TRAITEMENT DU STRABISME
ture dépasse 4 degrés, le volume et le poids du verre, l'irisation des contours et la déformation des objets en rendent l'usage impossible.
Contre les désordres de nutrition du muscle paralysé on recommande les exercices sléréoscopiques, c'est-à-dire la gymnastique musculaire et l'électricité. De préférence on utilise les courants continus, soit en plaçant le pôle positif en regard du muscle malade sur le bord orbitaire et le pôle négatif sur le ganglion cervical supérieur du sympathique, soit en posant un électrode sur les paupières fermées et l'autre à la nuque. Le courant fourni par quatre à six éléments sera prescrit par séances quotidiennes de cinq à dix minutes. On peut encore avoir recours aux courants induits que l'on fait agir aussi directement que possible sur le muscle A paralysé en portant au fend du cul-de-sac con- \ jonctival un petit électrode en forme de petit bouton aplati.
Les exercices stéréoscopiques, préconisés par Javal, Vignes, rétablissent la vision binoculaire en sollicitant les contractions et par suite le développement des muscles dont l'action a besoin d'être renforcée pour rétablir la concordance des axes visuels. Us constituent à eux seuls un mode de traitement, ou ils servent à compléter une cure préparée par une intervention chirurgicale. Pour qu'on puisse y avoir recours, l'œil dévié ne doit pas être amblyope et le sujet ne doit pas faire abstraction de la fausse image. Au besoin, on donnera les verres correcteurs nécessaires, et pour provoquer la diplopie on pratiquera l'occlusion de l'œil sain pendant plusieurs heures par jour. Celle-ci établie, il s'agit de s'en servir pour faire disparaître le strabisme. A cet effet, on dispose d'une série de cartons destinés à être placés dans un stéréoscope; chacun est divisé en deux parties égales marquées symétriquement d'un large point blanc. Ces derniers, suivant les cartons, sont distants de 3, 4, 5, 6, 8, 10 et 12 centimètres. On cherche quel est le carton dont le malade arrive à fusionner les deux points blancs en faisant un certain effort, et on soumet le patient à l'exercice de fusion de points de plus en plus rapprochés. Javal, qui utilise un stéréoscope à charnière, insiste sur la nécessité de pratiquer les exercices pendant plusieurs heures consécutives avec de nombreux intervalles de repos. Tel de ses malades
Fig. 397.
Prisme correcteur de la diplopie.
NIMIER ET DESPAON ET.
travaillait de quatorze à dix-huit heures par jour et reconnaissait que le succès avait exigé une douzaine d'heures d'efforts, dix au moins chaque jour. D'après Panas, le sujet sera tenu pour gue'ri lorsqu'il peut fusionner à 6 ou 7 centimètres dans le strabisme convergent et à 3 ou 4 centimètres dans le strabisme divergent.
La correction chirurgicale du strabisme a pour but de rétablir la position d'équilibre du globe oculaire, et à cet effet ou bien Ton diminue la puissance du muscle devenu relativement trop puissant (c'est-à-dire le muscle rétracté ou contracture, ou on renforce l'action du muscle le plus faible. Pour affaiblir un muscle, on en pratique la ténotomie; l'extrémité sectionnée vient alors
Stéréoscope à charnières Prendre adhérence eû arrière de «>n in*erde Javal. tion première, plus ou moins loin suivant le
détachement des expansions tendineuses, suivant la tonicité du muscle coupé et aussi la tonicité du muscle parésié qui fait tourner le globe de son côté. Si l'équilibre des actions musculaires n'est pas rétabli, on renforcera le muscle parésié en avançant son insertion antérieure, et à cet effet Ton pratique l'avancement musculaire ou encore l'avancement capsulaire. En combinant ainsi la strabotomie et l'avancement musculaire ou capsulaire sur l'œil strabique, l'on arrive à le replacer en bonne position, c'est-à-dire que le centre de sa pupille se trouve replacé au centre de l'orifice palpébral; lorsque le sujet regarde au loin devant lui les deux axes visuels sont parallèles. Il est toutefois à remarquer qu'en déplaçant les insertions musculaires on modifie les arcs d'excursion possibles pour les déplacements de l'œil. Ils se trouvent généralement réduits et le strabisme persiste lorsque les yeux sont déviés fortement en dedans ou en dehors. Pour éviter cet inconvénient, on a donné le conseil d'agir sur l'œil sain; au lieu d'affaiblir l'antagoniste du muscle paralysé, on affaiblit du côté de l'œil sain le muscle dont l'action est similaire à la sienne. Par exemple il y a strabisme interne à gauche, on fait la section du droit interne de cet œil et si le redressement n'est pas complet, au lieu de s'attaquer à son antagoniste, le droit externe gauche, on fait la section du droit interne de l'œil droit et l'on obtient ainsi le parallélisme des deux axes visuels. D'autres chirurgiens pratiquent d'abord la strabotomie des antagonistes, puis l'avancement du muscle sain et, si besoin est, la strabotomie de l'autre côté.
Ces règles s'appliquent surtout aux strabismes interne et externe; lorsqu'il existe une paralysie d'un muscle droit inférieur avec strabisme supérieur ou d'un muscle droit supérieur avec strabisme inférieur, il