DISTANCES
de p
AGES
mètres
diopli'.
i.ûO
oo
GO
11 9.5 8 6.5 4 Fig. 111.
dation, depuis l'âge de dix ans jusqu'à quatre-vingts ans. La courbe p p indique à la fois la position du punctum proximum aux différents âges et l'étendue de l'accommodation, dontM'autre limite est donnée par la ligne du punctum
4^-8 PRESBYOPIE. - MARCHE.
remotum rr. La longueur des lignes verticales comprises enire les deux lignes pp, rr, représente celle étendue de l'accommodalion, et comprend un certain nombre d'intervalles horizontaux dont l'écartement est de 1/24 ancien ou de 1D,54.I1 suffit donc de multiplier par 1/24, ou par l'",54, le nombre d'espaces comprises entre les deux grosses lignes courbes, pour avoir, en pouces ou en dioptries, l'ampliUide de l'accommodation correspondant à chaque âge. Le calcul, du reste, a été fait, et en bas du tableau on voit en regard de chaque âge l'amplitude d'accommodation qui lui correspond.
L'acuité visuelle diminue aussi graduellement avec l'âge. On peut voir, dans le tableau de la page 424, que cette acuité, étant 22/20 jusqu'à 30 ans, tombe à 18/20 à 40 ans, à 12/20 à 75 ans et à 11/20 cà 80 ans : c'est juste la moitié de la valeur qui correspond à la jeunesse. Il ne faut pas se dissimuler, cependant, qu'il existe des ditférences individuelles considérables, et que malgré un âge assez avancé, la vue peut rester très-bonne. Nous avons connu, en Amérique, un soldat de 45 ans environ, qui étonnait tout le monde par la puissance de sa vue. Dans la pampa il reconnaissait, à une dislance considérable, les objets ou les personnes, et donnait le signalement du cheval et du costume du cavalier, avant que personne pût voir autre chose qu'une masse noire ou à peine distincte. Ce soldat, comme éclaireur ou comme vigie, rendait de très-grands services et était fort apprécié dans la garnison.
Généralement on désigne la presbytie, dans le public non médical, s'entend, par l'expression de vue longue. Cette locution est très-mauvaise et donne souvent une fausse idée, attendu que beaucoup de personnes croient que ce qui manque pour la vue de près se reporte sur la vue de loin, et que les personnes âgées voient les mêmes objets distinctement à une distance plus grande que les autres.
PRESBYOPIE. — MARCHE. *29 ■
C'est une erreur contre laquelle il faut se prémunir, puisque nous savons que l'acuilé visuelle diminue aussi avec l'âge, et lorsqu'une personne âgée viendra vous dire, pour faire l'éloge de sa vue, qu'elle dislingue nettement tel ou tel objet à telle distance, vous devrez en conclure tout simplement que son acuité n'a pas diminué, et vous verrez qu'elle ne dépasse pas la limite d'une bonne vue ordinaire. Si la même personne voit distinctement de près et de loin, c'est qu'il existera chez elle un faible degré de myopie.
La vue longue est donc plutôt courte, ou plus courte, puisque son parcours s'étend entre deux points moins éloignés l'un de l'autre qu'auparavant. Dans la myopie cela est encore plus manifeste, car le punctum remotum reste fixe, ou à peu près, tandis que le punctum proximum s'éloigne. Le sujet atteint de myopie faible aura donc besoin, à un certain âge, de verres convexes pour ramener son punctum proximum à 8 pouces lorsque son accommodation n'y suffira plus; il sera aussi presbyte, mais n'aura nullement une vue longue.
Quel que soit l'état de réfraction de l'œil, son pouvoir d'accommodation diminue et le point r s'éloigne, d'autant plus que l'individu est plus hypermétrope et d'autant moins qu'il est plus myope.
On comprend facilement que si la myopie égale 1/15 ou 1/12, 2" ou 3°, c'est-à-dire que le punctum remotum soit à 15 ou 12 pouces, 30 ou iO centim., l'abolition complète de l'accommodation n'aura d'autre effet que de reculer à celte distance le point le plus rapproché de la vision distincte; mais si peu qu'il reste d'amplitude d'accommodation, le sujet verra encore à une distance assez peu éloignée. Si la myopie est de 1/8, ou 5", et au-dessus, il n'y aura pas, à proprement parler, de presbyopie, lors même que tout pouvoir d'accommodation aura disparu, puisque le punctum
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proximum ne sera pas à plus de 8" de l'œil, distance à partir de laquelle on compte la presbyopie. Le sujet n'aura donc pas besoin de lunettes convexes pour voir de près, et les lunettes concaves, pour voir au deKà de 8", seront déterminées pour chaque distance de la manière que nous avons indiquée à l'article Myopie.
