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PRESBYOPIE. — ÉTIOLOGIE. 425
' Irès-sensible, beaucoup plus même qu'on ne le pense généralement, et est caractérisée par la diminution de l'acuité visuelle, par l'éloignement du point le plus rapproché de la vision distincte et par la diminution de l'étendue du champ d'accommodation. Ainsi, il résulte d'un très-grand nombre d'observations faites parDonders, que, pour l'œil emmétrope, le punctum proximum, l'amplitude d'accommodation et l'acuité visuelle, varient, depuis l'âge de dix ans jusqu'à quatre-vingts ans, comme l'indique le tableau ci-contre :
On voit que le punctum proximum, qui était à 2" de l'œil à l'âge de dix ans, se trouve à 3"78 ^ 1'%^ de quinze ans; à 3"7i3 ou 0'^,099, à l'âge de vingt ans; à 9" ou 0™,24 à quarante ans; à 24", ou0™,64, à cinquante- cinq ans; à 72", ou l'" 94, à soixante-dix ans; enfin à l'infini à soixante-quinze ans, ce qui correspondrait à une paralysie de l'accommodation, si le punctum remotum ne s'était pas éloigné et que l'œil ne fût pas devenu hypermétrope. Mais ce degré d'hypermétropie, très-faible, puisque d'après Donders, il n'atteindrait guère, à quatre-vingts ans, que 1/24 ou 1/10, c'est-à-dire 1°,50, ou 3d,50, fait que, même avec le punctum proximum à l'infini, il existe encore un certain degré d'accommodation. D'après le même auteur, cette hypermétropie commencerait à se manifester dès l'âge de trente-cinq ans; cependant il nous semble bien difficile de résoudre expérimentalement cette question, et, malgré les bonnes raisons et l'autorité imposante du célèbre professeur d'Utrecht, nous sommes peu porté à admettre un commencement d'hypermétropie à un âge aussi peu avancé. Le degré de celte anomalie, du reste, est si insignifiant, qu'il faudrait non-seulement des malades très-intelligents pour le noter, mais encore qu'on eût pu constater chez eux, dans leur jeunesse, qu'ils étaient parfaitement emmétropes. D'un autre côté, l'œil doit être atropinisé pour déterminer le punctum remotum ; or, quoi qu'on dise, ce n'est plus alors
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l'état normal, et la paralysie du muscle ciliaire doit avoir pour conséquence la suppression de la force tonique de ce muscle, qui existe normalement, et par suite une tendance à une rupture d'équilibre entre la force élastique de la capsule cristallinienne et le tonus ciliaire.
11 ne peut en résulter qu'un recul du foyer du système dioptrique, et, par conséquent, une certaine hypermétropie. A un âge plus avancé, si l'hypermétropie est très-fréquente, on peut l'attribuer aux changements survenus dans la constitution anatomique de l'œil. Cependant, on sait que, dans la vieillesse, le cristallin se porte en avant, ainsi que l'iris, ce qui fait paraître la chambre antérieure moins profonde; or, un semblable déplacement devrait produire, tout restant égal d'ailleurs, de la myopie. Mais en même temps la constitution intime de la lentille change : les couches périphériques deviennent plus denses et présentent moins de différence avec le noyau. Thomas Young avait déjà annoncé, ce qui a été pleinement démontré par Senff, Listing et autres, qu'une lentille de même forme que le cristallin et d'une densité uniforme, égale à celle du noyau, aurait une distance focale supérieure à celle d'une autre lentille dont la densité irait en décroissant du centre à la périphérie.
Cette augmentation de densité des couches corticales du cristallin est démontrée, dit Donders, par ce fait, que les images réfléchies par les surfaces antérieure et postérieure du cristallin deviennent plus distinctes avec l'âge; distincrtion qui est d'autant plus prononcée, que les différences entre les coefficients de réfraction des couches externes du cristallin et de l'humeur aqueuse, d'une part, et du corps vitré et du cristallin, d'autre part, sont plus grandes. Les changements qui surviennent aussi, â un certain âge, dans la capsule cristallinienne doivent sans doute avoir une certaine importance dans la formation des images réflé hies. Les
PRESBYOPIE. - MARCHE. ^"^^ recherches anatomiques, du reste, confirment aussi ces données expérimentales et nous montrent le cristaUin un peu aplati, ce qui est encore une cause d'augmentation de sa distance focale.
b Marche. — Le diagramme suivant, emprunte au Irai te des maladies des yeux de M. Wecker mo.ntre, d'une manière saisissante, la marche que suit l'amplitude de l'accommo-