‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 6 sur 102 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

pays, et donnant aux calculs une complication et des difficultés inutiles. Le pouce, qui servait comme distance focale et pour le numérotage des verres, n'avait pas la même longueur à Paris, à Londres ou à Berlin. D'un autre côté, les fractions de pouce étant des fractions ordinaires, exigeaient dans les opérations les plus simples, comme les additions et les soustractions, des réductions et des calculs fastidieux, désavantage que n'offre pas le système métrique où les unités et les fractions décimales peuvent s'ajouter et se retrancher mentalement avec la plus grande facilité. Dans la rédaction de cet ouvrage, nous avons dù employei* simultanément les deux systèmes, attendu que la plupart des livres classiques écrits jusqu'à ce jour sont antérieurs à l'introduction en ophthalmologie du système métrique. De cette manière, le lecteur pourra facilement comprendre les auteurs et s'initier en même temps au nouveau système, qui est extrêmement simple et facile.

La difficulté pratique de l'introduction du système métrique dans la fabrication des verres consiste en ce qu'il existe dans tous les pays un stock considérable de verres fabriqués qu'on est obligé d'écouler. Le matériel immense qui sert à cette industrie est coûteux à réformer ou à transformer, et les fabricants sont généralement plus soucieux des intérêts de leur maison que de ceux de la science. Il en résulte qu'il se passera

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encore bien du temps probablement avant que le nouveau système soit d'un usage général, lors même qu'une loi vînt en décréter l'application. La profession d'opticien n'est pas toujours exercée par des personnes intelligentes, et il existe malheureusement trop de charlatans vendeurs de lunettes qui n'ont aucune notion de leur métier. Les opticiens eux-mêmes ne seroïit pas tous disposés à abandonner la routine et à faire un nouvel apprentissage, bien court, il est vrai, puisqu'il exigerait à peine quelques heures de lecture et de réflexion, et craindront de mécontenter leurs clients en leur donnant des numéros si différents en apparence des anciens. Une question bien plus sérieuse, c'est qu'en pareil cas il faudrait à chaque opticien une boîte de verres d'essai ou juges métriques, auxquels il pourrait se rapporter pour le choix de ses verres ou pour exécuter la prescription du médecin. Or ce serait encore exiger de ces industriels une dépense que ne compenseraient pas toujours les bénéfices souvent restreints des petites localités. On pourrait, il est vrai, se contenter d'une approximation suffisante en prenant les anciens numéros qui correspondent à peu près aux nouveaux.

Nous ne saurions trop louer le zèle et le désintéressement de quelques habiles opticiens de Paris, qui ont bien voulu prêter à la science le concours de leur talent et donner à la théorie une solution pratique.

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