UI. — DÉSORDRES DE LA CONVERGENCE ET DE LÀ DIVERGENCE
1° Paralysie de la convergence. — c J'ai distingué, écrit Parinaud, deux formes de paralysie de la convergence, toutes deux bien distinctes de la paralysie incomplète des muscles droits internes, car on doit réserver le nom de paralysie de la convergence aux cas où l'innervation des droits internes est intéressée seulement pour la convergence, l'innervation des mêmes muscles persistant pour l'adduction, dans lès déplacements latéraux des yeux.
« J'ai désigné la première forme sous le nom de paralysie combinée de la convergence, parce que la paralysie de la convergence est accompagnée de troubles de l'innervation, de l'élévation et de l'abaissemenl, qui constituent même le trait dominant de cette paralysie. Elle est caractérisée, lorsqu'elle est complète, par la paralysie de l'élévation et de l'abaissement dans les deux yeux, avec paralysie de la convergence et intégrité des mouvements de latéralité. Le releveur des paupières et l'iris ne sont pas intéressés.
c La seconde forme est la paralysie essentielle de la convergence, dans laquelle les autres mouvements n'ont aucune tendance à être altérés et qui se distingue par une symptomatologie bien spéciale.
c La paralysie essentielle, ou paralysie de la convergence proprement dite, est caractérisée, dans sa forme typique, par l'abolition des trois actes musculaires qui interviennent dans la fixation à petite distance: la convergence, V accommodation et la contraction de la pupille.
c Les symptômes sont les suivants :
« Défaut de convergence des yeux, appréciable objectivement par les moyens habituels. — Diplopie croisée persistant dans toute V étendue
du champ du regard sans modification notable de Vécartement des images. — Paralysie double de V accommodation sans mydriase. — Absence du réflexe pupillaire d'accommodation.
« Telle est la symptomatologie très caractéristique de cette paralysie dans sa forme parfaite. Il s* agit essentiellement de la paralysie d'une fonction portant sur l'innervation de plusieurs muscles prenant part à cette fonction, en respectant l'innervation de ces mêmes muscles pour d'autres actes.
« On peut observer des cas où les symptômes sont incomplets. Il faut considérer que les liens qui unissent les trois actes musculaires qui interviennent dans la fixation à petite distance ne sont pas insolubles. L'âge affaiblit jusqu'à l'éteindre l'accommodation, tandis qu'il respecte plus ou moins l'amplitude de convergence. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver les symptômes aussi nettement accusés chez un homme de soixante ans que chez un enfant.
c Le symptôme fondamental de cette paralysie est la diplopie, qui à elle seule est caractéristique, mais elle-même peut disparaître après un certain temps. »
2° Contracture de la convergence. Paralysie de la divergence. — En regard des faits de paralysie de la convergence, Parinaud en plaçait d'autres qu'il tenait pour des exemples de paralysie de la divergence. Le désordre moteur oculaire se traduit alors par Yimpossibilité de ramener les axes visuels dans le parallélisme, et se caractérise par une diplopie homonyme peu prononcée, persistant dans toutes les directions du regard, sans modification bien notable de Vécartement des images pour une même distance. Il s'y joint quelquefois une légère différence de hauteur des images, laquelle présente le même caractère de fixité. Mais l'étude de faits nouveaux a démontré à notre confrère qu'il s'agit non de paralysie de la divergence, mais de contracture de la convergence. Il constate en effet chez ses malades qu'il existe de la contracture de r accommodation, que le punctum remotum est venu se fusionner avec le punctum proximum très près de l'œil, ou plus souvent que le parcours de l'accommodation s'est raccourci à chacune de ses deux extrémités, que le punctum remotum et le punctum proximum sont allés l'un au-devant de l'autre. Leur point de fusionnement peut se trouver à des distances variables de l'œil, indépendamment des différences qui résultent de la réfraction statique et de l'âge du sujet. Lorsqu'il est éloigné de l'œil, on pourrait croire au premier abord à une paralysie incomplète, mais la recherche du punctum remotum préviendra cette erreur.
Le trouble d'innervation de la convergence est bien certainement de même nature que celui de l'accommodation auquel il est associé. Il s'agit d'une contracture, qui fait converger les yeux pour des distances