‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 372 sur 443 · CHAPITRE CXXXIV TUMEURS DE LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXIV TUMEURS DE LA GLANDE LACRYMALE

Les tumeurs de la glande lacrymale sont liquides ou solides. Les premières, au niveau de la portion palpébrale, résultent de la dilatation des canalicules excréteurs accidentellement oblitérés; ce sont des kystes encore appelés dacryops, dont il a déjà été question. Dans la glande orbitaire on a trouvé des kystes simples, qui, d'après Desmarres, prendraient naissance dans le tissu cellulaire, et non dans le tissu glandulaire lui-même, ou encore des kystes hydatiques dont l'accroissement rapide permet de soupçonner la nature.

Les tumeurs solides sont encore mal connues. On cite Yhypertrophie simple de la glande, qui survient à la longue comme terminaison de poussées fluxionnaires ou inflammatoires. Sans trouble de la fonction, la glande volumineuse refoule l'œil et soulève la paupière supérieure qui est tombante.

V adénome, le flbro-adénome, Yenchondrome, Y adèno-myxome, comme tumeurs bénignes, Yadéno-sarcome, Yépithéliome et le carcinome, comme tumeurs malignes, ont été observés dans la glande lacrymale. De Lapersonne a enlevé chez une femme à antécédents suspects une tumeur qu'il croyait être un sarcome embryonnaire à marche rapide et dont la nature tuberculeuse fut démontrée par l'examen histologique. La symptomatologie de ces tumeurs, jusqu'à un certain point, se confond avec celle plus générale des tumeurs de l'orbite; la notion exacte de leur siège au début, la constatation de l'atteinte de la portion palpébrale doivent surtout attirer l'attention. Plus tard on voit la tumeur occuper surtout la partie supéro-externe de l'orbite, refouler l'œil en bas et en dedans et gêner ses mouvements en haut et en dehors. Du reste l'extirpation de l'organe malade constitue le seul traitement efficace.

A titre de curiosité encore il convient de citer l'existence de concrétions de phosphate de chaux (dacryolithes), que Ton a trouvées dans le tissu de la glande ou dans ses canaux excréteurs où ils peuvent provoquer un certain degré de réaction inflammatoire avant de s'éliminer spontanément.

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