traverse le repli de dure-mère étendu du sommet du rocher à la lame quadrilatère du sphénoïde, parcourt d'arrière en avant la paroi externe du sinus caverneux entre la carotide externe et les trois autres troncs nerveux, franchit la fente sphénoïdale et l'anneau de
NIMIER ET DESPAGNET. 50
Zinn avec le moteur oculaire commun et le nasal, puis se termine dans le droit externe. Anastomosé dans le sinus caverneux avec le grand sympathique et l'ophtalmique de Willis, il fournit par exception la racine motrice du ganglion ophtalmique ou une racine motrice accessoire. On Ta vu manquer et être remplacé par une branche de la troisième paire.
Action des nerfs moteurs de VœiL — L'oculo-moteur commun innerve les muscles : releveur de la paupière supérieure, droit interne, droit inférieur et petit oblique, par conséquent il préside à l'élévation de la paupière supérieure (releveur de la paupière), au mouvement d'adduction du globe (droits interne, supérieur et inférieur), d'élévation (droit supérieur, petit oblique), d'abaissement (droit inférieur), de rotalion en dehors (droit inférieur et petit oblique). De plus, la racine motrice, qu'il fournit au ganglion ophtalmique, innerve le sphincter de la pupille et le muscle accommodateur.
Le pathétique innervant le grand oblique dévie l'œil en bas et en dehors et lui imprime un mouvement de rotation en dehors.
L'oculo-moteur externe préside à l'abduction de l'œil par l'intermédiaire du droit externe, et, de plus, il actionne le droit interne du côté opposé dans les mouvements associés. En fait, les muscles droits internes reçoivent une double innervation, l'une provoquant les mouvements de convergence (MO C), l'autre les mouvements latéraux associés (MOE). La rotation simultanée des deux globes à droite résulte d'une impulsion partie du noyau de l'oculo-moteur externe droit ; la rotation à gauche d'une impulsion partie du noyau gauche (M. Du val).