‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 334 sur 443 · CD · texte numérisé non relu

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adducteur, le second abaisseur et abducteur, correspondent les deux rayons inférieurs.

Les indications nécessaires au diagnostic sont fournies par les deux colonnes verticales, dont Tune correspond aux muscles adducteurs, l'autre aux abducteurs, et en second lieu par les colonnes horizontales, pour la diplopie dans le champ visuel supérieur et inférieur.

Comme il est intéressant au point de vue de la constatation des modifications possibles de la diplopie d'en conserver la trace — il convient à chaque examen du sujet d'en fixer la représentation schématique. Dans ce but l'on peut adopter le graphique ci-joint; le sujet est supposé placé en regard de ce tableau (dans la position analogue à celle du lecteur) et chacune des croix représente les diverses positions qu'occupe la flamme vue par l'œil sain, il s'agit d'indiquer les positions occupées par la fausse image.

L'examen sera ainsi pratiqué : placé à 2 mètres en avant du malade, l'observateur lui présente la flamme tenue en regard du point (1) c'est-àdire sur la ligne médiane et à hauteur de ses yeux. Il note la réponse, l'image fausse est vue par exemple écartée de 10 centimètres vers la

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Fig. 392.

Tableau pour la représentation des diplopies.

droite et exactement sur la même horizontale ; cette indication est reportée sur le graphique. Puis la bougie est portée à 2 mètres sur la gauche du patient et l'écartement qu'il indique entre les deux images, de même que l'inclinaison de la fausse, permet de représenter cette dernière sur le schéma. La même recherche est ensuite faite sur la droite du sujet et la même série de trois épreuves est recommencée, la bougie déposée sur le plancher, puis tenue élevée au-dessus de la région des yeux et toutes les indications fournies par l'intéressé sont inscrites. Finalement elles peuvent être vérifiées par trois séries d'épreuves pratiquées en déplaçant la lampe suivant les trois verticales en face, à gauche et à droite du sujet.

Gomme il le sera décrit à propos des paralysies des divers muscles, il y a lieu d'inscrire Y écart en largeur, Y écart en hauteur des deux images

et de plus l'inclinaison possible de l'image fausse. Il convient par suite de représenter cette dernière par une flèche à laquelle on donnera l'inclinaison présentée par la bougie.

La diplopie provoque souvent du vertige et une fausse localisation des objets; de plus pour se soustraire à l'impression pénible qui en résulte, le sujet imprime à sa tête un mouvement de rotation et d'inclinaison variables suivant les déplacements subis par l'œil, ou encore il tient fermé l'un de ses yeux.

Le vertige n'est autre chose que le sentiment de l'instabilité de notre position dans l'espace au milieu des objets qui nous entourent. Dans le cas de diplopie, ce sentiment provient de ce que le sujet fait effort pour ramener sur la macula de son œil dévié l'image de l'objet qu'il fixe, de là des oscillations perpétuelles de l'œil et par suite l'image, se déplaçant constamment sur la rétine, provoque des perceptions multiples. De là l'idée de mouvement, de déplacement, d'instabilité des objets voisins et par erreur d'interprétation, par suite de l'illusion bien connue, le sujet s'attribue à lui-même les déplacements qu'il perçoit, il se croit en état d'oscillation, tandis que tout autour de lui reste fixe. En réalité, son œil seul se déplace.

Quant à la fausse localisation des objets vus par l'œil dévié, elle résulte de la suppression de la vision binoculaire et est surtout appré ciable si la diplopie est récente. Elle se manifeste lorsque le patient veut saisir quelque chose, la main passe à côté. Ce fait disparait lorsque, par une véritable éducation, le sujet corrige l'erreur de localisation de ces images.

Pour éviter les inconvénients de la diplopie, le sujet imprime à la tête un déplacement tel qu'il corrige le défaut d'action du muscle paralysé. L'œil du côté malade se trouve ainsi mis en bonne position, et l'image de l'objet fixé vient s'y peindre sur la macula, comme elle le fait dans le congénère convenablement placé à cet effet par son appareil moteur. En général, le malade tourne la tète du côté du muscle adducteur ou abducteur paralysé, et, en l'inclinant sur l'épaule, il élève ou abaisse l'œil malade relativement à son congénère, suivant que les muscles élévateurs ou abaisseurs sont touchés. Autrement encore, en fermant un œil, le patient se débarrasse de l'une des images qu'il perçoit ; d'ordinaire, il supprime par ce mécanisme l'image perçue par l'œil strabique; cependant, en cas d'anisométropie, si cette image est notablement plus nette que celle fournie par l'autre œil, c'est ce dernier qui est sacrifié.

L'évolution des paralysies oculaires ne présente rien de fixe; parfois, elles débutent lentement, s'accusant par une simple gène de la vision ; parfois, d'emblée et brusquement, c'est la diplopie ou le ptosis qui attirent l'attention. Après une période stationnaire plus Ou moins longue, Uaffection guérit, ou au contraire elle persiste et s'aggrave en

raison des contractures secondaires. Les paralysies tabétiques sont souvent fugaces, les rhumatismales encore durent peu de temps, quelques semaines ; mais, quand il s'agit de paralysies liées à la syphilis et surtout à des causes cérébrales, elles sont plus tenaces.

On doit encore signaler les paralysies oculaires à répétition, qui s'observent dans le tabès et les tumeurs de la base. Elles surviennent d'ordinaire rapidement, sans cause appréciable, précédées d'un peu de céphalalgie. Elles guérissent en quinze jours ou un mois, pour reparaître un ou deux ans plus tard, encore transitoires ou installées définitivement. Quelquefois aussi, elles surviennent dans la sclérose en plaques, la paralysie générale, la syphilis cérébrale.

Dans certains cas, on constate des accès de paralysie oculaire, avec névralgie orbitaire, accès revenant tous les mois, tous les trois mois, une ou deux fois par an. Cette affection d'origine centrale, que l'on est porté à rapprocher de la migraine, débute d'ordinaire vers l'enfance (douze ou treize ans), quelquefois plus tôt. La durée des crises est variable, mais les paralysies peuvent persister, plus ou moins prononcées, plusieurs mois après la disparition des autres symptômes. (Parinaud et Marie.)

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