‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 42 sur 87 · FAMILLE DES SAPOT ILLIERS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES SAPOT ILLIERS

Calice persistant ; corolle monopétale , régulière , ordinairement double , étamines en nombre égal ou double des divisions de la corolle ; un style; un stigmate. Baie ou drupe ordinairement pluriloculaire ; semences osseuses, luisantes, à ombilic latéral , long.

Les végétaux de cette famille sont des arbres ou des arbrisseaux dont les tissus renferment des sucs lactescens ; leurs feuilles sont coriaces, alternes, et leurs Heurs axillaires.

SIDÉROXYLON. Sideroxylum. Corolle rotace'e , quinquélobée , munie de cinq appendices parfois anthérifères. Drupe uniloculaire.

Ce nom est formé de riftipof, fer, et de %vh.ov, bois. Il s’applique à des végétaux qui sont tous exotiques.

DIOSPYREES.

CAÏMITIER. Chrysophyllum. Corolle campanulée, à cinq lobes. Baie à dix loges monospermes.

C’est de ,or, et de cpvhhov, feuille, que l’on a formé

cette dénomination. Les caïmitiers habitent l’Amérique méridionale et le cap de Bonne-Espérance.

SAPOTILLIER. Achras. Calice à six lobes; corolle campanulée à six lobes et à six écaillés intérieures ; six étamines. Pomme à douze loges.

Cette coupe générique porte le nom de aryjpcLS, qui est celui que les Grecs donnaient au poirier sauvage.

Le Sapotillier commun 1 , arbre élégant qui croît dans les forets de l’Amérique méridionale et des Antilles , est cultivé à cause de ses fruits qui sont édules , son écorce passe pour astringente et fébrifuge.

MYRSINE. Myrsine. Corolle quinquélobée, pentandre ; stigmate laineux. Baie quinquéloculaire.

Les myrsines, dont le nom provient de celui de myrtus , sont des végétaux qui habitent l’Afrique. On en a fait le type d’une famille particulière.

FAMILLE DES DIOSPYRÉES.

Fleurs hermaphrodites ou unisexes. Calice monosépale ; corolle monopétale à trois à six lobes ; ordinairement six à douze étamines. Capsule ou * baie uni ou multiloculaire, à loges monospermes.

Ces végétaux sont des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes , et dont les fleurs sont axillaires.

1 A. sapota.

CLASSE XIV

PLAQUEMINIER. Diospyi os. Fleurs polygames. Calice tetra ou hexasépale ; corolle urcëolée, à quatre à six lobes; huit ou douze étamines ; plusieurs styles. Baie à huit ou douze loges.

Ce nom provient de S'ioç, divin, et de rrvpof9b\é ou fruit; et quoiqu’il semble indiquer que les fruits de ces végétaux soient exquis , il n’en est rien .

Le Plaqueminier faux lotier r, qui croît dans l’Afrique septentrionale , a passé pour être l’arbre des lotophages , ce fut même cette opinion erronée qui lui valut son nom spécifique latin. Ses fruits sont acerbes, les pauvres seuls s’en nourrissent.

Le Plaqueminier de Virginie 2 offre des fruits avec lesquels on fait, en Amérique, une liqueur spiritueuse.

Le Plaqueminier ébène 3 est un arbre d’environ trente pieds de haut , et qui habite l’Inde et l’île de France. Son aubier est d’un blanc jaunâtre et son bois extrêmement noir et dur ; c’est lui qui est connu sous le nom de Bois d’ébène et qui est si souvent employé pour les ouvrages de tour.

ROYENE. Royena. Fleurs hermaphrodites. Calice quinquélobé ; corolle quinquélobée, décandre, distyle. Fruit charnu, tétrasperme.

Ce genre, dédié à Van Royen , professeur de botanique à Leyde , se compose d’arbres indigènes de l’Afrique méridionale.

STYRAX. Styrax. Corolle à trois à sept lobes ; six à seize étamines monadelphes ; style simple. Drupe à une ou quatre loges uni ou polyspermes.

Ce genre , formé d’arbres et d’arbrisseaux qui habitent

1 D. lotus. 3 D. cbenum.

2 D. virginiana.

DIOSPYRÉES.

l’Orient et l’Amérique,' diffère des diospyrées ; aussi quelques botanistes en ont fait le type d’une famille spéciale.

Le Styrax officinal 1 , qui est un arbre à fleurs blanches , habite l’Orient, l’Italie , l’Espagne et meme la France méridionale. Dans l’Archipel eCdans l’Asie mineure ce végétal fournit, à l’aide d’incisions, le Storax suc concret, aromatique, de la nature des baumes et que Morton vanta considérablement pour la guérison de la phthisie , mais qui est aujourd’hui beaucoup plus employé dans la parfumerie que dans la médecine. Les styrax qui croissent en France n’en produisant point ; il paraît que l’on en extrayait autrefois beaucoup de ceux de Rhodes , car Belon dit en avoir vu un bâtiment entièrement chargé qui allait sortir de cette île.

Le Styrax benjoin 2 est un arbre qui habite l’Inde et Java. C’est lui qui fournit principalement la substance balsamique nommée Benjoin ; on l’obtient à l’aide d’incisions que l’on pratique sur son tronc. Le benjoin est un excitant aromatique que l’on a tellement vanté contre quelques affections pulmonaires, qu’on lui avait donné le nom de Baume du poumon ; c’est avec lui que l’on parfume les pastilles du sérail qui plaisent tant aux orientaux. Il entre dans une foule de préparations officinales.

