XI. -LÈPRE C0NJ0NCTIVALE
Comme manifestations de la lèpre, la conjonctive peut présenter les altérations suivantes : l'anesthésie, la conjonctivite, le ptérygion et les tubercules.
Vanesthésie de la conjonctive est fréquente chez les lépreux de tous genres; elle occupe aussi bien la conjonctive palpébrale que la conjonctive bulbaire.
La conjonctivite des lépreux peut tenir à deux causes : ou bien elle est d'origine traumatique ou bien elle est symptomatique des tubercules. L'anesthésie de la conjonctive, surtout si elle est accompagnée d'insensibilité de la cornée, expose l'œil à l'irritation continuelle des poussières et agents extérieurs qui ne provoquent plus de réflexes oculaires. De là les conjonctivites rebelles aiguës ou chroniques.
Le ptérygion, qui se développe quelquefois en des points inaccoutumés, tient à deux causes : premièrement, à l'action continuelle des agents extérieurs de la conjonctive oculaire, et secondement, à la desquammation épithéliale de la cornée ou à une perte de substance quelconque, au niveau de laquelle la conjonctive hypertrophiée contracte des adhérences.
Les tubercules lépreux se développent dans la conjonctive de la même manière que dans la peau. Leur point d'élection sur le globe oculaire est le limbe scléro-cornéen. Ils se montrent sous la forme d'une petite élevure blanche ou légèrement rosée qui augmente fatalement de volume jusqu'à destruction totale de l'organe.