‹ Traité elementaire d’anatomie ou description succincte des organes et des éléments organiques qui composent le corps humainChapitre 281 sur 331 · II FACULTÉS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

II FACULTÉS INTELLECTUELLES

On les comprend aussi sous le nom A'en/endemenf ou de pensée. Ce sont les opérations de l'àme proprement dites; elles ont leur siège dans le cerveau, et sont plus indépendante.-^ de l'action des organes que les autres fonctions de la même vie. Leur exercice ne peut en aucune manière être expliqué par l'organisation malérielle du cerveau, instnunent de ces facultés, condition de leur manifestation dans l'état actuel de l'homme. L';\me se sert de l'encéphale, comme le musicien de l'instrument dont il tire des sons. La pensée n'est |ws plus dans le cerveau que la musique dans l'instrument.

L'intelligence est essentiellement libre, spontanée et .ictixe. Les sensations concourent au développement des facultés; mais les facultés ne sont pas les sensations transformées, comme le voulait Condillac.

Les principales facultés sont l'attent'on, la comparaison , le jugement, la réilexion, l'imagination, le raisonnenu'nt, la mémoire et la volonté. Nous allons les définir successixemeiil, en niUNoyant ce cpu' nous avons à dire de la Milonle après l'article des affeclions morales.

I" ATTiArioN. ("csl une des opérations île l'esprit par laquelle il remarque principalement lerlaiiies sensations, sans s'aperce\oir des autres imprr.ssions que font sur lui les objets

I)K LA PHYSIOLOGIK Ï)K L'IIOMMK. 59^)

oiiviroiiiumts. Klle suppose (I(mi\ choses, l'une do lu pari du corps, l'aulro de la pari de l'àuie.

De la part du corps, c'est la direction des or^anesdes sens sur un objet. De la part de l'âme, c'est la sensation même que cet objet l'ait sur elle, et qu'elle remarque plus particulièrement.

2° Comparaison. Donner à la lois son attention h deux objets, c'est les remarquer en même temps. Or, les remarquer en même temps, c'est les comparer, la comparaison n'est donc que l'attention au\ idées que nous avons de deux cboses.

3° Jugement. Lorsqu'on compare deux objets , on voit qu'ils font sur soi les mêmes sensations ou des sensations différentes, qu'ils se ressemblent ou qu'ils diffèrent; or c'est là juger. La comparaison renferme donc le jugement. Nos jugements ne nous découvrent dans les objets que des ressemblances ou des différences , des égalités ou des inégalités.

4» Rki-lemon. Lorsque l'esprit fait une suite de comparaisons, porte une suite de jugements, il se rcllécbit en quelque sorte d'un objet sur un autre , d'une qualité sur une autre qualité; c'est là ce que l'on nomme réilexion.

.)° Imagination. C'est une faculté par laquelle on réunit des idées qui n'existent ensemble que dans l'esprit; par exem|il(!, les idées de cent coudées et d'homme, dont l'imagination lait un homme de cent coudées , sont toujours séparées dans la nature.

(i" Raisonnement. Faculté de l'àme qui est portée à faire un troisième jugement, |)arce (pfclle le voit renfermé dans deux jugements qu'elle a faits. Le raisonnement se compose de trois jugements ou propositions; les deux premières s'appellent prémisses et la troisième conclusio)).

7" MÉMouiE. C'est la laculté de retenir dans l'esprit , de réveiller, de rappeler, de rendre actuelles des sensations anciennes, des idées isolées ou associées qu'on a eues antérieuri'inent, (it (pii avaient disparu d'une manière plus ou moins complète.

Des u)Éks. Les sensations coiisidi'rées comme nous repri'-senliiiit les corps ou (pielipii- (pialih' des corps, se nomment idé-es.

590 TAULRAU ANALYTIQUE

Sous un point de vue plus général , les idées sont tontes les notions que nous avons dos choses et de leurs rapimrts. Nous ne connaissons les corps que par les idées qu'ils font naître dans notre àrac lorsqu'ils sont présents, ou par le souvenir des idéo qu'ils ont f;\it naihe lorsqu'ils sont absents. Les choses que nos idées ou nos sensations nous représentent dans les corps, se nomment qualités, modifications, manière d'être. Les qualités qui sont tellement propres à un corps qu'elles ne sauraient convenir à d'autres, se nomment propriétés.

Chaque qualité d'un corps considérée isolément et indépendamment de la substance qu'elle modifie, se nomme idée abstraite, ou abstraction.

Nos idées contribuent ii développer nos facultés, lesquelles s'en emparent, les associent de diverses manières, et en forment, par l'enchaînement qu'elles leur donnent, le système d.nos connaissances. Pour étendre les connaissances, il faut observer attentivement les corps, les décomposer, en examinant successivement, et d'une manière méthodique, les qualités qu'elles présentent

Cette opération s'appelle analyse.

ni. AFFECTIONS DE l'aME OU FACULTÉS AFFECTIVES.

[Passions.)

Ce sont des propriétés du principe intelligent, distinctes des facultés intellectuelles et des sensations qui contribuent a les faire naître, à les accroître, à les développer ; elles consistent dans un sentiment intérieur plus ou moins profond de |)laisir ou de douleur, lequel est accompagné d'un malaise, d'une iiKiuiéliido appelée besoin ; celui-ci fait naître le desu (jui, suivant son objet, constitue les différentes an'eclions.

Les principales sont: t" la joie ou plaisir «-prouvé par l'Ame (pii jouit aciuellement d'un bien désiré; 2° la (ristcs.<!C m douleur de l ame (XTasionnéc par la perle d'un bien ou la présence de quebpie mal ; .t» Ycipérance ou eonlenlemenl qu'on (•prou\e, lors(|u'oii pense à un bien dont on doit jouir, et qui doit oicasionner du plaisir; i" la crainte on inquielu<le de l'ànie

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