MOELLE VERTÉBRALE
[Moelle épinière ; prolongement rachidien , Cii. ; meduUa dorsalis spinœ.l
Situation. Dans le canal vertébral, depuis la protubéranc* cérébrale jusqu'au niveau de la première ou de la deuxième vertèbre des lombes.
Forme. Celle d'un long cordon irrégulièrement cylindrique, de grosseur inégale dans diverses parties de son trajet , divise en extrémités et en corps.
Extrémité supérieure de la moelle (bulbe rachidien, Cn.; moelle allongée de plusieurs auteurs). Elle est renflée, et s'étend depuis la protubérance cérébrale jusqu'au trou occipital. On lui distingue deux faces :
1° Face antérieure. Elle est convexe, et présente quatre éminences, placées les unes à ciHé des autres; les deux internes, qui portent le nom A'éminence.^ pyramidales (pyramidcji antérieures , (;ai.i,), .s'étendent de la protubérance jusqu'h huit îi dix lignes au-dessous, cn diminuant progressivement de volume. Les deux externes ou latérales, appelées éminences
ENCÉPHALE. 29o olivaires (corpora olivaria, Soemm.), sont oblongiies, assez saillantes, et séparées des précédentes par un sillon, d'oii partent les filets du nerf hypoglosse.
20 Face postérieure. Continue avec la protubérance cérébrale; elle est creusée sur la ligne médiane par une partie du calamus scriptorius, et présente de chaque côté de la ligne médiane deux éminences oblongues et blanchâtres, contribuant à la formation du cervelet, et désignées sous le nom d'e'minences resti/ormes {processus restiformes, Redley; pyramides poslérieures, Gall).
Corps de la moelle. Sa face antérieure est traversée par de petits sillons ou replis transversaux , et parcourue dans toute son étendue par une scissure médiane assez profonde, qui la divise en deux parties égales. Sa face postérieure offre également une rainure médiane longitudinale et des sillons transversaux. Ses faces latérales sont arrondies, et offrent, près des faces antérieure et postérieure, des sillons collatéraux, super- » ficiels et assez larges d'où partent les racines des nerfs vertébraux.
Extrémité inférieure de la moelle. Elle offre deux renflements; un, supérieur, ovoïde, plus volumineux; l'autre, inférieur, plus petit, et conique.
OKGANISATION DE l'eNCÉPUALE EN GÉNÉRAL.
Deux substances entrent dans la structure de l'encéphale : une extérieure, molle, spongieuse, grisâtre, appelée substance rjvise ou corticale; l'autre intérieure, blanche, plus ferme et plus dense que la précédente , nommée substance blanche ou médullaire. La première forme une enveloppe superficielle, d'une ligne ou deux d'épaisseur, à la plupart des parties de l'organe , et pénètre dans quelques endroits de son épaisseur ; la seconde occupe son intérieur et sa hase. L'organisation de l'encéphale présente des différences dans les diverses parties qui le composent.
OllGAMSATIOiX I.A MOKI.I.H VKliTÉnElAl.i;.
La moelle est moins ((insislanlc i\w les anlrcs parties de
■f.'jf, Al'l'AHKIL SKNSITIK INÏKR.NE.
rencéphale. Elle est formée à l'extérieur i)ar une couche de substance blanche, d'une demi-ligne d'épaisseur, et à l'intérieur par la substance grise, qui présentii trois i)ortions : une moyenne, transversale, plus large au cou et aux lombes qu'au dos, et deu\ portions latérales, très-prononcées à la partie supérieure du cou, et dominant ensuite jusqu'au bas du dos, où elles se renllent.
Les éminences olivaires, enveloppées d'une couche de substance médullaire, présentent intérieurement un noyau oblong de substance grise, qui est environné dans toute sa circonférence d'une ligne ilexueuse jaun.Ure.
La moelle épinière est partagée par ses deux sillons médians, dont un antérieur et l'autre postérieur, en deux cordons latéraux. Dans sa partie supérieure, qu'on appelle inoelle allongée, chacun de ces cordons se dixise en trois faisceaux plus petits, qui sont le pyramidal, l'olivaire et le cérébelleux ou restiforme, et qui constituent les éminences du même nom.
Les deux faisceaux pyramidaux, situés sur les cotés du sillon longitudinal antérieur, s'entre-croisent entre eux en se partageant en petites bandelettes, qui passent les droites du coté gauche du cerveau, et les gauches du coté droit. Us grossissent ensuite, et donnent naissance aux cuisses du cerveau, ou prolongements antérieurs de la protubérance.