Du reste, k moins d'aphakie, les cas de paralysie complète de l'accommodation sont extrêmement rares, et c'est la parésie qu'on observe généralement.
Avec une diminution notable de son accommodation, un individu atteint d'une myopie même assez faible ne réclamera jamais de lunettes pour voir de près, et comme il survient dans la vieillesse un léger degré d'hypermétropie, le punctum remotum lui-même s'éloignera un peu, et, par suite, la vue s'étendra un peu plus loin.
En règle générale, on peut dire que la presbyopie, chez les myopes, est diminuée de la quantité qui représente leur myopie.
La figure 112 nous montre qu'à partir de 10 ans l'amplitude d'accommodation diminue graduellement, sans arrêt, sans soubresauts. Il était donc impossible de fixer une limite précise à la presbyopie, même en se rapportant à l'élymologie du mot {ttçJoSvç, vieux, m-^ œil), car, si on faisait commencer cet état au moment où l'œil est vieux, les mêmes difficultés se présentaient : d'abord, le mol vieux n'est que relatif, et, d'un autre côté, les personnes de même âge peuvent jouir d'une vue bien différente. Dans l'œil luimême, il n'y a pas de raison pour établir une distinction entre l'œil presbyte et celui qui ne l'est pas. Il fallait donc fixer une limite artificielle, de convention, et dire que jusque-là l'accommodation était normale, et, à partir delà au-dessous de la normale, ce qui revenait à en mesurer l'amplitude.
Or, nous avons vu que pour une même amplitude d'ac-
PRESBYOPIE. — MARCHE. 4dl coinmodation, le punctum proximum, et par conséquent la distance moyenne de la vision distincte, était à une distance très-variable, selon l'état de réfraction de l'œil. C'est donc plutôt le parcours de l'accommodation qui doit servir de règle pour mesurer la presbytie, ou, si l'on aime mieux, la situation du punctum proximum. Toutefois, pour avoir une quantité constanté et applicable à tous les cas, on a pris pour chaque câge, chez l'emmétrope, la quantité d'accommodation qui lui manque pour ramener à 8" le punctum proximum, et on a appelé presbytie ou presbyopie cette quantité ou ce défaut d'accommodation. Cette détermination a été faite en prenant la moyenne d'un grand nombre d'observations. L'expérience ayant démontré que la presbytie suit la même marche, malgré les états différents de la réfraction (excepté les états pathologiques bien entendu) il suffira donc, pour un cas quelconque d'amélropie avec presbyopie, d'ajouter à celle-ci l'amétropie, avec le signe qui lui correspond et qui est, comme on sait, positif pour l'hypermétropie et négatif pour la myopie. Nous reviendrons sur ce sujet à propos du traitement de la presbyopie, mais on comprend déjà que, dans ce cas, l'hypermétrope devra porter plus tôt des verres convexes que l'emmétrope et, à plus forte raison que le myope.
Les conditions sociales de la vie nous obligent à être en rapport avec des objets dont les dimensions sont, en proportion avec l'acuité visuelle et la distance de la vision distincte de l'œil normal. C'est ainsi que les caractères d'imprimerie ont une grandeur moyenne, qui varie très^ peu, tant pour les livres que pour les journaux. On observe la même règle pour les productions de l'art ou de l'industrie qui doivent être vues ou exécutées sans l'aide d'instruments grossissants. Tant que l'œil peut voir nettement ces objets à une distance de 8 pouces, ou 21 centimètres, les détails, même très-fins, ne lui échappent pas, parce qu'ils
-432 PRESBYOPIE. - SYMPTOMES,
donnent encore sur la réline une image suffisamment grande; mais, dès que cette distance augmente, l'image rétinienne diminue, et il arrive un moment où elle ne peut plus être perçue. C'est encore pour la même raison que les myopes recherchent les petits caractères d'imprimerie, les petits ohjets, parce qu'ils peuvent les rapprocher suffisamment pour avoir encore de grandes images rétiniennes qui sont encore plus nettes parce que la convergence entraîne le rétrécissement de l'ouverture pupillaire, et par suite la diminution d'étendue des cercles de diffusion qui forment ces images.
Nous avons vu quelles étaient les causes que l'on a invoquées pour expliquer le changement de réfraction de l'œil presbyte; voyons maintenant, ce qui est beaucoup plus important, à quoi tient la diminution de l'amplitude d'accommodation, qui constitue, à proprement parler, la presbyopie, lorsqu'elle est une conséquence de l'âge.
