‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 9 sur 102 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

§ 1. — I>o la Iiiinièro.

Un ouvrage d'oplique ne saurait commencer par un sujet plus dircclement en relation avec la matière Irailée que ne l'est la lumière. Nous ne chercherons pas à rappeler tout ce qui a été dit et écrit sur ce phénomène singulier qui permet à notre moi de se mettre en communication k distance avec les objets extérieurs et d'en apprécier l'étendue, la forme, la couleur, le mouvement. Ce quelque chose, qu'on appelle lumière est tellement variable dans ses ciïets, rapide dans sa marche, inconnu dans son essence, que tous les savants et les philosophes de tous les temps et de tous les pays se sont évertués àon chorchor l'origine, etlcurimagmalion, plus ou moins féconde et enthousiaste, a pu se

ARSIAICNAC.

2 DE LA LUMIÈIIE.

lancer sans réserve dans le domaine infini de l'hypollièse ei mulliplier les conceptions les plus simples ou les plus étranges. Depuis le primo die fecit lucem de la Bible jusqu'aux hardies inspirations des Pascal, des Newton, des Arago, et de tous les savants dont les travaux immortels ont enrichi la science, il y a, chacun le comprend, un pas immense.

La nature delà lumière nous estcomplétementinconnue; ce que nous savons, c'est qu'elle peut revêtir un nombre infini de couleurs ou de teintes et présenter tous les degrés d'intensité, depuis la clarté indécise jusqu'à l'éclat insupportable du soleil, de la lumière électrique, du magnésium enflammé ou delà combustion du phosphore dans l'oxygène. Pour chercher à expliquer les phénomènes lumineux, les savants ont imaginé un certain nombre d'hypothèses parmi i lesquelles deux surtout ont eu un grand crédit : la première, ' due à Newton, c'est la théorie de Vémission, d'après laquelle les astres lumineux et les corps en combustion produiraient i un fluide doué d'une vitesse prodigieuse, car nous savons que la lumière parcourt environ 77 000 lieues par seconde; un fluide, disons-nous, qui viendrait directement frapper notre rétine et l'impressionner. Cette lumière serait modifiée, quant à sa couleur, à son intensité et à ses autres propriétés, par les corps qu'elle traverserait. Cette théorie, duo à un si grand génie, a eu un grand nombre de partisans, car elle se prête à merveille à la plupart des problèmes d'optique.

La deuxième théorie, due à un génie non moins grand que le premier, à Descartes, c'est la théorie des o»f/(t/a//o??s. Dans celte hypothèse on admet l'existence d'un fluide exlnmement subtil appelé éther, qui remplit non-seulcmeni les espaces planétaires, mais encore les espaces intermoléculaires des corps. Ce fluide serait ébranlé par les corp> lumineux, et, suivant la nature de l'ébranlement, produi- i

DE LA l.UMltlUC

raitdes oncles lumineuses dilTérenles, à la façon des ondes sonores. Celte théorie, plus abstraite que la première, mais d'une application plus générale, est celle qui règne aujourd'hui presque universellement dans la science.

Nous savons qu'un cerlain nombre de fluides admis théoriquement offrent entre eux des analogies frappantes : c'est ainsi que la chaleur rend tous les corps lumineux lorsqu'ils arrivent vers 400 ou 500° de température; c'est ainsi que la chaleur produilde l'électricité, laquelle, de son côté, produit de la chaleur et de la lumière. Il semble donc que ces trois agents soient des manifestations diverses d'un même fluide, de l'éther, et puissent se substituer les uns aux autres ou exister simultanément.

Bayon lumineux. — On appelle rayon lumineux la ligne que suit la lumière en se propageant; la réunion de plusieurs rayons lumineux émanés de la même source se nomme un 'pinceau ou un faisceau de lumière. Un pinceau

Fi- {.

ou un faisceau de lumière est dit parallèle lorsque les rayons qui le composent sont eux-mêmes parallèles (fig. i, A). Il e8tditdivergcnt(ng.l, B,)ou convcrgent(fig. 1,C) selon que

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