Les deux faisceaux olivaires, situés à coté des précédents, pénètrent de bas en haut dans la protubérance cérébrale ; ils s'appliquent ensuite contre les faisceaux pyramidaux. La plupart de leurs fd>res, qui sont longitudinales, se dressent dans la masse commune aux tubercules quadrijumeaux, se recourbent en dedans, et s'unissent à celles du coté opposé jiour Ibrmer cette portion de substance cérébrale qui sert de xorttc à l'aipieduc de Sylvius. Les autres se portent en avant , dans les couches optitpies, où elles s'unissent avec celles des faisceaux pyramidaux.
Les faisceaux cérébelleux, ou corps resliformes, s'élèvent des parties latérales et postérieure de la moelle allongée, forment les boiurelets qui bordent le <iualrièn)e \enlricule, et s'enl'onceni ensuite dans le ccrM'Iel.
ENCl':PHALIi:.
OliGAMSATIOiN ni) CIÎHVEAU.
Lorsque les pédoncules cérébraux ont reçu , par leur partie postérieure et interne, un faisceau de fibres, des éminences olivaires , et qu'ils sont parvenus au delà de la protubérance , ils se renflent tout à coup pour former les couches optiques qui sont couvertes à l'extérieur d'une couche de substance blanche , et composées à l'intérieur d'une substance d'un gris pâle.
Après avoir quitté les couches optiques, les pédoncules du cerveau pénètrent dans les corps striés, où leur masse se trouve considérablement accrue par un mélange de substance grise. Les corps striés doivent leur nom à la disposition des substances blanche et grise, qui sont placées par stries alternatives. Une partie des bandelettes blanches se continuent avec les faisceaux primitifs des corps olivaires.
La bandelette demi-circulaire , de texture fibreuse , formée par la substance blanche, commence à l'extrémité antérieure de la couche optique, tantôt par plusieurs lilets, tantôt par un seul cordon, et se termine vers le corpus geniculalum externum.
Après que les pédoncules cérébraux ont traversé les couches optiques et les corps striés, protubérances dans l'intérieur desquelles ils sont couverts d'une substance non fibreuse, ils deviennent plus volumineux et se dirigent vers la partie externe des hémisphères, dans lesquels leurs fibres s'élèvent en manière d'éventail. Ces fibres pénètrent dans chaque circonvolution qu'elles paraissent produire par leur expansion ; elles sont recouvertes en dehors d'une couche mince de substance grise non fibreuse.
Les hémisphères du cerveau sont donc le produit d'une efilorescence des faisceaux pyramidaux de la moelle (Tiedemann), qui, en traversant la protubérance annulaire, les couches optiques et les corps cannelés, augmentent de volume par l'addition de nouvelles libres et par le dépôt do substance grise qui a lieu il leur surface.
Les hémisphères se développent d'avant en arrière et sur
29G Al'l'AKKIL SLNSITH- lISTtRNli.
les côtés, et s'étendent successivement suivant la première de ces deux' directions, au-dessus des corps cannelés, des couches optiques, des tubercules quadrijumeaux, et enlin du cervelet. Au delà des corps striés, plusieurs des fibres des pédoncules cérébraux s'inclinent d'arrière en avant et de dehors en dedans, se rapprochent les unes des autres sous la forme d'un cordon et s'unissent à celles du côté opposé pour former la commissure antérieure.
Tel est aussi l'origine du corps calleux. Il est évidemment produit par les deux pédoncules du cerveau , qui , après s'être épanouis pour former les hémisphères, donnent un grand nombre de fibres qui se portent directement en dedans, et s'unissent sur la ligne médiane, celles d'un côté avec celles du côté opposé.
Le mode de formation de la commissure postérieure est analogue à celui de l'antérieure.
La voûte à trois piliers, de substance blanche, se forme de bas en haut et d'avant en arrière. Ses pUiers antérieurs naissent des faisceaux (ibreux qui proviennent des couches optiques, descendent dans les émiuences mamillaires et s'y recourbent sur eux-mêmes. Ces faisceaux , constituant alors les piliers antérieurs, s'inclinent d'avant en arriére, s'unissent pour donner naissance à la voûte, puis s'écartent l'un de l'autre en arrière et descendent dans les lobes moyens du cerveau.
La cloison des ventricules est produite par des lames médullaires qui se portent des piliers de la voûte à la face inférieure du corps calleux (T'icdemann) .
La structure de la glande pinéale est peu connue; M. Oall la regarde comme un ganglion d'où naissent des cordons nerveux ou médullaires. Al. Tiedemann est disposé à la considérer comme une commissure des deux couches optiques, fortifiée par un dépôt de substance grise.
Les ventricules latéraux sont le produit du renversement en dedans et en arrière de.s hémisphères à l'époque oii ils sont encore membraneux. Ce renversement fait que la pie-mèro cérébrale se replie sur ello-mème , d'où résulte le plexus rnwidc ( Tmlcmann).