On a attribué à une diminution d'énergie du muscle de Brûcke, la diminution du pouvoir d'accommodation; cependant rien n'est moins prouvé, car l'activité fonctionnelle, loin d'atïaiblirun muscle, en accroît, au contraire, la puissance, ou au moins la maintient égale, l'empêche de s'affaiblir lorsque cette activité n'est pas excessive. Dès lors, il serait étonnant que le muscle ciliaire fit exception, surtout cà une époque où le système musculaire est encore dans la plénitude de sa force. Plus tard, on peut à la rigueur admettre celle hypothèse, car un certain degré de faiblesse s'empare de tous les organes; mais, ce qui semble plus important encore, ce sontles changements survenusdansle cristallin eldont nous avons déjà parlé. Cet organe, devenant plus dense et plus dur, est moins apte à changer de courbure, et la même contraction musculaire ne suffit plus à produire le môme effet.
Sy Diplômes. — La presbytie n'a pas de début bien nettement accusé. Le premier symptôme qui se présente est
PRESBYOPIE. - TRAITEMENT. 433
caractérisé par une fatigue qui survient assez vite lorsque le sujet veut lire, le soir, des caractères un peu fins, surtout lorsqu'il a déjà fatigué son accommodation pendant la journée. De plus, il cherche à éclairer son livre le plus posble, pour rétrécir sa pupille, et l'éloigné un peu, mais bientôt, à cette distance, les caractères fins ne peuvent plus être lus, et la nécessité de lunettes se fait plus impérieusement sentir. Ces mêmes caractères peuvent cependant être lus pendant un certain temps encore à la lumière du jour, mais, au bout de quelque temps, cela devient impossible également, et c'est alors que l'on diagnostique la presbyopie. Une semblable succession de phénomènes pourrait aussi se montrer et se montre fréquemment dans la jeunesse, ou vers l'âge de trente ou trente-cinq ans, mais alors ce n'est pas de la presbyopie, mais bien de l'asthénopie ou de l'amblyopie, conséquence de l'hypermétropie, de l'astigmatisme, de l'insuffîsancé musculaire, ou de tout autre état anormal ou pathologique de la réfraction ou de l'accommodation. Parfois aussi le besoin de lunettes ne se fait sentir que beaucoup plus tard, même pour les emmétropes, et il y a, à ce sujet, de trèsgrandes différences individuelles. C'est habituellement vers l'âge de quarante à cinquante ans que débute la presbytie chez l'emmétrope. Chez le myope et l'hypermétrope, iln'en est plus de même, et ce que nous avons dit, à ce sujet, dans le courant de cet article, nous dispense d'y insister davantage.
§ 2. — Traitement do la presbyopie.
On a pris comme limite initiale de la presbyopie la distance de 8", ou21 centimètres, pour le punctum proximum, ce qui ne veut pas dire que l'usage des lunettes soit indispensable ni même utile quand le point/) est à celte distance ou en est très-peu éloigné, attendu que ce n'est qu'exceptionnellement que nous appliquons notre attention aussi près. Toutefois en
ARMAIGNAC. oc '
434 MIESBYOPIE. ~ TRAITEMENT.
convenant ainsi d'une dislance déterminée servant de point de départ pour la presbyopie, on a le moyen d'en fixer le degré et de pouvoir, au besoin, la corriger et ramener à 8" le point p. Le traitement de la presbytie n'a pas d'autre but. Voyons d'abord la détermination du degré de cette anomalie de l'accommodation, et nous indiquerons ensuite ce qu'il convient d'en corriger dans la pratique.
Nous avons dit, page 1 74 et suivantes, que l'effort d'accommodation nécessaire pour ramener le point p en p' était équivalent à une lentille positive exprimée par la différence d'accommodation, pour les points p et p'. C'est donc une fraction résultant de la soustraction de deux autres fractions ayant pour dénominateurs les dislances p et p' et pour numérateurs l'unité. Ce n'est autre chose que la formule de l'amplitude de l'accommodation modifiée,
dans laquelle p' ou ^ est la dislance à laquelle on veut voir, c'est-à-dire 8" ou 1/8 ;p ou ^ la dislance à laquelle on voit; et i l'amplitude d'accommodation, ou plutôt l'effort d'accommodation qui serait nécessaire pour voir, comme venant de 8", les rayons parlant de p; effort musculaire qui est ici remplacé par la lentille et qui représente le degré de presbyopie. Si nous appelons n la dislance à laquelle on voit, on aura, pour la presbyopie :
Si n = 46" ou 16 centim., le verre correcteur sera l