‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 363 sur 443 · I. - TÉNOTOMIE OU STRABOTOMIE PAR RECUL DU TENDON · texte numérisé non relu

I. - TÉNOTOMIE OU STRABOTOMIE PAR RECUL DU TENDON

La ténotomie a pour but de détacher le tendon antérieur de l'un des muscles de l'œil au ras de la sclérotique, afin de lui permettre de glisser en arrière et de venir contracter des adhérences, situées plus près du pôle postérieur que son insertion première.

Ciseaux à strabisme.

Un blépharostat, des pinces à griffes et à disséquer, de petits ciseaux courbes et mousses, deux crochets mousses, un grand et un petit, une aiguille fine armée d'un fil, telle est l'instrumentation nécessaire. On chloroformisera l'enfant, on se contentera de la cocaïne chez l'adulte; dans les deux cas, les culs-de-sac conjonctivaux seront largement irrigués et désinfectés. Qu'il s'agisse de l'un ou l'autre des muscles droits, les temps opératoires sont les mêmes, il convient seulement de se rappeler que leurs tendons, larges de 7 à 8 millimètres, s'insèrent à des distances inégales de la cornée et que les expansions orbitaires de leurs gaines s'opposent à leur rétraction complète après la ténotomie.

CHIRURGIE 837

Les paupières écartées, l'œil fixé par la pince à griffes et dévié de façon à présenter la région d'insertion du tendon à couper, l'opérateur fait un pli à la conjonctive au niveau de l'insertion tendineuse et incise la membrane sur une longueur de 5 à 6 millimètres, parallèlement au limbe

Fig. 400.

Grand et petit crochets à strabisme.

scléro-cornéen. Puis il décolle la muqueuse dans la profondeur. Par la brèche ainsi pratiquée, il passe le grand crochet mousse, cherche à l'engager sous l'un ou l'autre bord du tendon et le glisse entre celui-ci et la sclérotique, dégageant au besoin sa pointe d'un coup [de ciseaux.

Fig. 401.

Ténotomie du droit interne.

Le tendon, ainsi soulevé, est ensuite coupé au ras de la sclérotique ; pour s'assurer que toutes les fibres ont bien été sectionnées, l'opérateur prend le petit crochet et par des mouvements successifs de demi-rotation il s'efforce de charger les fibres épargnées sur le crochet dont le bec mousse appuie fortement sur la sclérotique.

Le blépharostat enlevé, le sang épanché, on voit si la correction obtenue est suffisante ; s'il est besoin de la compléter, on promène le petit crochet de façon à détruire les adhérences conjonctivales du tendon, on charge sur lui les expansions tendineuses que l'on sectionne. Finalement on suture la plaie conjonctivale, et alors il est indiqué non de la fermer

simplement en accolant les deux lèvres de la plaie, mais de mettre à profit la mobilité de la muqueuse pour donner à la suture une direction perpendiculaire à celle de l'incision pratiquée. On évitera ainsi de diminuer la correction obtenue par la strabotomie. Il va sans dire que cette pratique doit être délaissée si la ténotomie a produit un déplacement exagéré.

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