‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 3 sur 102 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

faire l'aveu de son ignorance, ce qui produit toujours un mauvais effet, car le public, surtout en province, exige du médecin la connaissance de toutes les branches de l'art de guérir. Comme on n'a pas le temps d'approfondir toutes les parties de la science médicale, il faut cependant en savoir assez pour les besoins de la pratique.

Si au moyen d'une opération, soit de cataracte, d'iridectomie, de strabisme ou autre, nous rendons la vue à un malade, ou nous améliorons celle qui lui reste, celui-ci nous en sera quelquefois reconnaissant. Mais si, après l'opération, la vue reste dans le même état, ou qu'elle soit moins bonne qu'avant, ce qui, soit dit en passant, se voit parfois en dépit des opérations les plus rationnelles et les plus habilement exécutées, alors le malade ne vous pardonnera jamais de l'avoir fait souffrir et de ne pas lui avoir rendu la vue.

Nous ne voulons pas pour cela restreindre les opérations : quand il faut opérer on opère, et quel qu'en soit le résultat, on ne doit avoir d'autre juge que sa conscience et le désir d'avoir voulu bien faire. Mais si, d'un autre côté, nous permettons à un malade, sans lui faire subir d'opération, ni endurer de douleurs, de continuer une profession qu'il se voyait obligé d'abandonner après un long et stérile apprentissage, ou de suivre une carrière libérale à laquelle il paraissait forcé de renoncer, et tout cela au moyen

Page 1