HALESIE. Halesia. Calice quadridenté ; corolle campanit'orme , quadrilobée ; douze étamines monadelphes. Noix ailée , à quatre loges monospermes.

Ce groupe est dédié au naturaliste anglais Haies. Quelques botanistes le considèrent, avec raison, comme appartenant à une autre famille. Il se compose d’arbrisseaux de l’ Amérique méridionale.

2 S. benjoin.

1 S. officinale.

CLASSE XIV

FAMILLE DES ÉRICINÉES.

Calice monosépale ; corolle monopétale, régulière , quadri ou quinquélobée , ou à cinq pe'tales soudés inférieurement ; huit ou dix étamines ordinairement ; anthères ordinairement bicornes. Baie , nuculaine , ou capsule à cloisons naissant du milieu des valves.

Les éricinées sont presque toutes des arbrisseaux ou des arbustes d’un port élégant , et dont les feuilles sont alternes et persistantes ; leur inflorescence est très-variée.

BRUYERE. Erica. Corolle globuleuse ou cylindroïde , rectiligne ou curviligne , quadrilobée , ordinairement octandre ; anthères biloculaires , offrant ordinairement deux pointes basilaires. Capsule quadrivalve , à quatre loges polyspermes.

Erica vient de epiKco , je romps, parce que l’on attribuait à ces végétaux la propriété de briser les pierres vésicales ; bruyère est dérivé du celtique brug > arbuste. Ce genre se compose de près de quatre cents espèces , dont plus de deux cents ont été introduites dans les jardins à cause de leur port élégant et de la beauté de leurs fleurs ; ce sont en général des arbustes peu élevés, et qui croissent presque tous au cap de Bonne- Espérance. L’Europe n’en possède qu’en viron une douzaine.

La Bruyère cendrée 1 , qui est une des plus jolies espèces européennes, est fort commune en France.

i E. cincrea.

ÉRICINÉES. 4%

CYRILLE. Cyrilla. Corolle pentapétale , pentandre. Capsule bivalve , biloculaire.

Ce groupe est dédié à D. Cyrillus , professeur de médecine à Naples ; il ne contient que deux espèces.

ANDROMÈDE. Andromeda. Corolle campanulee ou globuleuse, quinquédentée , décandre. Capsule pentagone , quinquévalve , quinquéloculaire.

Ces plantes se plaisant dans les régions boréales, on leur a donné le nom d’une constellation située vers le pôle arctique ; elles habitent les deux continens ; une seule vient en France.

ARBOURSIER. Arbutus. Corolle urcéolée, quinquélobée , de'candre. Baie quinque'loculaire , tuberculeuse.

Le arbousiers sont des arbustes ou des arbres qui croissent en Amérique, en Asie et en Europe.

L’Arbousier vulgaire 1 habite le bassin de la Méditerranée ; il est aussi appelé Arbre à fraises, à cause de ses fruits qui sont analogues à ceux du fraisier , et que l’on mange de la meme manière , particulièrement en Afrique , ainsi que cela nous est arrivé plusieurs fois. Tournefort dit qu’en Orient on extrait de l’eau-de-vie des baies de l’arbousier ; il paraît que cela a aussi lieu en Espagne et en Italie.

L’Arbousier raisin d’ours 3 , petit arbuste qui habite les montagnes de l’Europe, possède dans ses organes assez de principes astringens pour qu’il soit employé en Russie au tannage, ainsi que le rapportent Linnée, Gmelin et Pallas. Ce végétal a été excessivement vanté contre les maladies des voies urinaires et la phthisie ; on le disait principalement propre à dissoudre

A. une do.

2 A. uva ursi.

CLASSE xnr .

les calculs, et il passait pour diurétique. Ses insuccès dans les maladies pulmonaires , et comme lithontriptique , l’ont fait abandonner par les hommes éclairés ; cependant ce végétal, à cause de ses principes astringens , peut être utile contre quelques affections dues au relâchement des organes.

GLETHRE. Clethra. Calice quinque'lobé ; corolle profondément quinquélobée , décandre. Capsule trivalve , triloculaire.

Les anciens appelaient l’aulne KhnQpet ; un des arbrisseaux de ce genre a des feuilles qui ressemblent à celles de cette amentacée. Les clèthres habitent en grande partie l’Amérique.

PYROLE. Pyrola. Calice quinque'lobé ; corolle à cinq lobes pétaloïdes , décandre. Capsule pentagone , quinquévalve , à cinq loges poljspermes.

C’est de la ressemblance des feuilles d’une pyrole avec celles du poirier, pyrus , que l’on a tiré ce nom. Les végétaux de ce groupe habitent l’Amérique septentrionale et l’Europe.

EPIGÉE. Epigœa. Calice entouré de trois bractées; corolle hypocratériforme, quinquélobée, décandre. Capsule quinquévalve.

L’Epi géc rampante 1 , arbuste de l’Amérique, est la seule espèce. Son appellation générique, qui provient de sm, sur, et de yti , terre, indique aussi qu’elle est couchée sur le sol.

GAULTHERIE. Gaultheria. Calice environné de deux écailles; corolle ovoïde, quinquédente'e, dé-

i K. repens ■

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