CHAPITRE XIII
ANATOMIE
La conjonctive est une membrane muqueuse située, à la manière d'un sac séreux ouvert, entre les paupières et le globe de l'œil, et destinée à permettre à ces organes de se mouvoir librement les uns sur les autres.
Sur les paupières, la conjonctive se continue avec la peau au niveau de leur bord libre, tapisse leur face postérieure intimement adhérente aux tissus sous-jacents {conjonctive palpébrale), puis elle se jette de la paupière sur le globe de l'œil, limitant un sillon (culs-de-sac conjonctivaux), un peu moins profond sous la commissure externe que sous la paupière inférieure et surtout la supérieure. Au niveau de l'angle interne la la muqueuse tapisse une dépression peu profonde (sac lacrymal) où se voient la caroncule et le pli semi-lunaire et où viennent s'ouvrir les voies d'excrétion des larmes. Moyennement adhérente aux prolongements que l'aponévrose orbitaire envoie vers les paupières et le globe de l'œil, la muqueuse (conjonctive bulbaire) tapisse ce dernier auquel l'unit un tissu cellulaire très lâche. Enfin la couche épithéliale seule passe en avant de la cornée.
La surface libre de la conjonctive est humectée par les larmes et un peu de mucus; elle paraît lisse, mais à la longue on y découvre des papilles un peu plus développées au niveau des culs-de-sac et du globe. Histologiquement cette membrane est constituée par un ëpithélium, une tunique propi%e et une couche de tissu cellulaire; elle comprend en outre des vaisseaux sanguins, des corpuscules lymphatiques, des glandes et un réseau nerveux.
Les artères proviennent des palpébrales et des ciliaires antérieures ; les
veines se jettent, les supérieures dans Tune des branche de l'ophtalmique, les internes et inférieures dans les origines de la faciale. Ces vaisseaux constituent un réseau plus ou moins développé suivant les régions : cercle péricornéen, gros rameaux veineux sous la conjonctive bulbaire. Il n'existerait pas de vaisseaux lymphatiques conjonctivaux, mais dans la muqueuse on constaterait une infiltration d'éléments considérés par certains auteurs comme de véritables follicules lymphatiques. Quant aux glandes, elles se trouvent en nombre variable dans la muqueuse des culs-de-sac et sécrètent du mucus. Le réseau nerveux émane des nerfs ciliaires pour la conjonctive bulbaire et pour la palpébrale de la branche ophtalmique et du nerf orbitaire. Leurs terminaisons présentent des corpuscules spéciaux (C. de Krause), véritables corpuscules de tact situés dans des papilles vasculaires et nerveuses.
La caroncule lacrymale est un petit corps ovoïde ou triangulaire, blanc jaunâtre, hérissé de poils extrêmement fins; elle est située dans le grand angle de l'œil et parfois reliée à la peau voisine par un pont très étroit. On y distingue : un épithélium, un corps papillaire, quelques fibres lisses, quelques fibres de l'orbiculaire, des follicules pileux et des glandes sébacées; enfin des corpuscules lymphatiques et un riche réseau vasculaire. La caroncule aurait pour effet d'empêcher les larmes de s'échapper par l'angle interne.
Le pli semi-lunaire ou membrane clignotante représente la troisième paupière des oiseaux; c'est un pli de la conjonctive en forme de petit croissant situé entre la caroncule et le globe de l'œil, plus apparent lorsque l'œil est dirigé en dedans, effacé dans la position inverse.