DE L'AMAUROSE ET DE L'AMBLYOPIE SIMULÉES
dont l'intérieur est peint également en noir et le couvercle muni d'un verre dépoli. Si l'observateur applique ses yeux aux ouvertures 0 et 0', que se passe-t-il? L'image de la croix a se réfléchit sur le miroir m' n et revient dans l'œil G suivante 0, de sorte que l'image virtuelle de a se produit en a, co'mme l'indique la construction. L'image du cercle h subit la même réllexion sur le miroir m n et donne en h' l'image virtuelle du point b. Le sujet se figure voir la croix qui est à droite avec son œil droit, et le cercle qui est à gauche avec son œil gauche, de sorte que, s'il veut faire croire qu'il ne voit pas avec l'œil droit, il dira qu'il ne voit que le cercle; s'il veut simuler l'amaurose de l'œil gauche, il accusera seulement la présence de la croix, et, dans les deux cas, la simulation sera absolument rlémontrée.
Il peut arriver que le sujet connaisse l'appareil et donne des réponses en rapport avec ses premières assertions. C'est pour obvier à cette possibilité d'erreur que nous avons eu l'idée de modifier l'instrument de la manière suivante : nous avons fait disposer les miroirs dans une monture en cuivre en forme de charnière mobile autour du point n, c'est-à-dire perpendiculairement à l'épaisseur de la boîte et suivant la direction de l'arête de l'angle dièdre m n m'. Les miroirs peuvent se mouvoir de m en et de m' en d', au moyen de petits boulons fixés à leurs angles externes et dont le collet passe dans les rainures m d, m! d', pratiquées sur le couvercle et le fond de la boîte. Si, le miroir m. n restant incliné de 30° sur le fond CD, on fait mouvoir le second de manière aie rapprocher de d', l'image du cercle viendra toujours se peindre dans l'œil G', mais l'image de a ne sera plus perçue par l'œil G et viendra aussi se peindre dans l'œil G', qui percevra les deux images s'il voit, et aucune s'il est amaurotique; de sorte que si le sujet répond alors qu'il ne voit qu'une image, que ce soit le cercle ou la croix, la simulation sera également manifesle. On peut répéter la
452 DE L'AMAUROSE ET DE L'AMBLYOPIE SIMULÉES, même expérience pour l'œil gauche. De plus, les mouvements combinés des deux miroirs produisent des effets tellement variés qu'il est impossible de savoir quelles sont les images perçues par un œil ou par l'autre, si on ne ferme pas l'un des deux. Cet appareil ainsi modifié permettra donc de reconnaître, d'une façon absolue, si l'amaurose existe ou non. Dans son application, comme dans celle des divers appareils dont nous avons parlé précédemment, il faudra bien s'assurer que le malade regarde bien avec les deux yeux, car, ne fermât-il qu'un seul instant l'œil déclaré amaurotique, que cela suffirait pour donner ensuite une réponse en rapport avec l'infirmité déclarée. Il faut aussi que la vision binoculaire existe, car dans le strabisme, par exemple, le sujet regardera tantôt avec un œil, tantôt avec l'autre, et pourra ainsi parfaitement faire abstraction des images perçues par l'œil déclaré atteint de cécité et induire en erreur le médecin. Du reste, ces cas sont rares, car le malade porteur d'un strabisme aura rarement besoin de simuler une amaurose.
TAI)I,E DES MATlivOES.
TABLE DES MiTlÈRES
Introduction.
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