‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 375 sur 443 · CHAPITRE CXXXVI LÉSIONS TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXVI LÉSIONS TRAUMATIQUES

Les plaies de l'angle interne de l'œil peuvent intéresser les points et les conduits lacrymaux ainsi que le sac lacrymal; les fractures du nez s'accompagnent parfois d'écrasement du canal nasal. Au niveau des points lacrymaux l'introduction brutale d'un instrument peut causer une déchirure dont la cicatrisation entraînera l'oblitération de l'orifice. De même un cathétérisme mal fait crée une fausse route le long d'un canalicule, ou bien une injection forcée en provoque la rupture et l'infiltration du liquide dans la paupière inférieure. De là, plus tard, des rétrécissements ou l'oblitération du canalicule; cette dernière parfois encore résulte de la présence d'un corps étranger venu de l'extérieur, en particulier un cil.

Mieux protégé contre les plaies et les contusions directes, le sac lacrymal est lésé par les projectiles ou encore dans les fractures de la paroi interne de l'orbite. Tantôt il communique avec l'extérieur à travers une plaie, qui a peu de tendance à devenir fistuleuse. Tantôt il existe une déchirure sous-cutanée des parois incomplètement rompues, lésion que traduit encore le passage dans le tissu conjonctif des paupières du liquide injecté par les points lacrymaux.

Enfin l'écrasement du canal nasal dans les fractures du nez se reconnaît à la déformation du squelette, à l'imperméabilité du canal, aux accidents inflammatoires, qui surviennent dans le sac lacrymal par suite de la rétention des larmes.

Le traitement des traumatismes qui intéressent les voies lacrymales comporte, outre les indications générales habituelles, quelques précautions spéciales pour en prévenir les conséquences et quelques interventions pour corriger ces dernières. Sans doute l'oblitération d'un point ou d'un canalicule lacrymal est peu importante si l'autre voie d'excré-

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tion fonctionne bien, mais dans le cas contraire, il devient nécessaire d'établir une communication artificielle entre le lac et le sac lacrymal, dont on incise la paroi externe au voisinage de la caroncule. Si le sac lui-môme est blessé, alors il convient de s'opposer par des lavages antiseptiques à la venue d'une dacryocystite aiguë, ou, si la paroi rompue laisse fuser les liquides dans les paupières, on s'opposera par le cathétérisme à l'obstruction du sac. Enfin, si le canal nasal est obstrué, c'est encore au cathétérisme forcé que l'on aura recours pour rétablir la voie d'écoulement des larmes. Si, malgré tout, il persistait un épiphora gênant, on aurait comme dernière ressource l'extirpation de la glande lacrymale palpébrale.

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