I. - BLÉPHARORAPHIE
On cherchera à rétrécir par une suture incomplète l'ouverture palpébrale anormalement ou accidentellement élargie au niveau de sa commissure externe. Cette même suture des bords palpébraux pourra encore être utilisée pour faciliter la fermeture des paupières dans le casde paralysie de l'orbiculaire, ou combattre une tendance exagérée à Pexophtaimie dans le goitre exophtamique.
Par le pincement de la commissure externe; on se rend compte de l'étendue que doit avoir la suture des bords palpébraux, que l'on avive, ainsi que l'angle externe, par l'excision à la pince et aux ciseaux d'un petit lambeau cutanéo-muqueux de 1 millimètre et demi de large, celui-ci comprendra les bulbes des cils, et l'avivemenl sera prolongé un peu plu* loin sur la lèvre interne du bord libre que sur l'externe. Deitx ou trois points de suture maintiendront les parties au contact; un peu de poudre d'iodoforme et un pansement occlusif immobilisant les paupières assureront la guérison en quelques jours.
Certaines affections de la cornée ou de la conjonctive se trouvant bien d'une occlusion prolongée, pendant des mois, de l'ouverture palpébrale, on est alors autorisé à pratiquer une blépharoraphie totale. Cette même opération constitue encore un'temps complémentaire de certaines
opérations d'ectropion ou de blépharoplastie, quand on craint les effets de la rétraction cicatricielle. Il convient, dans ce cas, de ménager les bulbes des cils et pour cela Tavivement ne doit porter que sur la lèvre interne des bords palpébraux qui seront réunis jusque près de la commissure interne. Ici doit persister un orifice suffisant pour assurer l'évacuation, et au besoin permettre l'irrigation du sac conjonctival.
Quand on veut plus tard désunir la suture, il suffit de glisser une sonde cannelée par l'orifice de la commissure interne et d'inciser sur elle entre les deux rangées de cils la bandelette adhérente. Les mouvements incessants des paupières empêchent qu'elles adhèrent à nouveau.